06/02/2009

L'Etat papa poule

Une des innombrables jeunes dames de gauche de La Première s'étranglait l'autre jour d'apprendre que la Suisse faisait figure de mauvais élève en matière de structures d'accueil pour la petite enfance. Et préconisait de supprimer le fédéralisme puisque ces affreux cantons, souverains en la matière, n'en font pas assez.
A notre sens la Suisse est le meilleur élève en ce domaine. Ce n'est pas à l'Etat de garder et d'éduquer les nourrissons de parents que ces tâches ennuient. De plus, la multiplication des structures d'accueil favorise la natalité, ce qui est un non-sens d'un point de vue écologique. Donc, que les parents s'occupent de leurs enfants et les poules seront bien gardées.

Philippe Barraud
www.commentaires.com

04/02/2009

RSR-TSR: les vrais gagnant du match Genève-Lausanne

Les rumeurs de regroupement de la Radio suisse romande et de la Télévision suisse romande en un lieu unique, c’est-à-dire à Genève, ont suscité la mobilisation générale chez les responsables politiques vaudois. Du Président du Conseil d’Etat au Syndic de Lausanne, en passant par le Grand Conseil, de solennels appels ont été lancés à la SSR pour qu’elle ne prive pas la capitale vaudoise de cette radio qui, après tout, est née dans les hauts de la ville. Les dirigeants des deux sociétés ont tenu des propos lénifiants, assurant que les milieux politiques avaient mal compris, que rien n’était décidé – brefs, ils ont promené leur monde.

Les autorités genevoises se sont moins émues, convaincues, toujours modestes, qu’elles emporteraient le morceau dans un fauteuil. Voire… Un regroupement de la TSR et de la RSR à Lausanne recentrerait opportunément la télévision de service public, aujourd’hui reléguée aux confins du pays romand, quasiment en Savoie, si loin de Brigue et de Delémont! Une idée à creuser, non?

Ces réactions politiques sont certes des querelles de clocher, mais elles n’en sont pas moins respectables: avoir ces grosses institutions sur son sol est un avantage évident. Bien sûr, ces débats furieux n’émeuvent pas beaucoup les Fribourgeois, les Neuchâtelois, les Valaisans ou les Jurassiens: eux n’ont de toute façon dans leurs capitales respectives que de modestes antennes de la RSR et de la TSR – modestes à l’aune du service public: pour des diffuseurs privés, elles seraient pharaoniques.

Mais dans la querelle actuelle, les choses sont peut-être moins simples qu’il n’y paraît. Car au-delà de la localisation géographique des studios, il y a les femmes et les hommes qui font, au jour le jour, la radio et la télévision. Et là, il n’y a pas photo: qu’on soit à Lausanne ou à Genève, ce sont les Valaisans qui tiennent le haut du pavé, ce sont eux les vrais maîtres de la radio et de la télé. Regardez les organigrammes, écoutez les noms des journalistes: c’est une tempête de Crettenand, de Rapaz, de Morard, de Delétroz, de Décaillet, de Donnet-Monnet, de Revaz, de Rausis, de Lamon – et on en oublie des tas, faute de place.

On s’en réjouit car ce sont d’excellents professionnels. Tout au plus regrette-t-on qu’ils aient dû, comme leurs collègues d’autres régions, raboter leur accent, au profit d’un français terne et incolore. Ne serait-ce qu’à ce titre, on regrette encore et toujours Liliane Varone…

Philippe Barraud
www.commentaires.com

09:18 Publié dans Médias | Tags : rsr, tsr, journalistes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer