19/10/2009

Entendez-vous, dans nos campagnes, les coassements du politiquement correct?

A un mois de la votation, la campagne contre l’initiative sur les minarets devient déjà terriblement lourde, chacun s’en servant comme faire-valoir.

Entendez-vous, dans nos campagnes, les coassements du politiquement correct? C’est à qui prendra les poses les plus avantageuses, en maniant l’indignation, l’insulte, et pourquoi pas la censure, tout en couvrant de paroles tendres les musulmans de Suisse. Politiciens, éditorialistes, gens d’église, intellectuels étrangers condescendants, c’est l’habituelle coalition des Justes, la confrérie de ceux qui ont tout compris – sauf, éventuellement, ce peuple encore capable de mettre les pieds dans le plat.

L’interdiction des minarets n’est peut-être pas la bonne réponse, mais elle met en évidence un problème bien réel: le monde entier a un problème avec l’islam, et donc les Suisses aussi. L’islam fait peur, c’est un fait têtu, parce que le modèle de société qu’il sous-tend, et la violence qu’il engendre,  font peur. Sociétés verrouillées sous un obscurantisme accablant, femmes humiliées et rabaissées, activités et menaces terroristes un peu partout dans le monde – et vous voudriez que les gens n’aient pas peur?

On a probablement raison de nous dire que les Suisses n’ont rien à craindre des musulmans qui vivent en Suisse, qu’ils rejettent dans leur majorité tout ce qui nous révolte et nous effraie dans l’islam. Il n’en reste pas moins une très grande méfiance, qui s’alimente du récit quotidien d’attentats aussi aveugles que meurtriers dans le monde, et d’informations sporadiques révélant, à la stupeur générale bien entendu, des activités dangereuses pour la sécurité de la population. On peut être un ingénieur doué travaillant pour le CERN et l’EPFL, et n’en manigancer pas moins au sein d’une mouvance extrémiste pour fomenter des attentats en Europe, au nom de l’islam. Cela non plus n’est pas rassurant, puisqu’alors l’extrémisme n’est pas que le fait de talibans analphabètes et de jeunes désœuvrés.

Si de nombreux Suisses ont signé l’initiative de l’UDC, et si nombre d’entre eux vont probablement voter en sa faveur, c’est parce que personne ne veut entendre leurs craintes, parce que personne ne veut les prendre au sérieux, car elles touchent à toutes sortes de sujets tabou dans notre société – une société qui devient totalitaire à force de vouloir être consensuelle: la religion, les étrangers, la différence, les valeurs fondamentales. A leurs interrogations légitimes ne répondent que paternalisme et mépris. Analysez les mots des adversaires de l’initiative, leur violence, leur virulence, voyez comment ils sont prêts à bazarder des notions aussi fondamentales que la liberté d’expression pour écraser les sentiments incorrects.

Le rôle des politiciens et des médias serait de se pencher sur ces inquiétudes, voire d’y trouver des solutions. Mais c’est ingrat et difficile. Il est beaucoup plus intéressant de flanquer la trouille au peuple en lui disant que le monde entier va nous détester, que l’image de la Suisse sera à jamais détériorée ou, catastrophe suprême, qu’elle sera traînée devant la Cour européenne des droits de l’Homme… On tremble déjà. C’est évidemment faux, mais nos dirigeants croient toujours que le monde n’a d’yeux que pour nous, suspendu à nos scrutins trimestriels.

En réalité, quoi que votent les Suisses fin novembre, le monde s’en f… éperdument. S’ils devaient accepter l’initiative, cela ne ferait jamais qu’une nouvelle de 20 secondes sur France-Info, de nombreux Français… approuveraient les Suisses, et les envieraient de pouvoir ainsi prendre les décisions qui les concernent! Le monde, Dieu merci, à mieux à faire que de disserter sur notre politique intérieure et nos problèmes d’ego.

Philippe Barraud
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18:45 Publié dans Politique | Tags : minarets | Lien permanent |  Imprimer

13/10/2009

Et vous voulez “sauver la planète” ?

“Sauver la planète”… L’expression est plaisante, et probablement efficace, puisque les publicitaires l’ont déjà intégrée dans leurs campagnes. Mais elle n’a pas vraiment de sens: la planète en tant que telle n’a pas à être sauvée. En réalité, c’est l’humanité qu’on veut sauver.

Au cours de sa très longue histoire, la planète a connu un cortège effarant de cataclysmes, de bombardements météoritiques et cométaires, d’effets de serre meurtriers sous l’effet de son volcanisme, et à cause des astéroïdes géants. Par six fois, la vie fut à deux doigts d’être éradiquée, au cours des Grandes Extinctions. Et pourtant, la planète est toujours là, vibrante de vie quoi qu’il arrive: l’aventure humaine, qui a eu un début et aura un fin, ne sera pas la pire catastrophe de son histoire. A ce propos, on lira avec profit l’essai décoiffant d’Alan Weisman: Homo Disparitus (The World without Us).

