10/11/2014

Eric Zemmour, lanceur d’alerte

Les Français se sont jetés sur l’essai d’Eric Zemmour, «Le Suicide français»1, qui connaît un succès de librairie inouï. On les comprend: hébétés, ils aimeraient savoir comment leur pays en est arrivé là.
Car tout est allé si vite ! Bercés de fadaises sur «la France qui gagne», lorsqu’un succès est mis en épingle pour masquer dix catastrophes, ils constatent aujourd’hui l’ampleur du désastre et surtout, l’absence d’espoir et de perspectives – c’est bien là le pire.
Que voyons-nous, de notre petit observatoire derrière le Jura ? Nous voyons une ancienne grande nation, qui rejette jusqu’au mot de «nation»; ce n’est plus qu’un banal pays dans le patchwork européen, dirigé beaucoup de Bruxelles et un peu de Paris, par un gouvernement sans cap, sans chef et sans crédibilité, et qui accepte benoîtement que les frontières appartiennent au passé, alors qu’elles sont ce qui permet à une nation d’exister. C’est un pays endetté jusqu’au cou, et qui continue à s’endetter pour assurer son ménage courant; et c’est surtout un pays qui, depuis la funeste révolution de Mai 68, s’est abîmé dans une inexorable haine de soi.

 

La tyrannie des «communautés»

 

Un pays qui a honte de ses valeurs, de son origine judéo-chrétienne, de son histoire – une grande nation n’a pas honte de son histoire, fût-elle guerrière – et n’en finit pas de s’en excuser devant d’innombrables communautés qui ont compris le profit qu’elles pouvaient tirer de cette course à l’auto-flagellation.
«Chaque communauté, écrit Zemmour, exigeait sa loi mémorielle et sa journée commémorative, son crime contre l’humanité, son génocide. Chaque «communauté» réclamait à l’État français qu’il payât la dette contractée à son égard. La France n’était plus cette madone adorée dont on célébrait les hauts faits, mais une marâtre détestée qui avait accumulé crimes et injustices dont de sourcillieux créanciers tenaient une comptabilité vétilleuse et vindicative. On abandonnait le temps des «morts pour la France» pour entrer dans le temps hargneux des «morts à cause de la France.»
Sur les revendications arrogantes des sans-papiers, Zemmour a des pages qui envoient le politiquement correct de rigueur cul par-dessus tête: «Le «sans-papiers» n’était pas seulement le Juif idéal. Il était aussi le retour de la figure christique, pauvre étranger persécuté, venu sauver malgré lui une société française qui, décadente et corrompue, avait beaucoup pêché. (…) Le sans-papiers était l’ancien colonisé à qui on devait éternelle réparation, qui ne manquait jamais de nous rappeler notre crime originel pour relativiser et excuser son délit anodin; qui excipait de notre invasion passée de son territoire pour absoudre et occulter son invasion présente de notre territoire. Le sans-papiers est la quintessence, l’ultime et dérisoire avatar de toutes nos utopies millénaires, de nos rêves, de nos mythes, de nos illusions, de nos culpabilités ressassées, de nos honte et haine de soi.»
La haine de soi, précisément: Zemmour a des pages terribles sur le désastre des cités, où les jeunes – Français pourtant selon leur passeport – cultivent la haine du pays, refusent son école et son histoire, méprisent les libertés et les valeurs républicaines autant que la démocratie, pour s’en remettre à une seule patrie, indiscutable et intolérante: l’islam.
Et pourtant ! Comme les intellectuels français  l’avaient voulue et espérée, cette révolution de l’islam ! «Mais elle se révéla un mouvement viril, brutal, impérieux aux antipodes de leurs discours émollients. Implacable. L’Histoire repassait les plats. La prise de la Bastille conduisait à Robespierre, comme la prise du palais d’Hiver à Staline. Ce n’était pas la première fois que certains de nos intellectuels se comportaient en femelles fascinées par la force brutale et virile: dans les années 1930, on se souvient dans quelles transes les voyages initiatiques à Moscou, Rome ou Berlin mirent les Gide, Romain Rolland, Drieu la Rochelle, etc.»

 

La mondialisation qui pourrit tout

 

Mais pour Eric Zemmour, l’origine du suicide français est à rechercher non seulement dans la haine de soi, ou plus précisément la haine de la France telle qu’elle était au temps de de Gaulle et Pompidou – haine qui se partage aussi bien dans les cités, qu’à la tête de l’État et dans l’élite intellectuelle et artistique; elle est à chercher aussi dans la mondialisation libérale, qui a soigneusement détruit les nationalités, ruiné l’agriculture et le petit commerce, rempli les centres commerciaux et vidé les églises, et plongé l’économie française dans un marché concurrentiel où elle n’avait aucune chance.
Eric Zemmour avertit: «L’Etat n’est plus qu’une coquille vide qui n’a conservé que ses pires travers gaulliens (l’arrogance des élites), sans en avoir la remarquable efficacité. (…) Nous cédons devant l’ennemi intérieur que nous laisson prospérer, et nous pactisons avec les puissances étrangères qui les alimentent de leurs subsides et de leur propagande religieuse – les princes arabes du Golfe ont remplacé le duc de Buckingham, et nous les recevons les bras ouverts et le regard brillant, comme des Anne d’Autriche énamourées. L’idéologie de la mondialisation, antiraciste et multiculturaliste, sera au XXIe siècle ce que le nationalisme fut au XIXe siècle et le totalitarisme au XXe siècle, un progressisme messianique fauteur de guerres; on aura transféré la guerre entre nations à la guerre à l’intérieur des nations.»
La force du livre de Zemmour est non seulement dans l’enchaînement, chapitre par chapitre, des événements significatifs qui ont conduit à la situation actuelle, mais aussi dans un ton froid, descriptif, sans émotion ni invective aucune, qui rend le bilan d’autant plus accablant. D’autant que l’auteur s’exprime à l’imparfait, dont on rappelle qu’il est le temps chéri des auteurs de thrillers apocalyptiques… Comme s’il nous écrivait d’un lointain point de vue, dans le futur, quand tout sera consommé.
Cette évolution est-elle réversible ? La gouvernance mondiale et l’UE le permettraient-elles ? Si le peuple commence à gronder, les élites persistent à penser qu’elles détiennent la vérité. En tout état de cause, ce n’est pas le beauf qui occupe l’Elysée, avec son petit scooter, son cornet de frites, ses mensonges et sa réthorique d’écolier – «la croissance, elle arrive ! » – qui redonnera à la France le sens de sa grandeur, et un statut digne de son long passé. Dans ce climat délétère, il est de moins en moins exclu que Marine Le Pen emporte le morceau en 2017 – même le Premier Ministre s’en avise. Son ascension fulgurante, pour le meilleur et pour le pire, est en tout cas un signe qu’une nouvelle révolution est en marche. Une sorte de contre-Mai 68, qui promet lui aussi d’être haut en couleurs…

