13/09/2010

Assurance-maladie: à quand un vrai sondage, plutôt qu’une manipulation?

Tout va bien dans le domaine de l’assurance-maladie! C’est en tout cas ce que suggèrent deux sondages, qui évitent soigneusement les bonnes questions. Vous avez dit: manipulation?

 

Ces sondages, qui tombent opportunément avant les hausses de primes, émanent l’un de bonus.ch, un site qui vit de commissions versées par… les caisses-maladie, l’autre des magazines K-Tipp et Bon à Savoir. Ils font état d’une large satisfaction des assurés dans leurs relations avec leur caisse-maladie, encore qu’il y ait de fortes différences selon la caisse et le canton.

Faut-il en conclure que tout va bien, et que les critiques acerbes que l’on entend, reprises par l’actuelle campagne publicitaire des assureurs,  ne sont que calomnies et méchanceté gratuite? En réalité, ces sondages sont gravement trompeurs, car ils censurent toute question touchant à la politique de l’assurance-maladie, c’est-à-dire là où est le vrai problème. A preuve le fait que les banques, si décriées aujourd’hui, obtiendraient les mêmes résultats favorables, si elles commandaient un sondage sur la satisfaction des clients dans leurs rapports quotidiens avec la banque ou leur conseiller, mais surtout pas sur l’activité des banques en tant qu’institutions mondialisées.

Afin de faire preuve d’esprit constructif, je suggère à mes confrères une série de questions qu’il serait opportun de poser, lors du prochain sondage. Pour aborder, cette fois, les vraies questions.

1. Acceptez-vous de payer des augmentations de primes supérieures à la hausse des coûts de la santé, sans aucune justification chiffrée?

2. Trouvez-vous normal que les comptes des caisses-maladies faisant de l’assurance sociale soient totalement secrets?

3. Acceptez-vous que les primes trop élevées prélevées dans votre canton soient utilisées par les caisses pour abaisser les primes dans d’autres cantons, gagner de nouveaux clients, et augmenter ainsi leurs bénéfices?

4. Trouvez-vous normal que l’organe de surveillance, l’Office fédéral de la santé publique, n’ait pas le pouvoir de refuser des primes trop élevées?

5. Trouvez-vous normal que de très nombreux députés au Conseil national et au Conseil des Etats touchent de l’argent des caisses-maladie, afin qu’ils votent dans l’intérêt de celles-ci, et non dans l’intérêt des assurés?

6. Trouvez-vous normal qu’un simple employé d’une caisse-maladie puisse exiger de votre médecin l’entier de votre dossier médical, et le faire circuler dans l’entreprise, alors que c’est illégal?

7. Trouvez-vous juste que les caisses pratiquent la sélection des risques dans le domaine de l’assurance de base, qui est obligatoire?

8. Trouvez-vous normal que l’argent de l’assurance de base puisse être utilisé dans l’assurance privée par les caisses, alors que c’est illégal?

Il est à prévoir que les instituts de sondage s’empresseront de ne pas poser ces questions. Qu’importe: avec le lancement de deux initiatives populaires cet automne, les Suisses auront l’occasion de dire ce qu’ils pensent vraiment d’une politique de la santé dans laquelle ce sont les assurances qui dictent les lois, tandis que les politiciens se bornent à jouer les lobbyistes auprès des députés qui ne sont pas stipendiés par les caisses.

On verra, alors, si vraiment tout va bien dans le domaine de l’assurance-maladie.

Philippe Barraud
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27/08/2010

Foin de service civil, il faut réinventer l’armée suisse

Plutôt que de cajoler le service civil, qui ne sert à rien, les politiciens feraient mieux de donner enfin une mission claire à l’armée. Et de ne pas changer d’avis tous les six mois.

Le souhait de la Commission de la politique de sécurité de voir réintroduit l’examen de conscience pour ceux qui refusent le service militaire est une bonne chose. On peut prévoir néanmoins que cette proposition sera balayée aussi bien par le Conseil fédéral que par les Chambres, tant l’esprit de démission et un pacifisme eurobéat étouffent nos institutions politiques.