Par contre, il est vrai que l’humanité, et avec elle une bonne partie du vivant, est en grand danger. C’est de cela que parlent ceux qui veulent “sauver la planète” - énième manifestation de l’incroyable égocentrisme humain, qui confond son bref destin avec celui de la planète toute entière. Quelle dérision!

Le problème est que notre modèle socio-économique est un train fou, mais si efficace, et si confortable… Il est dépourvu de freins, mais cela arrange tout le monde. Pourquoi? Parce qu’il n’y a guère d’alternatives à ce modèle-là, sauf à consentir, ici et maintenant, des sacrifices que le 99% de la population jugera inacceptables. Par conséquent, personne ne prendra le risque de forcer le train à ralentir, ou à changer de voie. Comme les lemmings, nous fonçons droit en avant vers le précipice, puisque les autres font la même chose, devant nous et derrière nous.

Bien sûr, on écoute distraitement les nouveaux prophètes, les Al Gore, les Arthus-Bertrand, les Hubert Reeves, les Nicolas Hulot, les Yves Paccalet, mais on les écoute comme si c’était juste un spectacle, un livre ou un film de plus, qu’on aura oublié demain:
- Tu as vu le Syndrome du Titanic ?
- Ouais, cool !
Et puis c’est tout, chacun reprend sa voiture, et rentre à la maison.

Mieux encore, on se moque de ceux qui crient “au feu !”, pour être bien sûr de ne pas entendre ce qu’ils s’épuisent à nous dire. Chez les bateleurs médiatiques, il n’y a rien de plus branché que de railler Nicolas Hulot et son film, sous prétexte qu’il a coûté de l’argent, et même que des sponsors l’ont aidé financièrement. C’est un vendu, quoi. Ecoeurante démagogie provinciale, qui etouffe l’essentiel sous sa médiocrité. Il faudra qu’ils nous expliquent comme on secoue les consciences avec un film d’amateurs tourné dans une salle de bain.

Le Syndrome du Titanic est un film important, quoi qu’en pensent les railleurs qui n’ont jamais rien fait de leurs dix doigts. Il n’est sans doute pas parfait - aucun film n’est parfait - mais il nous donne quelques uppercuts désagréables et salutaires, notamment en juxtaposant des séquences qui font exploser les contradictions douloureuses de notre monde. Donc, il nous fait réfléchir, son but est atteint. Du reste, Nicolas Hulot a surpris son monde en faisant moins le film orienté sur la dévastation de la nature que tout le monde attendait, qu’un film au discours politique, axé sur l’incommensurable misère humaine telle qu’on la découvre, par exemple, dans les gigantesques égouts-bidonvilles de Lagos, au Nigeria. Les images sont bouleversantes, révoltantes, qui juxtaposent la détresse de ces jeunes mères aux yeux blancs de glaucome, démunies de tout, au luxe indécent d’un défilé de haute couture à Tokyo. Voilà donc notre monde, celui des humains, et franchement, il n’est pas beau.

Ce qu’on pourrait reprocher à Nicolas Hulot, c’est de ne pas aborder frontalement le problème écologique numéro un: la surpopulation. Tout le reste, l’effet de serre ou la fin des énergies fossiles, sont des problèmes secondaires comparés à la croissance exponentielle de la population humaine. Dans les bus et les trains, il y a toujours une plaquette indiquant le maximum de personnes admises à bord. Sur le planète Terre, quelqu’un a arraché la mise en garde, si bien que les humains sont trois fois plus nombreux que la limite de capacité, c’est-à-dire celle à partir de laquelle on ne peut plus reconstituer ce qui a prélevé: c’est la notion de durabilité.

L’explosion démographique vaudra au XXIe siècle d’être celui des plus grandes migrations que l’humanité aura connu, parce que de vastes surfaces vont disparaître sous l’eau (comme le Bengla Desh), et parce que la misère du Sud va s’approfondir. Ce pourrait bien être aussi le siècle de conflits encore plus meurtriers que les siècles précédents.

Pourtant, seuls de rares auteurs, et quasi aucun politicien, osent soulever ce problème, qui fait l’objet d’un tabou particulièrement intangible. Mieux, on se félicite encore, chez nous, de voir la population de cantons comme Vaud et Genève s’accroître de 10′000 à 20′000 individus chaque année, comme si cela n’avait aucun coût, comme si c’était une chose souhaitable.

Dans un petit livre tout à fait éclairant *, l’astrophysicien Alfred Vidal-Madjar, directeur de recherche au CNRS, démontre, exemples et formules mathématiques à l’appui, comment l’exponentielle de la croissance humaine nous conduira très vite à une catastrophe majeure. Ici, ni thèses écologistes, ni foi religieuse, ni convictions politiques, juste des mathématiques, qui montent à leur manière implacable que “une croissance exponentielle dans un espace fini ne peut plus durer très longtemps.”