 

1. Le Suicide français. D’Eric Zemmour. Albin Michel, 2014.

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05/11/2014

Asile: les juges de Strasbourg annulent les Accords de Dublin

L’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme qui interdit à la Suisse d’expulser une famille afghane en Italie, est une catastrophe majeure pour la Suisse, qui remet fondamentalement en cause la politique d’asile.

Cette décision est la négation même des accords de Dublin, qui permettent à chaque État signataire de renvoyer des requérants déboutés dans le premier pays d’accueil, celui où ils ont débarqué en Europe. Si ces accords ne s’appliquent plus, alors un invraisemblable chaos va apparaître dans l’ensemble de la zone.
En effet, cette décision crée une jurisprudence explosive, puisque demain, tout requérant débouté pourra s’en prévaloir pour refuser l’expulsion en Italie: si une famille a bénéficié de cette mesure, il n’y a pas de raison que les autres requérants subissent un traitement moins favorable. Par la même occasion, ce bouleversement juridique majeur va créer un appel d’air considérable, particulièrement en Suisse puisqu’un très grand nombre de requérants arrivent d’Italie.
Que pourront faire les États des requérants déboutés, s’il est interdit de les refouler? Que pourra faire la Suisse ? Elle pourrait commencer par agir en État souverain, et passer outre à la décision de la Cour de Strasbourg. Celle-ci est contestable sur de nombreux points, notamment parce qu’elle viole clairement des accords internationaux, et parce qu’elle porte sur l’Italie un jugement de valeur insultant et discutable. La cour estime que l’Italie ne peut pas garantir un logement, une assistance et des soins médicaux suffisants; mais faut-il vraiment pousser aussi loin le souci de l’accueil? Les juges de Strasbourg s’intéressent-ils aux conditions de vie de tous les requérants qui débarquent en Europe, ou à celles qui règnent dans les centaines de bidonvilles roms qui ceinturent Paris?
Malheureusement, il est à peu près certain que l’Office fédéral de la justice va s’écraser devant les juges étrangers, et que par conséquent, nous allons nous retrouver avec des dizaines de milliers de requérants déboutés sur les bras. Où les mettrons-nous? Que seront-ils devenus dans dix ans?
Puisque les accords de Dublin sont vidés de leur substance, la Suisse n’a d’autres options – sauf à accorder l’asile à tous les nouveaux arrivants! – que de s’en retirer, et de boucler ses frontières aux requérants d’asile. Mais cela non plus, Berne ne le fera pas.
Nous avons donc là un très gros problème politique, à un moment de l’Histoire où les questions migratoires et d’asile sont en tête des préoccupations des Suisses. Mais pas de leurs gouvernants: Mme Sommaruga, qui déjà patauge dans les procédures d’asile, et se soumettra bien entendu aux exigences de Strasbourg, fait par ailleurs le forcing pour reporter à 2016 le débat sur l’application de l’initiative contre l’immigration de masse! Un véritable déni de démocratie, dans l’espoir évidemment vain de faire revoter les Suisses sur la libre-circulation.
Dans ces deux domaines, Mme Sommaruga a fait la démonstration de son incompétence et de son incapacité à faire face aux problèmes. A quelques mois des élections fédérales, il est temps que la Parti socialiste se pose les bonnes questions. A moins qu’il ne tienne absolument à dérouler le tapis rouge devant l’UDC. Déjà, les juges de Strasbourg l’ont fait: l’initiative en faveur de la primauté du droit suisse voit s’ouvrir un boulevard devant elle!

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25/08/2014

Au dessert, Tête de nègre et blanc battu

 Régulièrement, des parents d’élèves provoquent un scandale parce que leur enfant a été invité à participer au jeu de l’homme (en) noir, dans un cadre scolaire ou sportif. Jeu raciste, disent-ils. Au secours, on étouffe !