Le fait même que les demandes de service civil aient quintuplé depuis la suppression de l’examen de conscience, montre bien que les jeunes ont parfaitement identifié ce qu’est réellement le service civil: un moyen agréable de se tirer des flûtes, avec des horaires de bureau plutôt tranquilles, et la possibilité de dormir à la maison. Que demander de plus?

Il n’est pas de jour que nos grands quotidiens (voyez 24 Heures) ne nous chantent les merveilles du service civil, tellement moderne, tellement au service de la société, et où l’on apprend à se dévouer plutôt qu’à tuer… Discours démagogique banal, discours irresponsable, discours de journaliste qui ne connaît rien à l’Histoire. Savez-vous que l’un des principaux responsables de la terrible défaite de la France, en 1940, c’est le pacifisme forcené qui a gangrené ce pays durant toutes les années 30?

Le débat, en Suisse, est mal posé. Il ne s’agit pas d’imposer une corvée systématique à tous les jeunes en faveur de la société, sous les drapeaux ou en civil. Le service militaire existe parce que la Suisse, comme n’importe quel pays soucieux de la sécurité de sa population, a besoin de soldats pour assurer sa défense. Où est-il écrit, dans quelle constitution, que les jeunes citoyens doivent accomplir «quelque chose» au service de leur pays, hors de la défense militaire? Nulle part, et c’est très bien ainsi. Déjà, on ne sait pas quoi inventer pour occuper tous ces civilistes; que ferait-on s’il fallait encore incorporer les jeunes femmes dans ces bataillons de corvée? Combien d’emplois prendraient-ils ainsi aux salariés ordinaires?

Ce n’est pourtant pas aux jeunes qui choisissent la voie de la facilité qu’il faut jeter la pierre: après tout, à cet âge-là, c’est une tendance plutôt naturelle. C’est au monde politique qu’il faut demander des comptes, c’est à lui qu’il faut frotter les oreilles, pour lui dire d’arrêter de détruire ce qui reste de la défense nationale.

C’est une constante de l’Histoire: entre les guerres, les politiciens ne pensent pas à la guerre, c’est une chose définitivement révolue. Il n’en va pas autrement ici et maintenant. Les rares politiciens qui ne cèdent pas au délire pacifiste, ou à la volonté de confier notre défense à des pays voisins, se taisent, comme s’il était honteux de vouloir maintenir une capacité de défense autonome crédible.

L’affaire est extrêmement grave parce que, au plus haut niveau de l’Etat, on n’a pas la moindre conception stratégique à long terme. De peur de ne pas faire tout juste, on ne fait rien. En tant que gouvernement, le Conseil fédéral préfère l’absence de conception à une conception qui pourrait être contestée, et qu’il faudrait défendre. C’est une erreur historique. Un vrai gouvernement préconiserait une défense nationale crédible, plutôt que le néant actuel, et s’y tiendrait, osant affronter les critiques et les piaillements des Jo Lang et autres pacifistes psychorigides du GsSA, qui ont bien compris que le gouvernement est faible et les médias, à leur botte.

Dans ce collège sans idées, qui passe beaucoup de temps à décider comment s’y prendre pour ne rien décider, le chef du département de la défense ne dépare pas. M. Ueli Maurer s’ennuie manifestement dans sa fonction, et fait semblant d’être mis sous tutelle par ses collègues, ce qui le dispense de résister aux coupes budgétaires, et de défendre l’armée. Pendant ce temps, les militaires se taisent et, mis à part le babil médiatique stratosphérique de quelques officiers de cour, leur silence est vraiment assourdissant.

Or le peuple suisse, on vous le garantit, apprécierait que l’un ou l’autre de nos généraux tape du poing sur la table, osant, courage inouï, braver les terribles dames de nos conseils qui ne manqueraient pas de réclamer des sanctions exemplaires. Qu’importe! L’important n’est pas de complaire à Mmes Savary, Roth-Bernaconi et consort: l’important est de développer et de maintenir une véritable stratégie de défense nationale, axée sur la protection du territoire puisque, à très long terme, cela reste l’exigence la plus fondamentale, quoi qu’on en pense.