Film très pessimiste, le Syndrome du Titanic est encore trop doux: sur le grand paquebot du moins, il y avait des canots de sauvetage. Sur la Terre, il n’y en a pas.

* Alfred Vidal-Madjar:  Où allons-nous vivre demain ? Hugo & cie, 2009.

Philippe Barraud
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10:36 Publié dans Politique | Tags : hulot | Lien permanent |  Imprimer

28/09/2009

Vivement une justice à deux vitesses!

Si l’affaire Polanski provoque un malaise, c’est bien celui de voir les “acteurs culturels” réclamer un statut juridique spécial pour les leurs. Car bien entendu, lorsqu’on est une star de la culture, on est au dessus des lois, on a même droit à une clémence qu’on refuse aux anonymes lorsqu’on se tape des mineur(e)s ou, comme tel écrivain italien d’extrême-gauche, lorsqu’on on assassine des policiers.
Il est vrai que si la Suisse appliquait les lois comme la France, où la justice fonctionne traditionnellement à deux vitesses - une pour les riches et les stars, une pour les pauvres -, nous nous épargnerions bien des ennuis! Hannibal Kadhafi pourrait continuer à tourmenter ses laquais (ce ne sont que des domestiques, n’est-ce pas?), tandis que Polanski pourrait faire la nique à la justice américaine depuis Zurich.
On se dit que finalement, il vaut mieux que les “acteurs culturels” ne se mêlent pas de politique, car alors ils instaureraient un véritable système de privilèges, à leur profit exclusif bien entendu.

Philippe Barraud
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07:44 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

22/09/2009

Google nous offre la bibliothèque universelle? On ne va pas se plaindre!

La polémique fait rage autour de la numérisation de bibliothèques entières par la société californienne Google. D’un côté, elle suscite des craintes liées au caractère commercial de cette entreprise; d’un autre côté, elle offre aux livres une nouvelle vie, et de dimension quasi universelle.

 

Du point de vue de l’usager en tout cas, la numérisation des grandes bibliothèques – telle la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne, qui a osé faire œuvre de pionnier –, est une aubaine extraordinaire. Le chercheur et l’étudiant gagnent en effet des dizaines de journées de travail en bibliothèque: ils peuvent ainsi consulter rapidement, et en tout temps, les ouvrages qui les intéressent, en copier et en imprimer le contenu, en fac simile ou en version moderne, sans devoir les faire sortir des rayons ou des cartons. C’est un avantage décisif pour les livres très anciens, fragiles, ou consultables seulement de manière restreinte, ou encore à l’étranger. C’est un avantage aussi pour les bibliothèques, puisqu’elles disposent gratuitement des fichiers numérisés.

Les lecteurs disposent aussi d’un autre outil formidable d’exploration des livres, par le biais de l’indexation systématique de ceux-ci - même parfois s’ils sont encore couverts par le droit d’auteur… Le moteur de recherche affichera tous les passages des livres contenant le mot ou l’expression recherchés, le reste du livre, s’il est encore protégé, n’étant pas accessible.

Bien sûr, Google est une société commerciale américaine, et comme telle elle fonctionne de manière rapide, parfois cavalière, en tout cas très loin des pratiques feutrées et majestueusement lentes du Vieux-Continent. Elle fonce droit devant elle, bouscule les susceptibilités académiques et bibliothécaires, animée par sa vocation affichée de faire «qu’aucun livre ne meure». On ne peut évidemment pas se cacher que derrière ces nobles intentions culturelles subsistent des visées commerciales.

A notre sens pourtant, il faut faire le pari de la «confiance vigilante» à l’égard de Google, face à un projet colossal et magnifique que malheureusement ni un Etat, ni un groupe d’Etat, n’ont jugé utile d’entreprendre. Un projet combien utile et nécessaire pourtant, aussi bien en termes de conservation que de diffusion des ouvrages, rendu possible par le développement à la fois de l’informatique et des réseaux. Penser que bientôt, une sorte de bibliothèque réellement universelle sera à portée de souris de chacun, est un progrès inouï, en particulier pour les pays pauvres dont les étudiants sont démunis en termes de sources documentaires. A cet égard, il est regrettable que de grands pays, comme la France, traînent les pieds et refusent de rejoindre cette bibliothèque universelle.