L’origine du nom de ce jeu remonte loin dans le temps – sans doute à une époque où il n’y avait pas beaucoup de Noirs dans nos sociétés. Ce jeu de poursuite (voir les règles en fin d’article, pour savoir de quoi l’on parle), fait intervenir un personnage qui, à l’origine, était vêtu de noir – et qui à la fin du jeu, notons-le en passant, gagne toujours !
Pour ces parents, il s’agit d’un jeu raciste, qui provoque une discrimination envers les élèves noirs ou métis. Souvent très agressifs, comme récemment un professeur de l’IMD, ces parents exigent, condamnent, menacent de déposer plainte, d’aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. Pour un jeu d’enfants… Ils ne réalisent pas qu’ils ne font que jeter de l’huile sur le feu, et justifier les préjugés que la majorité peut avoir envers les minorités, jugées excessivement revendicatives.
Bien entendu, les instances fédérales en charge de la police du langage abondent dans le sens des plaignants. Même le professeur Jean-Pierre Lehmann, qu’on a connu plus inspiré, s’est fendu d’un commentaire au Temps, disant que «il est choquant, sinon, hélas, malheureusement pas surprenant, qu’en 2014 de telles formes insidieuses de racisme susceptibles d’influencer les esprits d’enfants existent encore». Et sur la Toile, alertée par un des parents, les condamnations ont fusé du monde entier, en particulier des Etats-Unis, certains allant même jusqu’à rappeler l’existence, autrefois, des «Têtes de nègre» que l’on mangeait – rendez-vous compte ! – et qui pourtant n’ont pas rendu les Suisses plus racistes que ça – en tout cas pas plus que les Américains, semble-t-il. C’était au temps où l’on ne voyait pas le mal partout, au temps où on pouvait s’exprimer sans devoir peser chaque mot. Comme c’est loin !
En Valais, on a bien tenté de remplacer le Jeu de l’homme noir par le Jeu du loup mais, en disant «qui a peur du loup ?», «on va s’attirer d’autres ennuis», a observé un chef de service avisé…
En tout cas, ces protestations contre un jeu anodin sont un bel exemple des ravages du politiquement correct, qui devient plus aigre et plus obtus à mesure que monte le racisme dans nos sociétés. Faut-il y voir un rapport de cause à effet ? Possible. Les gens ne sont pas dupes des métaphores, des périphrases et des cache-sexe que les talibans du langage inventent au sein d’obscures commissions bien-pensantes; et ces artifices de langage – «issu de la diversité», «demandeur d’emploi», «couple non traditionnel» -, supposés cacher ce qu’on n’a pas le droit de dire, ne font qu’attirer l’attention sur, précisément, ce qu’on n’a pas le droit de dire, et ce qu’on veut nous cacher. Et les gens n’aiment pas les cachotteries, et surtout, ils n’aiment pas qu’on les prenne pour des imbéciles, et pour des racistes congénitaux.
La Commission fédérale contre le racisme devrait d’ailleurs faire preuve d’un souci de symétrie, afin de ne discriminer personne. Après avoir banni du langage des expressions telles que matière noire, ceinture noire, roman noir etpistes noires, elle doit dénoncer aussi des mots scandaleusement discriminatoires comme le blanc battu et le coup de blanc (incitations à la violence), le blanc-manger (incitation au cannibalisme), et toutes sortes d’expressions clairement attentatoires à l’égalité telles que arme blanche, blanc de blanc, blanc comme neige, blanc bonnet – bonnet blanc, enfin bref, toutes ces expressions cousues de fil blanc – pardon, de fil non coloré.

 Le jeu de l’ «homme noir»

Pour ce jeu, il faut délimiter un terrain de jeu avec deux camps. Un joueur (“l’homme noir”) se met seul dans l’un des camps, le reste des joueurs dans l’autre. L’homme noir demande: “Qui a peur de l’homme noir?” et les autres répondent: “pas nous” – “Et s’il vient?” – “On court!”. Les deux camps doivent alors changer de côté. Ceux qui sont touchés par l’homme noir doivent se mettre dans son camp et, lors de la partie suivante, doivent l’aider à attraper des joueurs. Le jeu continue jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne dans l’autre camp.»
(Source : JaMaDu, Coop).

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10/06/2014

La Marina Militare, ou le piège des bons sentiments

Chaque jour, maintenant que l’été revient, des milliers de migrants débarquent sur les côtes du sud de l’Italie. La marine italienne et l’organisation européenne Frontex sont devenus les principaux passeurs de migrants en Méditerranée.