Il faut absolument redonner à l’armée une mission de défense claire, et lui donner les moyens de la réaliser, en évitant de changer d’avis tous les six mois, en cessant de dire que la Suisse (pays le plus riche du monde) n’a pas les moyens de sa défense, argument honteux s’il en est.

Le meilleur remède à l’hémorragie des jeunes vers le service civil, c’est une armée forte et crédible, qui n’a pas honte d’exister mais ose se montrer, une armée qui croit en sa mission, une armée où les jeunes auraient alors envie de s’engager, car ils en sont capables. En revanche, une armée que les politiciens méprisent en la confinant à des tâches subalternes de voirie ou de police à l’étranger, ne fait de toute évidence pas envie à des jeunes férus de technologie et d’action. Mais qui initiera cette véritable révolution mentale? Le prochain Conseil fédéral? Hélas, on ne voit personne. Strictement personne.

Philippe Barraud
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17:05 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

23/08/2010

Affaire Hainard: l’échec d’un homme lâché de tous

Donc, Frédéric Hainard est tombé. Triste épilogue d’une triste affaire, dont personne ne sort grandi, mais où beaucoup de questions restent ouvertes.

Cette démission n’est pas une victoire du système démocratique. Au contraire. Elle montre que face à l’acharnement systématique de ses adversaires et des médias, un homme politique est désarmé et, à terme, condamné. Cela, ce n’est pas très démocratique.

Frédéric Hainard a été la victime tout à la fois de la curée médiatique orchestrée par Le Matin; de complots ourdis par des fonctionnaires soucieux de préserver leurs baronnies abusives; de l’instrumentalisation de ses maladresses par des avocats intéressés à défendre leurs clients; enfin, cerise sur ce gâteau au beurre rance, de l’absence crasse de solidarité de la part de ses collègues du Conseil d’Etat, et de l’absence crasse de soutien de la part de son parti.

Ah! Ce festival de défaussements, de lâchetés suaves, de prudences jésuitiques! Alors qu’on nous rebat les oreilles des vertus de la collégialité, le collège gouvernemental neuchâtelois s’est signalé par sa veulerie, sa petitesse, voire son plaisir de voir un collègue remuant s’enfoncer. Quant à son parti – dont on se demande s’il existe encore – il s’est lui aussi copieusement lavé les mains de ses responsabilités, et a promptement laissé tomber celui qu’il a pourtant voulu porter au gouvernement. Qu’il perde son siège au Conseil d’Etat serait une sanction largement méritée.

Cette affaire et son épilogue provisoire – reste à connaître rapport de la commission d’enquête parlementaire – laisse un goût amer. Elle laisse aussi ouverte une question qui, apparemment, n’intéresse personne, même pas Le Matin: comment se fait-il que, alors même que des événements comparables se passent au gouvernement vaudois, personne n’y retrouve à redire? On l’a dit: cela n’intéresse personne…

Philippe Barraud
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07:47 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

17/08/2010

Retour du loup: Couchepin montre la voie

L’intervention de Pascal Couchepin, lundi soir à Forum sur La Première, pourrait bien marquer un tournant dans la gestion du retour du prédateur dans les Alpes.

A vrai dire, on ne s’attendait pas à une expression aussi libre et, disons, «avancée», de la part de l’ancien conseiller fédéral, qui portait ainsi, indirectement, un regard poliment critique sur l’action du gouvernement valaisan.

Qu’a dit Pascal Couchepin? Voici la citation exacte: «Je suis convaincu qu’avec le temps, le loup reviendra, qu’on ne peut pas continuer à tuer ces bêtes. Il faut trouver une solution avec les partenaires (les bergers, les cantons). D’année en année, il y a plus de loups qui reviennent. Il semble inévitable que le loup réoccupe une partie des Alpes, et on ne pourra pas avoir une politique dans les cantons de Vaud et de Fribourg, différente de celle qui est pratiquée dans le canton du Valais. Pour l’instant, on abat le loup lorsqu’il fait trop de dégâts, mais ce n’est pas une solution à long terme.»