La démarche de Google a par ailleurs l’avantage de mettre le bâton dans la fourmilière crispée du droit d’auteur. Est-il encore raisonnable, en 2009, d’empêcher la diffusion libre des livres pendant 75 ans? Pour caricaturer à peine, l’effet de cet interminable moratoire est d’enterrer efficacement des livres qui mériteraient une deuxième vie, tout en enrichissant des descendants qui souvent abusent de cette rente de situation, au détriment manifeste de l’œuvre d’un ancêtre généralement mort dans le dénuement…

Philippe Barraud
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10:48 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

15/09/2009

Violence urbaine: état d’urgence

Face à la montée de la violence à Lausanne, les autorités s’obstinent dans la dénégation et les assurances patelines. En réalité, elles sont complètement dépassées.

Dans son édition du 15 septembre, Le Matin dresse la liste des dix «zones dangereuses de Lausanne». Elles couvent une telle surface qu’il eût été plus simple de dresser la liste des zones sûres, s’il en existe encore ! On entend déjà M. Vuilleumier, Municipal de la police, rétorquer que c’est du sensationnalisme, et que la situation est sous contrôle. Tout dépend évidemment de ce qu’on entend par là, mais lorsqu’un Lausannois explique à 24 Heures du même jour avoir compté quinze (!) dealers africains un samedi soir à la seule rue du Petit-Rocher, qui n’est pas bien grande, force est d’admettre que M. Vuilleumier divague sur une autre planète.

Faisant suite à une série de faits divers et d’agressions sanglants, ces événements jettent une lumière crue sur la dégradation à grande vitesse de la sécurité publique à Lausanne – comme à Genève d’ailleurs. Nous avons la chance de vivre sur une réputation très ancienne, mais désormais surfaite, de sécurité. Les entreprises étrangères et les touristes finiront rapidement par s’en aviser.

Mais à qui la faute?  Il serait injuste de jeter la pierre à la seule police, qui est peut-être bien la seule institution à faire correctement son boulot dans ce domaine. Le problème est beaucoup plus vaste, et on peut schématiquement relever trois causes:
- Une politique d’asile de plus en plus laxiste, inadaptée aux réalités actuelles. Les dealers «importés» par les réseaux de trafiquants travaillent peinard à Lausanne, parce qu’ils ne risquent rien sur le plan pénal, et rentrent au petit matin dans leur centre d’accueil de Soleure ou de Berne, retrouver le gîte et le couvert offert par le contribuable. Et il faut malheureusement des faits divers effrayants pour nous montrer que la loi est appliquée de manière fantaisiste. L’homme qui a assassiné un sans-papier algérien, il y a deux semaines à Lausanne, était un requérant d’asile arménien de 17 ans, en Suisse depuis quatre ans, et déjà poursuivi pour une tentative de meurtre! Pourquoi était-il toujours en Suisse? Pas de réponse. Et que faisait la victime elle-même, sans papiers, en Suisse? Ah oui ! J’oubliais: il n’y a plus de frontières, on entre en Suisse comme dans un moulin, et on y mène ses petites affaires en toute tranquillité.
- Un système judiciaire défaillant. Aujourd’hui, les juges nous présentent comme extrêmement sévère une peine de deux ans avec sursis! Et toujours davantage, les délinquants sont libérés après quelques heures, voire immédiatement, comme les mineurs qui ont tabassé le commissaire de police de Bex, donnant par là le signal que «casser du flic», c’est anodin, voire permis. Le Procureur du Canton de Vaud, Eric Cottier, ne dit pas autre chose: «Dans des cas similaires d’agression de policier, j’ai le sentiment que les peines infligées sont trop clémentes. Peut-être par banalisation, on imagine que ces actes font partie du quotidien de ce métier.» Le problème supplémentaire est que les juges appliquent avec une grande mollesse un code pénal lui-même complètement dépassé par l’explosion de la violence actuelle, particulièrement chez les jeunes.
- Une classe politique paralysée. Face à cette véritable urgence, les politiques tergiversent et n’agissent pas. Toute révision du Code pénal voit se dresser contre elle la vieille gauche qui veut «comprendre» et éduquer plutôt que punir, aveugle au changement. Ainsi, personne ne se demande s’il est normal que le couteau fasse partie de l’ «équipement» standard des jeunes: si on a interdit le port d’armes à feu, pourquoi pas celui d’un couteau?

Que faire? Une fois de plus sans doute, l’initiative devra venir des citoyens. Il s’agira notamment d’exiger une révision en profondeur du Code pénal, singulièrement à l’égard des mineurs. Il serait opportun aussi de prévoir des peines aggravées lorsque des fonctionnaires de police sont agressés, afin de créer une sorte de «tabou». De plus, il s’agira de veiller à ce que le code soit appliqué, et si les juges ne font pas leur travail, alors il faudra les remplacer. Il s’agira aussi de renforcer considérablement les effectifs policiers, et d’en accepter le coût dans les budgets des cantons et des communes.