Des centaines de milliers de migrants sont prêts à embarquer, et embarqueront demain, sur une côte de Libye devenue zone de non-droit absolu, comme la Somalie et quelques autres régions maudites du monde. Finalement, c’était mieux du temps de Khadafi…
Le nombre de ces candidats à l’immigration en Europe explose de manière exponentielle, largement parce que la traversée, désormais, est beaucoup plus sûre qu’autrefois: la marine italienne veille, et se porte à l’aide des rafiots surchargés qui naviguent vers le Nord. Il s’est ainsi créé un formidable appel d’air, qui d’un côté incite les candidats à l’immigration en Europe à tenter leur chance et à gagner la Libye, et d’un autre côté pousse les passeurs libyens à vendre à prix fort le passage sur n’importe quelle embarcation susceptible de tenir la mer pendant quelques heures, le temps que la Marina Militare prenne le relais.
Certes le problème éthique est considérable: on ne peut pas laisser sombrer des navires chargés de femmes et d’enfants. Certes encore, on ne peut pas les reconduire là d’où ils viennent, même si ce serait de la part de l’Europe une mesure de protection comparable aux reconduites à la frontière – pratique quotidienne et admise.
Cela montre que les bons sentiments sont parfois de terribles pièges, dont il est impossible ensuite de se dégager. L’Union européenne, dans cette affaire, porte une lourde responsabilité, parce qu’elle a créé une situation impossible pour l’Italie, et surtout, parce qu’elle s’en lave les mains: pratiquement tous les jours, le gouvernement italien réclame de l’aide, mais personne n’écoute. À Bruxelles, la Commission européenne a pris des décisions d’apparence généreuse, mais elle a laissé l’Italie se dém… comme elle le peut, c’est-à-dire mal. Pour un pays qui entame avec peine un redressement difficile, le débarquement quotidien de centaines, voire de milliers de réfugiés n’est pas un cadeau. Et ni l’Union en tant que telle, ni les pays membres ne font mine de venir à l’aide de l’Italie, commode partenaire sur lequel on se décharge de l’accueil des migrants.
Pour un temps. Car les pays européens et la Suisse font preuve de naïveté s’ils croient pouvoir indéfiniment se défausser sur l’Italie. Ces centaines de milliers de migrants – quand passera-t-on le cap du million annuel ? – ne vont pas rester en Italie, où les perspectives sont inexistantes en-dehors de la prostitution et du trafic de drogue. Ils viendront donc s’ajouter aux groupes de migrants déjà présents ou qui affluent, et dont les gouvernements ne savent que faire: raser périodiquement leurs bidonvilles ne résout aucun problème !
Il y a des pays dans le monde où la main-d’oeuvre, voire la population, manquent. Mais allez savoir pourquoi, les migrants ne veulent pas aller en Russie, en Chine ou au Japon. De toute façon, ces pays sont barricadés. Seule l’Europe, engluée dans un chômage endémique – il ne se résorbera jamais, il faut se faire à cette idée – reste ouverte à tous les vents, comme si elle avait la capacité d’accueillir toute la misère du monde, alors qu’elle n’est même plus capable de donner un travail digne à sa jeunesse.
Ce faisant, elle construit la misère des générations futures. L’Europe croit bâtir une société multiculturelle, elle ne fait que construire un bricolage multi-ethnique. Un bricolage explosif, car les valeurs des groupes qui le constituent sont inconciliables. Voyez ce qui se passe dans les écoles britanniques: la mouvance islamique tente d’y imposer ses valeurs rétrogrades, notamment quant à l’éducation des filles. Et ça marche, parce que les responsables vivent dans la peur d’être accusés de discrimination ou d’intolérance. Classique: on s’impose à soi-même des discriminations, pour ne pas être soupçonné d’en imposer aux autres.
Notre responsabilité est grande. Certes nous devons aider ceux qui sont dans le besoin, mais nous devons aussi penser à l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Si nous ne faisons rien, ils vivront dans une société européenne placée sous l’influence prépondérante des valeurs islamiques, c’est-à-dire moins de libertés, surtout pour les femmes, et une régression culturelle massive. Ce n’est qu’une question de chiffres: l’immigration en Europe est largement musulmane (ces jours-ci, Syrie et Soudan) et, si ceux qui arrivent ne sont pas des extrémistes, ils n’ont néanmoins aucune raison d’échanger leurs valeurs contre les nôtres. D’autant que les valeurs chrétiennes, dans nos sociétés – si on excepte la charité envers les migrants… – sont en chute libre. La nouvelle religion, nommée laïcité, et ses intégristes, préparent la société de demain, qui quoi qu’ils en pensent ne sera pas laïque, parce que face à une religion forte, la laïcité est un vide spirituel qui ne fait pas le poids.
Pour nos jeunes, la solution résidera dans… l’émigration outre-mer, mouvement déjà amorcé en France et en Espagne chez les plus qualifiés. Nous avons rencontré de ces jeunes dans l’hémisphère sud. Ils rêvaient de bons jobs en raison de leur impressionnante pile de diplômes; les plus chanceux vendaient des cerises devant les supermarchés, en attendant le prochain petit boulot, et les allocs de Pôle-emploi…
Triste, non ?

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27/01/2014

Quand l’ambassadrice de Chine en Suisse menace le Japon…

Obnubilé par la puissance économique chinoise, le monde ne voit pas que la Chine a aussi des ambitions militaires et territoriales inquiétantes. Les menaces contre le Japon et ses «provocations» sont à peine voilées.