Rien de provocateur, mais juste un discours de bon sens, froid et sans passions. Qu’on est loin de ces déclarations de guerre enfiévrées à l’animal, de ces accusations de «réintroduction» clandestines de loups par des écologistes pervers, de ces exagérations sur l’impact des prédateurs sur l’économie pastorale, de cette mythologie du bon berger éploré!

Dans le désastre silencieux de la disparition de la biodiversité, en particulier en Suisse, le retour naturel et obstiné d’une espèce exterminée – comme tant d’autres – par nos ancêtres, est un signe encourageant et rare. Mais il faut garder la tête froide pour en mesurer l’impact, plutôt que de tomber dans des guerres de religions. Sur le plan économique, les choses sont claires: chaque année en Suisse, les prédateurs (chiens compris!) prélèvent environ 200 ovins. Les accidents de montagne, eux, causent la mort de 10′000 ovins en moyenne. Qui réclame des mesures urgentes pour limiter les accidents de moutons dans les ravins? Personne. C’est un risque économique que prennent et assument les éleveurs. C’est ce qui explique que le marcheur en montagne rencontre des moutons dans des endroits invraisemblables, à des altitudes aberrantes, des moutons qui n’ont plus vu un éleveur depuis longtemps, et qui errent selon leur bon vouloir, ou l’herbe disponible.

On voit donc que le loup, objectivement, ne dérange personne, puisque les dégâts qu’il occasionne sont statistiquement dérisoires, et de surcroît peuvent être largement limités par des mesures de précaution éprouvées. Le Valais est à juste titre fier de sa faune, il ne devrait pas a priori s’étouffer de la voir s’enrichir d’un magnifique prédateur – fût-ce à l’éventuel détriment des chasseurs, pléthoriques par ailleurs.

Le constat de Pascal Couchepin signale une évolution psychologique remarquable, que l’on a pu mesurer d’ailleurs ces derniers jours dans la communication du conseiller d’Etat Jacques Melly: loin des rodomontades infantiles de son prédécesseur, il a montré l’embarras que lui causait ce dossier, et aussi la volonté de trouver des solutions plus appropriées que le tir – aveu d’échec s’il en est.

Cela prendra du temps, puisqu’il y a beaucoup de chèvres et de choux à ménager dans le Vieux Pays. L’exemple des cantons voisins est là pour aider. Vaudois, Bernois, Fribourgeois gardent leur calme, et manifestent une philosophie d’ouverture et d’humilité face à un phénomène naturel tout à fait remarquable dans notre monde mécanisé et bétonné. C’est l’irruption du sauvage là où on ne l’attendait plus, qui vient à propos nous rappeler que les autres espèces ont aussi droit à leur espace vital. Le loup n’est pas policé, le loup n’est pas bien élevé, le loup est opportuniste, c’est vrai: et c’est bien ce qui fait de lui notre double ancestral, ressorti de la profondeur du temps et des forêts. Et ça, c’est vraiment très beau.

Philippe Barraud
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12:00 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

09/08/2010

Crier au loup, ou attraper les voleurs ?

En matière de sécurité publique, les messages de prévention finissent par alimenter le sentiment d’insécurité. Si on attrapait les voleurs, au lieu de crier au loup?

La lecture des faits divers, même petits, est révélatrice de l’évolution d’une société. Ou plus exactement, c’est la réponse que la société donne à ces événements qui est révélatrice.

Les faits divers, c’est souvent ce que l’on appelle, à tort, de la «petite délinquance». Car tout est question de point de vue: c’est vrai sans doute pour les statisticiens, mais certainement pas pour les victimes. A témoin, cette retraitée lausannoise, toujours traumatisée plusieurs semaines après le braquage dont elle a été victime, devant sa maison, par un étranger qui en voulait à sa voiture (24 Heures du 4 août).