Ce qu’on voit autour de nous est si désagréable, si étranger à l’image traditionnelle que nous avons de notre pays et de nos villes, qu’on a tendance à minimiser les problèmes, à en faire des événements exceptionnels, à les occulter. Hélas… Toute la réalité crue des changements que nous vivons est dans ce cri du cœur du Président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud, Philippe Husser, qui pourtant en a vu d’autres au fil des ans, à propos de l’agression de Montbenon: «Je suis atterré, consterné et effaré. Jusqu’où cette violence va-t-elle aller?»

La balle est dans le camp des politiques, il serait temps qu’ils la saisissent avant que la situation n devienne incontrôlable.

Philippe Barraud
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10:55 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

19/08/2009

Un automne dévastateur pour la presse romande

La rentrée va s’avérer dévastatrice pour la presse écrite romande. On parle de 25 licenciements au Temps, et d’un nombre encore indéterminé à 24 Heures, tandis que le Matin Bleu va disparaître purement et simplement.

Pourquoi les journaux sont-ils si minces? Pourquoi ne font-ils guère que de l’animation estivale? Parce qu’il n’y a plus de publicité, et qu’il faut serrer les budgets. Dans un bon dossier paru le 18 août, La Liberté publiait un tableau montrant la diminution des recettes publicitaires pour les principaux organes de presse romands: un désastre, les plus touchés ayant perdu plus de 40% ce cette manne durant le premier semestre 2009. Quand on a la tête tout juste hors de l’eau, on est sûr de boire la tasse.

Les médias ont ceci de particulier, dans les échanges économiques, que ce ne sont pas ceux qui les lisent qui en paient le prix. Un peu comme les spectateurs du Tour de France, ils laissent à d’autres le soin de financer ce qu’ils consomment. Avec le temps, les lecteurs ont pris de mauvaises habitudes, et refuseraient aujourd’hui catégoriquement de payer leur journaux au prix coûtant. Voilà pourquoi, chaque fois qu’une crise survient, des journaux disparaissent, généralement les plus exigeants, parce qu’il est impossible de faire un bon journal avec trois stagiaires. C’est ainsi qu’ont disparu la Gazette de Lausanne, puis le Journal de Genève, et demain peut-être Le Temps.

Car on peut retourner le problème comme on veut: un tel quotidien ne peut pas conserver son niveau qualitatif avec un tiers de journalistes en moins. il y a des serrages de ceinture qui finissent par couper le souffle. C’est exactement ainsi qu’ont commencé les spirales infernales qui ont scellé le sort des deux journaux cités plus haut: moins de journalistes, donc un journal moins attractifs, donc moins de lecteurs, donc moins de publicité: la boucle est bouclée, R.I.P.

Le système universellement pratiqué, qui consiste à attendre de la publicité qu’elle finance les journaux est fondamentalement pervers, mais sans doute inévitable dans un marché concurrentiel: dès lors qu’un éditeur confie le financement de ses journaux à des tiers, les autres sont bien obligés de suivre, car vous ne pouvez pas vendre un quotidien, si bon soit-il, cinq à dix fois plus cher que ses concurrents. La conséquence, c’est que ce faisant les éditeurs s’exposent à subir les défaillances de leurs annonceurs, à quoi il n’y a pas de remède, comme on le voit aujourd’hui. Et ils s’exposent aussi à des pressions croissantes, et à des compromissions honteuses. Il y a une vingtaine d’années, une commission d’éthique examinait les rares cas de complaisance envers un annonceur et décernait des blâmes. Aujourd’hui la commission d’éthique a disparu, car l’éthique ne fait plus le poids face aux nécessités économiques, et c’est le marketing qui décide du contenu. Ce qui explique que la complaisance commerciale soit devenue monnaie courante, sinon la règle: tu me donnes de la pub, je te fais un papier sympa. Les magazines féminins et la presse gratuite en donnent des exemples accablants.

Situation tout aussi exécrable pour les journalistes, chez qui l’esprit critique peut désormais s’avérer fatal. Car celui qui serait tenté de refuser de faire un “papier sympa” connaît déjà la réponse du patron: “Tu sais combien j’en ai derrière la porte qui attendent de prendre ta place?” Parfois la phrase est ponctuée par le mot “connard”, pour faire bon poids.

Le fait que la population migre de plus en plus vers internet pour s’informer (un peu) et se divertir (beaucoup), n’arrange évidemment pas les affaires de la presse écrite, qui se lance dans des tentatives plus ou moins adroites, et rarement couronnées de succès, de s’imposer sur ce marché follement volatil. Tout en commettant les mêmes erreurs: c’est la publicité qui doit financer le site, puisque les lecteurs, pervertis par l’idée que tout est gratuit sur le net, ne sont pas prêts à payer le moindre franc pour accéder à des contenus.