Il y a d’abord cette nouvelle, qui n’a pas eu l’écho qu’elle méritait, parue sur des sites internet américains versés dans les questions militaires et stratégiques, et dans Le Temps du 20 janvier: la Chine a testé avec succès un missile de croisière hyper-véloce, capable de voler à Mach 10 – dix fois la vitesse du son – et donc susceptible de rendre inopérants la plupart des systèmes anti-missiles existants. C’est le Pentagone qui a révélé cette percée technologique chinoise; seuls, les Etats-Unis disposent actuellement de missiles comparables, encore expérimentaux.
Pour les dirigeants chinois, ce succès s’inscrit dans un cadre précis: faire de la Chine une superpuissance militaire. Le budget de la défense augmente de 10% par an depuis 20 ans. De 91 milliards en 2010, il passera à 183 milliards en 2015, soit quatre fois celui du Japon, selon le centre de recherche indépendant IHS Jane’s, cité par Le Temps. Les efforts de production, largement fondés sur des équipements occidentaux, portent aussi bien sur des porte-avions que sur des sous-marins ultra-silencieux, des drones et des avions furtifs.
Les dirigeants chinois ne font pas mystère de leurs grandes ambitions militaires. Xi Jinping, président, chef du PC et commandant de l’armée, affirmait en décembre 2012 que «notre rêve est celui d’une nation puissante, ce qui signifie que notre armée doit être puissante. (…) L’armée doit se préparer à combattre et à gagner des guerres.»
Lui fait écho un livre écrit par un théoricien militaire, le colonel Liu Mingfu. Selon Le Temps, celui-ci explique dans «Le rêve chinois» que ce rêve «est de bâtir un pays qui soit le plus puissant au monde, et la première puissance militaire de la planète.»
De quoi faire dresser l’oreille à quelques membres du Congrès américain, dont une commission s’inquiète de voir la Chine dépasser les Etats-Unis dans le domaine des missiles de croisière, et menacer l’équilibre des forces dans le secteur Asie-Pacifique. Il faut dire que ce secteur devient le nouveau centre névralgique de la planète, après le long règne de l’Europe et de l’Atlantique.
Le Japon, en différend territorial avec la Chine depuis des décennies, peut légitimement s’inquiéter de la montée en puissance de l’armée chinoise, même s’il se trouve sous le parapluie américain. En effet, le gouvernement chinois ne fait rien pour apaiser les tensions – mais le gouvernement japonais non plus! En allant au sanctuaire Yasukuni pour rendre hommage aux combattant japonais, le Premier ministre Shinzo Abe a ulcéré les Chinois, puisqu’à leurs yeux, Yasukuni est le lieu où sont honorés «les criminels japonais de guerre de classe A», autrement dit les pires.
Cette visite a suscité une opération de communication en règle du gouvernement chinois, dont on trouve la traduction dans un article de l’ambassadrice de Chine en Suisse, Xu Jinghu, paru le 24 janvier 2014 dans Le Temps, sous le titre: «Nous, Chinois, sommes choqués par les provocations de Shinzo Abe». Dans une impeccable langue de bois, Mme Xu – et donc le gouvernement chinois – écrit que «cette visite, qui constitue un défi flagrant aux acquis de la Seconde Guerre mondiale et à l’ordre international établi après la guerre sur la base de la Charte des Nations unies, a profondément blessé les sentiments des peuples victimes des invasions des militaristes japonais et de leur colonisation dans l’histoire, et fait l’objet bien sûr de la condamnation unanime de la Chine, des pays asiatiques et de toute la communauté internationale.»
On comprend certes la rancune tenace des Chinois: la guerre menée par le Japon en Chine fut un sommet d’atrocités (35 millions de tués et de blessés, selon les sources chinoises), atrocités qui ont culminé lors des massacres de Nanjing (Nankin), où 300’000 personnes ont été froidement abattues.
La diatribe de Mme Xu se concentre largement sur Shinzo Abe, coupable de vouloir remilitariser le Japon, et surtout, coupable de refuser de reconnaître la responsabilité du Japon dans les atrocités commises en Asie pendant la Deuxième Guerre mondiale.  À la fin de son article, Mme Xu se fait clairement menaçante – on sera attentif au choix des mots: «Shinzo Abe refuse de reconnaître la responsabilité du Japon dans l’histoire et persiste à vénérer les criminels de guerre. Cela ébranlera et même renversera la base politique des relations sino-japonaises. Les acquis de la Seconde Guerre mondiale et l’ordre international d’après-guerre ont été obtenus au prix des vies et du sang du peuple chinois et des peuples du monde entier. Les agissements de Shinzo Abe sont en train de conduire le Japon dans une direction dangereuse.»
Enfonçant le clou, Mme Xu ajoute:  «Nous ne pouvons pas le laisser engager le Japon dans cette mauvaise voie, ni le laisser faire monter la tension en Asie-Pacifique et contester, voire renverser l’ordre international d’après-guerre. Nous entendons travailler ensemble avec les autres pays du monde pour défendre la justice historique. Dans le même temps, nous recommandons à Shinzo Abe d’arrêter de se bercer d’illusions et de changer de conduite, sinon, il ferait les frais de ses propres erreurs.»
Sachant qu’un ambassadeur de Chine ne s’exprime pas en son propre nom, on peut légitimement s’inquiéter des menaces à peine voilées proférées contre le Japon. Et comme ces menaces proviennent d’une puissance militaire considérable et non démocratique, d’une puissance qui tient déjà de nombreux pays occidentaux et africains à sa botte grâce à son implantation économique, elles doivent être prises très au sérieux.
Et accessoirement, conduire les pays occidentaux à reconsidérer le démantèlement progressif de leurs forces armées…

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25/01/2014

Dieudonné, symptôme d’une France malade

Le polémiste Dieudonné est le symptôme d’une France malade sur le plan moral et spirituel. Sans surprise, il tape sur le bouc émissaire historique: le Juif. Et ça marche.
L’émission de France-Inter Là-bas si j’y suis a consacré deux reportages (20 et 21 janvier 2014) non pas à Dieudonné, mais à son public d’inconditionnels. C’était une excellente idée, très éclairante sur l’influence que peut développer, au fil des ans, un maître à penser, dût-il se faire passer pour un humoriste. Et ce qu’on a pu entendre est inquiétant.