On sait que les atteintes aux biens se multiplient: il y a peu encore, on pouvait laisser sa voiture dans la rue sans la verrouiller, le risque de se faire voler était modéré. Aujourd’hui, on casse les vitres des voitures à Lausanne ou à Genève de la même manière qu’à Lyon ou à Marseille; on se fait voler ses effets dans le train ou dans les gares, car les pickpockets pullulent; les mendiants roms se multiplient, en attendant la déferlante que provoquera, dans deux ans, l’accession de la Roumanie et de la Bulgarie à la libre circulation.

Le constat est là, mais on ne sait pas qu’en faire. La retraitée mentionnée plus haut a rapporté que la police lui aurait dit que «après le drame de l’A1, ils ne poursuivaient plus les voitures volées».

Ce n’est probablement pas la vérité, mais cette réponse est emblématique d’un réel malaise. Face à une opinion publique qui ressent avec émotion et crainte la montée de la criminalité, la police se sent bien seule pour répondre à ces peurs, et surtout peu soutenue. Elle souffre manifestement d’un vrai problème de motivation, voire d’une crise de conscience. D’un côté, on voudrait qu’elle soit partout, disponible et efficace; d’un autre côté, on ne cesse de lui taper dessus, de traquer la moindre bavure, de la placer sous la surveillance soupçonneuse de délateurs à téléphone portable et d’avocats spécialisés. La moindre intervention est disséquée à la une des médias, les «victimes», réelles ou non, étalent leur témoignage sans vérification ni contradiction, les avocats distillent impunément les fuites qui les arrangent dans la presse. Quant à la justice, elle se mure derrière le secret de l’enquête. Résultat: la police a tout faux!

C’est une situation dangereuse car, se sachant dans le collimateur, les forces de l’ordre sont tentées de faire profil bas, et d’intervenir à la retirette («On ne poursuit plus les voitures volées»). Et comme le milieu politique, qui devrait les défendre et les motiver, préfère étaler ses divisions et ses divergences idéologiques, elles sont abandonnées à elles-mêmes, à leurs rancœurs, à une déprime malsaine.

Au niveau politique, l’alternative est simple: ou bien on empoigne vraiment le problème, à tous les étages, des communes à la Confédération; ou bien on considère que la dégradation de la sécurité publique est une fatalité, comme la neige en hiver, et on ne fait rien, ou de la prévention, ce qui revient au même et ne coûte pas cher. Par exemple, la police lausannoise multiplie les campagnes de sensibilisation («Videz votre voiture avant qu’on ne vous la vide»); les CFF diffusent des messages dans les wagons pour mettre en garde contre les pickpockets dans les trains et dans les gares.

Le citoyen-contribuable, lui, qui a quelque bon sens, se dit qu’au lieu de culpabiliser et d’inquiéter les gens, on ferait mieux d’arrêter les pickpockets et les voleurs de voitures. Il n’est pas très rassurant d’être à journée faite confronté à des mises en garde contre la criminalité; on peut même voir dans cette prévention obsédante une des causes du sentiment d’insécurité. Ce n’est pas en criant au loup qu’on rassurera la population, mais en révisant les lois qui doivent l’être, et en donnant à la police les moyens de sa tâche, y compris les moyens psychologiques dont elle a besoin, à savoir la confiance et le soutien affiché des responsables politiques.

Dans ce contexte, et puisque la balle est – comme toujours – dans le camp de la politique, il faut se demander, et si possible avant que toute la misère de l’Europe de l’Est ne déferle dans nos cantons, si la libre-circulation des personnes est vraiment un bénéfice pour notre pays, ou s’il serait judicieux de réintroduire un minimum de contrôle aux frontières. Après tout, des pays très civilisés, comme les Etats-Unis, exercent un contrôle strict des entrées. Il n’y a ni honte ni mal à protéger sa population.