Dans la presse écrite il y aura des morts, et on ne sait pas très bien ce qui poussera sur ces décombres. Mais elle a un avenir car, quelles que soient les ressources d’internet, elle a un rôle primordial à jouer dans le tri des informations et leur mise en perspective - exactement ce que ne font pas les sites, blogs, réseaux sociaux et journaux gratuits, ceux-ci se spécialisant au contraire dans le brouillage des pistes, la confusion des genres et la poisseuse démagogie des people. Le journalisme demeure un métier indispensable, qui demande une éthique, du talent et de la culture. Le fait qu’il se pratique aujourd’hui à la retirette et sans grandeur, asservi à des objectifs économiques à court terme, n’est pas une fatalité. Il renaîtra, parce que la société a besoin de lui.

Mais tout reste à réinventer, en particulier un modèle économique dans lequel le lecteur paie l’entier du bien qu’il achète. Des solutions devront finir pas apparaître car sinon, c’est le débat démocratique lui-même qui sera en danger.

Philippe Barraud
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17:26 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

08/07/2009

Les fruits de l’affaire Windisch

L’épilogue proclamé de l’”affaire Windisch” laisse un goût amer. C’est un nouveau recul de la liberté d’expression. Heureusement, d’autres signes donnent à espérer.

Uli Windisch, professeur de sociologie à l’Université de Genève, ne devra plus utiliser son titre lorsqu’il signe des articles polémiques dans la presse. C’est une sorte de punition molle, une sanction ad personam puisque, sauf erreur, elle est sans précédent dans l’histoire de l’institution genevoise.

Mais c’est surtout une mesure absurde. Par définition, une personne qui s’exprime publiquement le fait es qualité, et c’est en général pour cela qu’elle est appelée à le faire par les rédactions. Même Jean Ziegler serait d’accord avec cela! Imagine-t-on une chronique dans la presse de Micheline Calmy-Rey, qu’elle signerait en tant que simple citoyenne, en faisant abstraction de sa qualité de conseillère fédérale? Ce serait un brouillage de pistes hypocrite et manipulateur, et les lecteurs n’y comprendraient rien.

Mais bon: Uli Windisch a échappé à l’interdiction professionnelle réclamée par la présidence du Parti socialiste, c’est l’essentiel. La question maintenant est de savoir si le bouillant sociologue aura le droit de critiquer la gauche à l’avenir, puisque c’est semble-t-il interdit. Nul doute qu’il le prendra…

En tout cas, il faut se réjouir d’une chose: les opinions émises par Uli Windisch et d’autres auteurs opposés à la pensée unique, en particulier dans les colonnes du Nouvelliste, commencent à porter leurs fruits, dans la mesure où elles émeuvent l’establishment intellectuel car elles sont devenues incontournables. A tel point qu’il ne peut plus, désormais, les passer sous silence, cette efficace censure des gens de pouvoir (politique ou médiatique) à l’égard de ceux qui les dérangent.

C’est ainsi que, le 6 juillet, sur La Première, ces esprits indépendants ont été violemment pris à partie par un chroniqueur de la RSR, manifestement davantage adepte de la tendance Bourdieu que de la tendance Windisch. Qui leur reproche de ne rien apporter au débat, mais “d’occuper le terrain, dans l’espace démesuré que leur offrent des médias en quête de renouvellement”. Tout en leur niant avec arrogance toute compétence pour analyser la marche du monde, car ils seraient dépourvus de la “conscience critique, des compétences techniques et des convictions éthiques” indispensable à cet effet. On est à la limite de l’injure.

Cette opinion du journaliste Olivier Schorderet, qui a bénéficié de l’espace démesuré offert par la radio de service public, montre bien à quel point les vestales du néo-conformisme ne supportent pas les idées contraires. Plus grave, elle montre qu’au fond, ils n’aiment pas le débat démocratique, puisqu’il permet aux idées non-conformes de s’exprimer et de toucher un large public, par ailleurs bien trop sensible à ces convictions odieusement conservatrices!

Philippe Barraud
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20:36 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

06/07/2009

Le fils caché du Petit Ventilateur

Rédacteur en chef de la télé (l’autre, par celle de Genève), M. Fathi Derder est sans doute un excellent patron de presse. Mais lorsqu’il s’aventure en politique dans ses chroniques de 24 Heures, on a l’impression de lire un mauvais brouillon du Petit Ventilateur.

… et on vous garantit que ce n’est pas un compliment! Comme François Cherix, M. Derder n’a que mépris pour l’esprit de nos institutions et l’Histoire riche et complexe dont elles sont le reflet – on part de l’idée qu’il connaît l’un et l’autre. Donc, sans surprise, il nous dit que les cantons et les communes sont de vieilles lunes, qu’il faut les remplacer d’urgences par des régions, avec des sous-découpages, histoire sans doute de ne pas mélanger les urbains branchés avec les péquenots de nos monts. Ainsi, pour la région Vaud-Fribourg, il y aura «les zones urbaines, les bords du lac, l’arrière pays.»