En mettant les rieurs de son côté, Dieudonné tient un discours antisémite des plus classique: nous sommes soumis à un complot sioniste mondial, Israël martyrise les Palestiniens, la Shoah est un événement contestable («Je n’y étais pas pour m’en assurer… »), les chambres à gaz étaient trop petites, etc… On connait cette triste chanson et ses grotesques refrains, ressassés depuis des décennies par les Faurisson et autres faussaires de l’Histoire.
Mais comme toujours, ce discours trouve des oreilles complaisantes, particulièrement à la faveur de la crise morale et spirituelle que traverse la France: à quoi croit ce pays aujourd’hui? Quelles perspectives offre-t-il à ses jeunes, en dehors du chômage et de la violence des banlieues? A-t-il même encore une identité, un projet, auxquels on puisse adhérer? La France n’est plus conduite ni dirigée, elle est livrée à un simple mouvement brownien, comme un bouchon flottant sur l’eau.
C’est bien pourquoi le discours de Dieudonné fait l’objet d’une telle ferveur, et c’est pourquoi tant d’intellectuels de tout bord crient au scandale lorsque son spectacle est interdit, notamment sous prétexte que Dieudonné serait «un artiste», et donc au-dessus de toute censure.
Cette ferveur tient à un tour de force accompli par le polémiste. Il a réussi progressivement à faire passer son discours antisémite pour une résistance ausystème, ce qui est toujours bienvenu chez ceux qui, en France ou ailleurs, éprouvent de l’amertume, de l’impuissance, d’immenses frustrations devant l’absence totale de perspectives. Car faute d’un responsable identifiable à leurs malheurs, les hommes sont prompts à accuser le système, forcément malfaisant, agissant dans l’ombre, mu par une minorité cynique et sans scrupules. Pour Dieudonné, le système devient le bouc émissaire idéal, mais en tant que tel il est trop peu identifiable. Si dès lors on donne à penser que ce fameux système, c’est un complot sioniste mondial, du coup l’adversaire devient visible, on peut le cibler, et surtout, remettre en marche le vieil arsenal anti-juif développé depuis la fin du XIXe siècle, puis mis en œuvre avec une intensité extrême dès les années 1930 – avec les conséquences que l’on sait. Déjà, des essayistes et des écrivains antisémites sortent du bois, ils seront les Rebatet, les Brasillach, les Doriot, les Luchaire de demain, pour la plus grande honte de la culture française.
Les fans de Dieudonné interrogés par France Inter – dont les prénoms étaient rarement judéo-chrétiens mais plus souvent arabes, certes – faisaient complètement leur ce discours, de manière quasi hystérique parfois, clamant que la France était livrée au lobby juif, les médias bien entendu, mais aussi le gouvernement et l’économie. On se croirait revenu aux moments les plus déshonorants du gouvernement de Vichy, qui envoyait les écoliers à l’exposition «Le Juif et la France».
On voit donc que Dieudonné a réussi à capter les frustrations et la haine anti-française de nombreux jeunes issus de l’immigration, et même de jeunes Français de souche, qui vous balancent: «On veut le faire taire parce qu’il a raison, parce qu’il dit la vérité !» Car bien sûr, le fait que la loi réprime le racisme et l’antisémitisme rend celui qui la brave courageux et admirable !
C’est le propre des pires manipulateurs de se faire transformer en martyrs et, face à des esprits échauffés et ignorants de l’Histoire, de faire valider ainsi un discours insupportable. Le plus pénible, en somme, c’est cet inexorable recommencement.

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21/01/2014

La prospérité sans immigration de masse, c’est possible!

Nos autorités politiques ont mis en œuvre une politique de surpeuplement délibérée, qui à terme saccagera la qualité de vie des Suisses, et les valeurs auxquelles ils sont attachés. Voulons-nous que cela continue ?

Un pays surpeuplé comme la Suisse peut-il être un pays d’immigration, comme si elle était un pays vide et sauvage qui manque d’habitants? Le simple bon sens crie que non. Mais le bon sens a disparu depuis longtemps de notre horizon politique, et voilà pourquoi la vérité officielle veut que la Suisse soit un pays d’immigration.
Et de fait, notre gouvernement et notre parlement ont mis activement en œuvre cette politique de surpeuplement, à laquelle on notera que le peuple n’a jamais donné son aval formel. C’est ainsi que, selon les chiffres officiels, quelque 80’000 immigrants supplémentaires s’installent chaque année dans notre pays. Compte tenu de l’immigration clandestine, on doit être plus proche de 100’000 ou de 120’000. En s’en tenant aux chiffres officiels, on ajoute donc un million de personnes allogènes de plus dans nos villes tous les douze ans.
Est-ce bien raisonnable? Est-ce souhaitable? En réalité, la question ne se pose pas en ces termes, elle ne se pose même pas du tout: l’économie, qui défend exclusivement ses propres intérêts, sans considération pour les autres intérêts en jeu, exige du gouvernement de pouvoir engager tous les travailleurs qu’elle veut, quand elle le veut. À l’État de faire en sorte que l’intendance suive, que des logements et des routes sortent de terre. Et l’État s’exécute sans discuter, puisque pour une bonne part, les décideurs politiques sont aussi les décideurs économiques. Et bien entendu, lorsque la récession s’installera, les employeurs demanderont à l’État de gérer les chômeurs et de les aider à survivre.
Et les Suisses dans tout ça? Si on prend la peine de les écouter, on entend bien qu’ils râlent. Parce que leur pays devient méconnaissable et moche; parce que les logements deviennent inabordables; parce que l’insécurité augmente en flèche; parce que les emplois sont trustés par les immigrés, parfois avec la complicité de RH étrangers qui pratiquent sans scrupules la préférence nationale (voir l’enquête édifiante du Temps du 20 janvier 2014); parce qu’à n’entendre que des langues étrangères dans les rues et dans les commerces, on ne se sent plus chez soi.
Alors vite, avant qu’ils ne se révoltent, on accable ces dindons de la farce d’une propagande lourde et menaçante: si on limite l’immigration, il s’ensuivra un marasme économique épouvantable. Cela, en fonction d’un dogme mensonger mais repris par tous: l’immigration est la condition absolue de la prospérité. Sans immigration, pas de prospérité !
Il n’est pas inutile, dans le cadre d’un débat politique, d’aller voir ailleurs ce qui se fait. Prenez l’exemple de la Nouvelle-Zélande: voici un pays six fois plus grand que la Suisse, mais dont la population n’est que de 4 millions d’habitants. L’immigration y est modérée, et surtout choisie: ce pays ne s’est pas lié pieds et poings à une puissance étrangère, comme la Suisse l’a fait avec la libre-circulation, elle reste maîtresse de sa politique migratoire. Et on vous le donne en mille: la Nouvelle-Zélande connaît une prospérité remarquable depuis plusieurs années; ses exportations, agricoles notamment, se portent bien, ses excellents produits laitiers et carnés inondent une partie de la planète, et l’accord de libre-échange qu’elle a signé avec la Chine, en 2008 déjà, porte ses fruits.
En d’autres termes, la Nouvelle-Zélande montre de manière convaincante que la prospérité ne dépend pas d’une immigration massive, mais d’une quantité de facteurs et de variables, dont l’immigration – qui en l’occurrence vient essentiellement du Royaume Uni et d’Asie – n’est pas le plus important, loin s’en faut.
Voilà en tout cas un pays où la prospérité rime avec une qualité de vie exceptionnelle, nettement plus détendue qu’en Europe, et dans un cadre naturel jalousement préservé par le gouvernement – qui sait bien pourquoi: le tourisme est une manne très importante, tout comme l’industrie cinématographique, qui met à profit les paysages exceptionnels des deux îles, tout en bénéficiant de subventions colossales de la part de l’État.
La frénésie immigrationniste que nous subissons en Suisse est une grave menace pour notre identité et nos valeurs, et bien évidemment pour le milieu naturel. Elle se double d’une vassalisation effarante de nos autorités face à une bureaucratie européenne de plus en plus arrogante, incarnée jusqu’à la caricature par la commissaire européenne Viviane Reding, qui se voit volontiers en Gauleiter de la Suisse.
Face au désastre annoncé, le peuple a dans ses mains le moyen de sortir ses dirigeants de leur état hypnotique, et de les ramener à l’essentiel, à savoir les intérêts de la population suisse, qu’ils ont le devoir de servir en priorité. C’est pourquoi il faut voter oui à l’initiative contre l’immigration de masse le 9 février, sans se laisser impressionner par la propagande grossière de la classe politique: quoi qu’il arrive, nous subsisterons !

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02/07/2013

Vaud: une administration en roue libre

Il faut saluer l'initiative prise par les Vert'libéraux de soutenir les citoyens victimes du harcèlement de l'administration contre les installations photovoltaïques. Mais cela dénote un dysfonctionnement politique grave: en Pays de Vaud, ce sont les chefs de service qui détiennent le pouvoir ! Le Conseil d'État et le Grand Conseil se font tout petits devant ceux dont ils sont, en principe, les patrons. En principe...
De nombreux Vaudois – dont nous sommes – ont vu leurs projets «solaires» systématiquement fusillés par l'administration cantonale, en particulier par la section Monuments et sites. Parmi ces inamovibles fonctionnaires, certains – qu'il n'est même plus nécessaire de nommer ! – se sont juré qu'il n'y aurait jamais de capteurs solaires dans certaines régions du canton. Non pas parce que le Grand Conseil ou le peuple l'auraient voulu ainsi, mais parce qu'eux l'ont décidé, du haut de leur savoir ou de leurs caprices, et c'est bien suffisant à leurs yeux.
Par conséquent, ils s'opposent à tout projet qui leur déplaît, fut-il conforme à la législation. La tactique est sournoise et habile: face à ce Moloch, beaucoup de candidats se découragent et laissent tomber, peu désireux de flamber le budget de leurs projets en frais de justice. L'administration dispose de moyens illimités en la matière, tandis que le justiciable doit y aller de sa poche, et on sait combien la justice coûte cher !
En ce sens, l'initiative des Vert'libéraux tombe à pic. Elle vient en aide financièrement aux citoyens victimes d'obstructions administratives abusives, ce qui leur permet d'exercer leur droit de recours sans se ruiner. Mais surtout, elle met les autorités politiques devant leurs responsabilités, et c'est là l'essentiel de la démarche: un pied de nez roboratif.
Car faut-il le rappeler? Nous n'avons pas élus nos ministres et nos députés pour qu'ils obéissent à l'administration. Nous avons élu un Conseil d'État pour qu'il dirige l'administration, et un Grand Conseil pour qu'il surveille son bon fonctionnement. Dans ce domaine du moins, cela ne fonctionne ni dans un cas ni dans l'autre. Or, comme le dit Isabelle Chevalley, l'administration n'est pas là pour faire la loi, elle est là pour l'appliquer. Il est donc intolérable que des chefs et sous-chefs de service se permettent de contourner la loi pour, passez-nous l'expression, emm... les citoyens qui ont l'audace de vouloir produire de l'électricité, en toute légalité.
Que font les ministres de tutelle? Que font le Conseil d'État et son président? Que fait le Grand Conseil et sa Commission de gestion? La réponse n'est que trop prévisible. Placé devant un de ces abus caractérisés, un député devenu conseiller d'État nous avait rétorqué sèchement qu'il n'avait pas pour habitude de remettre en cause les décisions de l'administration ! Vu comme ça, évidemment...
Dans un État de droit, face à des abus systématiques et répétés de l'administration, les responsables politiques doivent mettre les fonctionnaires indélicats au pas, et si cela ne suffit pas, les mettre à pied. Mais certainement pas regarder ailleurs. Notre Conseil d'État de gauche, dont la presse dit si grand bien, est en défaut au moins sur un point: il ne maîtrise pas son administration !
Chef du Service des immeubles, patrimoine et logistique (SIPAL), M. Philippe Pont assure, dans 
24 Heures du 2 juillet, qu'une nouvelle directive est en cours de rédaction, qui devrait calmer le jeu. En réalité, la plus grande vigilance s'impose: selon M. Pont, «plutôt que de vouloir poser des panneaux partout, sans aucun retour sur investissement, il faut privilégier les grandes toitures plates d'immeubles tels que centres d'enseignement, commerciaux ou industriels.»
Cela signifie en clair que les projets individuels continueront à être découragés, alors même que, contrairement à ce qu'affirme M. Pont, le retour sur investissement arrive souvent après moins de dix ans! Ne lui en déplaise, c'est grâce à ces petits projets que l'Allemagne est devenue un grand producteur d'électricité photovoltaïque.