Se faisant lyrique, M. Derder réécrit – sans le savoir – un édito de L’Hebdo des années 90 (et aussi son propre article publié le 29 juin dans 24 Heures…). Même le style haché et l’économie de verbes y sont: «Il y a la Suisse institutionnelle, et l’autre Suisse. La vraie. Celle que vous vivez, que vous façonnez au quotidien. Aujourd’hui, entre les deux, un fossé. Il est temps que cela change. Et c’est vous qui allez changer cela.» Avez-vous remarqué l’interpellation du lecteur? C’est un vieux truc de marketing, le discours devient «concernant», et racoleur avec élégance. Hélas! Cela ne le rend pas plus consistant ni plus crédible.

Encore une citation, pour le plaisir? «On le sent depuis quelques années: une Suisse nouvelle est en marche. En décalage avec nos structures politiques. Une Suisse en mouvement, dynamique, sûre d’elle, gagnante, à l’image de notre Federer national.» Magnifique, non? Même François Cherix, même L’Hebdo, n’oseraient pas des envolées aussi gnangnan.

Même si ces doux délires sont devenus le discours médiatique dominant, elles n’en sont pas moins abyssalement creuses, et surtout hors de la réalité. Preuve en soit le fait qu’aucun politicien, même de seconde zone, n’a jamais relayé ces propositions devant les institutions.

Pour cette fois, on fera preuve d’une certaine indulgence à l’égard de M. Derder puisqu’il avoue, en début d’article, une «légère gueule de bois». La preuve que boire ou écrire, il faut choisir…

Philippe Barraud
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04/07/2009

Assurance-maladie: la droite doit relancer la caisse unique

Le replâtrage continu de l’assurance-maladie ne guérira pas le système, gangrené par l’opacité de caisses-maladie en roue libre, et condamné par les assurés.

Les coûts de la santé augmentent parce que les gens vont davantage chez le médecin et consomment toujours plus de médicaments. Mais comme on n’a aucune prise sur cette frénésie consommatrice, on s’en prend successivement aux acteurs du système. Mais ira-t-on jusqu’au bout?

C’est ainsi qu’on a d’abord brutalement mis sur la sellette les médecins, leurs honoraires et leurs laboratoires. On a vite vu que cela ne suffirait pas, aussi s’en est pris ensuite au prix des médicaments, et donc à l’industrie pharmaceutique, autre acteur central du système. Mais on réalisera vite que cela non plus ne suffira pas à enrayer l’explosion des primes d’assurance-maladie. L’étape suivante consisterait donc a mettre cette fois les caisses sur la sellette. Cela s’impose, mais qui l’osera?

Depuis dix ans, l’avocat genevois Mauro Poggia se bat contre le Groupe Mutuel, contestant chaque année la hausse de ses primes. Son but: avoir accès aux comptes de son assurance pour pouvoir comprendre pourquoi elles augmentent, mais aussi mettre au jour le fonctionnement opaque de ce groupe. D’arrêts en recours, jusqu’au Tribunal fédéral et à Strasbourg, Mauro Poggia n’a toujours pas obtenu gain de cause. Mieux: le Tribunal fédéral, dans un arrêt du 24 novembre 2008, le met dans une situation parfaitement kafkaienne; celui qui veut contester de manière judiciaire la hausse de sa prime d’assurance doit apporter la preuve que l’augmentation ne respecte pas le droit applicable; cela, explique-t-il, parce que «le législateur a expressément érigé une présomption d’adéquation du montant des primes».

Fort bien, dit l’avocat, je vais donc examiner les comptes de ma caisse. Pas question, se défend l’assureur, qui interdit l’accès à ses comptes en invoquant le secret des affaires et la concurrence. En d’autres termes, celui qui veut contester ses hausses de prime devant la justice doit fournir des preuves qu’il n’a aucune chance de pouvoir réunir!

On trouvera le détail de cette affaire sur le blog de Mauro Poggia.

Cette affaire édifiante – et qui n’est pas terminée – montre que l’assuré ne pèse pas lourd face à sa caisse-maladie, fût-il un avocat obstiné. Voilà pourquoi les caisses doivent mathématiquement être la prochaine cible dans l’assainissement de l’assurance-maladie, puisque c’est là que l’on trouvera matière à faire des économies substantielles, tout en donnant un coup de projecteur qui semble s’imposer sur leur manière de faire les comptes et de gérer les réserves.

A cet égard, et au vu de la dégradation dramatique de la situation des assurés annoncée pour l’année prochaine – et, ne rêvons pas, pour les suivantes aussi – la solution de la caisse unique va revenir sur le devant de la scène. Reste à savoir qui la remettra sur les rails.