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12/03/2013

Vasella et les enfants gâtés

Donc, Daniel Vasella émigre aux Etats-Unis. C'est une mauvaise nouvelle pour la Suisse, et nous ferions bien de considérer ce départ comme un avertissement.
Toute à son euphorie d'avoir donné une claque aux vilains grands patrons en faisant triompher l'initiative Minder, la population dira sans doute: "Bon débarras!" Elle ne se soucie guère de savoir que les Etats-Unis, eux, disent: "Welcome, Daniel!"
Le départ du patron de Novartis va coûter cher à son canton de domicile, Zoug, à sa commune, Risch, et à la Confédération, puisqu'il devait payer un impôt fédéral direct considérable. Mais il pourrait coûter cher aussi à Novartis, car M. Vasella, qui n'est pas lié par une clause de non-concurrence, va probablement mettre ses très grands talents au service d'un groupe pharmaceutique concurrent.
C'est en cela que la polémique sur les fameux 72 millions fut très malheureuse, et instrumentalisée sans vergogne. Sans doute M. Vasella a-t-il un rapport à l'argent qui dérange, une avidité qui choque. Mais c'est un fait, et il ne changera pas. En négociant une clause de non-concurrence, Novartis faisait un investissement avisé, et finalement peu coûteux en regard des conséquences possibles d'un passage de M. Vasella à la concurrence. Quoi qu'il en soit, il s'agissait d'un contrat privé, qui n'impliquait pas le moindre centime d'argent public. Dès lors, en quoi cela regardait-il le grand public, les politiciens et les médias?
On a beaucoup parlé de morale lors de la campagne sur l'initiative Minder, parce que c'est un moyen facile d'attaquer l'économie et, osons le mot, le capitalisme. J'ai voté contre cette initiative, et j'était opposé aussi au contre-projet des Chambres. Je ne crois pas que l'économie ait besoin des conseils et de la surveillance du pouvoir politique pour gérer les entreprises, dès lors que celles-ci respectent le cadre légal. Les managers de grande envergure sont rares, il faut donc les payer ce qu'il faut, c'est la loi de l'offre et de la demande. Et tant pis si cela choque Mme Michu. Au reste, la même Mme Michu trouve parfaitement moral que l'on donne des dizaines de millions à un footballeur ou à un tennisman réfugié fiscal à Monaco...
L'initiative Minder a malheureusement donné des ailes à ceux qui détestent le système économique libéral et la réussite individuelle. Ils y ont vu une brèche, dans laquelle ils vont s'engouffrer.  Ce qui est particulièrement grave, c'est qu'on voit émerger en Suisse la même haine des riches et de ceux qui réussissent, que celle qui plonge la France dans un dramatique clivage social, et une récession désormais inéluctable.
Avant même la votation, flairant la bonne affaire électorale, le président du PS, Christian Levrat, faisait de la surenchère, annonçant les prochaines étapes de la mise au pas de l'économie, qui demain devra défiler au rythme de la musique socialiste. Cela commencera par l'initiative 1:12, qui veut niveler les salaires, en attendant sans doute l'initiative 1:2. Suivra la taxation des transactions financières, qui affaiblira encore davantage la place financière suisse, au profit de ses concurrentes. C'est ainsi que par petits coups de serpe, au nom de la morale et de la justice sociale, on va casser notre prospérité. Faut-il laisser faire?
Il faut que les Suisses descendent de leur nuage. La prospérité dont ils jouissent ne tombe pas du ciel, et elle n'est pas une rente à vie. Elle est née d'un système économique qui fonctionne parce que chacun peut y cultiver l'espoir de gagner davantage. Coupez le ressort de l'intérêt personnel, et vous aurez l'économie des pays où entreprendre est peine perdue, des pays où il n'y a plus beaucoup de riches, mais beaucoup de pauvres.
Est-ce bien cela que veulent les Suisses?

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18:25 Publié dans Politique | Tags : vasella | Lien permanent |  Imprimer

27/02/2013

Yvan Perrin, un nouveau trophée pour "Le Matin"?

Le canton de Neuchâtel n’a semble-t-il pas de problèmes politiques particuliers, puisque la campagne se limite aux éventuels problèmes de santé d’Yvan Perrin. Un beau gâchis.

Mais, dira-t-on, cette tempête de transparence n’est-elle pas bienvenue? N’est-ce pas ainsi qu’il faut faire de la politique, tout dire, ne rien cacher? En l’occurence, on est très vite passé de la transparence au voyeurisme, et la première victime en est Yvan Perrin lui-même, qui s’est laissé piéger par les médias avec une candeur confondante.
On commence par lui demander, avec de l’empathie dans la voix, de parler de ses “faiblesses psychiques”: le piège s’ouvre, le candidat s’y engoufre. Puis d’autres médias rebondissent sur ces premiers aveux de faiblesse, cette première brèche, et commencent à aguiser les couteaux. C’est ce qu’a fait Le Matin, qui profite de l’ouverture pour violer allègrement la sphère intime du candidat UDC, en racontant avec tous les détails une hospitalisation mouvementée (serait-on aussi transparent pour, par exemple, l’hospitalisation d’un rédacteur en chef du groupe?)
Sans doute le quotidien compte-t-il bien pouvoir accrocher au mur la tête d’Yvan Perrin en trophée, à côté de celle de Frédéric Hainard. Et il a de bonnes chances de réussir car désormais, même élu, Yvan Perrin sera sous pression, sous surveillance permanente. A chaque décision discutable, on lui demandera s’il se sent bien, s’il ne devrait pas prendre un peu de repos… Largement de quoi faire craquer un homme apparemment fragile.
Yvan Perrin aurait dû faire un sérieux brain storming avec Oskar Freysinger, qui lui, sait se servir des médias sans se laisser instrumentaliser par eux. Du grand art…

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