Or il y a là, pour la droite, un formidable coup politique à jouer d’autant que, curieusement, la gauche n’a pas bougé jusqu’ici. Pourquoi? Parce que, pour les partis bourgeois, la défense crispée du lobby des assureurs est devenue contreproductive, sur le plan politique. La réputation des assureurs est exécrable dans l’opinion publique (disons au niveau de Marcel Ospel…), et cette réputation rejaillit sur les partis qui s’en font les complices. Pour beaucoup d’assurés, qui sont aussi des électeurs, les caisses sont devenus une organisation indéfendable (un autre mot serait plus adéquat, mais bien trop périlleux…).

On veut bien admettre que pour les partis bourgeois, traditionnellement très proches des assureurs, voire inféodés à ceux-ci, il s’agit d’une révolution copernicienne. Mais ont-ils le choix? S’ils ne relancent pas eux-mêmes l’idée d’une caisse unique, en laissant de côté pour l’heure les détails de son financement, ils dérouleront sous les pieds du parti socialiste le tapis rouge d’un futur triomphe populaire. Tout simplement parce que la situation a changé, que l’exaspération des assurés est à son comble, et que le gauche ne fera pas les mêmes erreurs que la première fois.

 

A bon entendeur…

Philippe Barraud
www.commentaires.com

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02/07/2009

Course au sac sur la Bundesplatz

La bataille pour le fauteuil libéré bientôt par Pascal Couchepin suscite de nombreux commentaires affligés, avec notamment ce leitmotiv: parler de personnes n’a aucun intérêt, il faut des “débats de fond”. Or, c’est le comble de l’hypocrisie.

Président du Parti socialiste, Christian Levrat est le hérault de cette tendance légèrement jésuite - ou franchement hypocrite, affirmant qu’il faut discuter des thèmes de fond plutôt que de personnes ou de partis. Lorsqu’un politicien roublard joue les ingénus, cela sonne terriblement faux. Et on met Christian Levrat au défi de tenir le même discours, lorsqu’il s’agira de remplacer Moritz Leuenberger et Micheline Calmy-Rey: va-t-il nous dire que la personne et la couleur politique importent peu? Voire soutenir à cette fin un PDC, un Vert, ou un radical de la tendance centriste? Chiche!

Actuellement, tout le monde tombe à bras raccourcis sur Fulvio Pelli, président du parti libéral-radical, que les médias n’aiment guère et qui leur leur rend bien: le seul peut-être, il ose remettre en place les journalistes arrogants, vous savez, ceux qui s’intéressent surtout aux questions qu’ils posent, mais pas beaucoup aux réponses qu’on leur donne, “très vite s’il vous plaît l’heure tourne”.

Pelli, pourtant, pourrait bien tirer son épingle du jeu à la fin des fins, lui qui joue beaucoup plus habilement que ses homologues des autres partis. Et on ne comprend guère qu’on lui reproche de poursuivre ses propres ambitions: qu’on nous montre l’aspirant au Conseil fédéral qui n’a pas d’ambitions personnelles! Il a aussi l’avantage d’être davantage passe-partout, surtout en Suisse alémanique, que des candidats comme Pascal Broulis, Didier Burckhalter ou Pierre Maudet, qui ne sont pas des locomotives mais d’honnêtes voitures hybrides.

Ah! Pierre Maudet! Encore un qui s’est trompé de parti. Avec son programme, qui aligne l’adhésion immédiate à l’UE, l’abandon de la neutralité et la soumission de l’armée à une organisation étrangère, il constituerait un candidat de choix pour l’aile gauche du PS.

Ces jeux politiques sont normaux dans une démocratie vivante, même s’ils énervent sans doute le grand public. Et chaque parti a le droit de pousser ses pions, mais en retour, on a le droit de les critiquer. Curieusement, ceux qui lorgnent le moins sur le fauteuil de Pascal Couchepin sont les seuls qui pourraient légitimement revendiquer un deuxième siège au gouvernement: l’UDC, premier parti de Suisse, n’a qu’un représentant au Conseil fédéral. Mais ce parti a, parfois, le sens de la famille (politique), et ne tirera pas dans les pattes des radicaux-libéraux sur ce coup-là.

Le PDC, lui, n’a pas le sens de la famille. Il se range même plutôt dans la catégorie de ceux et celles qui couchent avec n’importe qui pourvu qu’on arrive à ses fins - ce qui n’est pas très chrétien, quand on y pense.

Quant aux Verts, ils jouent admirablement le rôle du ver dans le fruit socialiste, une chair juteuse qu’ils adoreraient parasiter. Mais malheureusement pour eux, la cause est entendue: il y a déjà deux socialistes au Conseil fédéral, il n’y a pas besoin d’en mettre un troisième.

Philippe Barraud
www.commentaires.com

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