Philippe Barraud
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07:35 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

26/07/2010

Et revoilà le débat européen!

Faut-il que le creux de l’été soit creux, pour qu’on nous ressorte un poussif débat européen, à l’image d’une vieille radio fatiguée qui recycle ses émissions du printemps…

Il y a quelques jours, La Première nous a offert un accrochage courtois mais ferme entre Doris Leuthard, présidente de la Confédération, et un journaliste de la chaîne. Récitant le chapelet pro-adhésion obligatoire dans tous les médias, ce dernier ne cessait de ressasser le refrain selon lequel «les bilatérales sont à bout de souffle», «l’Europe est fatiguée de la Suisse», et qu’il fallait donc «passer à autre chose, par exemple, l’adhésion».  Mme Leuthard eut beau lui répliquer fermement qu’il était bien le seul à penser cela («Ce n’est pas l’avis du Conseil fédéral, ce n’est pas l’avis de la Commission européenne»), il n’en démordit pas. Dame, on ne change pas ainsi de religion!

Ce dialogue acidulé est à l’image du débat européen que bon nombre de politiciens, en mal de propositions novatrices, tentent maladroitement de raviver. Certes ils disposent d’un avantage massif, sous la forme de l’appui compact et systématique des médias, qui n’hésitent pas à utiliser les ficelles les plus grossières, voire les plus mensongères. Par exemple, venir affirmer que la Suisse est «humiliée» lorsqu’elle reprend le droit européen à la carte, alors qu’il serait «digne» de se le voir imposer sans possibilités de recours, est assez fort de café. En effet, vouloir faire croire aux Suisses qu’après une adhésion, sous une forme ou sous une autre, la Suisse aurait son mot à dire dans l’élaboration du droit européen, est une vaste plaisanterie. Elle serait la vingt-septième roue du char, loin derrière les décideurs de la France-Allemagne, et ne pèserait d’aucun poids. Par contre, on ne la raterait pas comme contributeur massif au financement de l’usine à gaz.

Les fanatiques de l’adhésion prennent en réalité un risque considérable à relancer ce débat à quelques mois des élections fédérales. D’abord parce que d’ici là, rien ne peut être formellement relancé, et encore moins décidé. Quelle que soit l’agitation ambiante, le Conseil fédéral ne prendra, sagement, aucune initiative dans un contexte préélectoral. Donc, on n’assistera, au mieux, qu’à un grand brassage de vent, parfaitement stérile. C’est d’autant plus vrai que le courant adhésionniste, dans la population, est en berne. Même les jeunes sont hostiles à une telle démarche. On comprend nos concitoyens: l’Europe va mal, la Suisse va bien, pourquoi donc devrait-elle se saigner aux quatre veines, et sacrifier ce qui fait sa spécificité et sa prospérité?

Quel paradoxe, tout de même! Dans l’Union européenne, une bonne partie de la population nous envie – il suffit d’écouter, non pas les politiciens, mais les citoyens des pays de l’UE: parfois, on se surprend à penser qu’ils exagèrent, quand même! Mais rien n’y fait: en Suisse, la coterie politico-médiatique continue à rêver une UE qui n’existe pas, s’estime meurtrie de ne pas avoir un passeport européen, s’indigne de ne pas pouvoir infliger à notre population une TVA à 20%, et un droit européen aussi monumental que tatillon – raison pour laquelle il n’est pas vraiment appliqué: la statistique des directives restées lettres mortes dans certains pays, comme l’Italie, est monumentale.

De toute façon, il est objectivement clair que les Suisses ne sont pas prêts à liquider leurs droits populaires, et la démocratie directe. C’est un obstacle massif et incontournable, sur lequel viendront encore longtemps se fracasser les rêves de carrière européenne de nos politiciens aux dents longues.

Philippe Barraud
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14/06/2010

Le temps des couleuvres est terminé. Place aux rétorsions contre la Libye

Les Suisses n’ont pas fini de mesurer l’ampleur de la victoire du clan Kadhafi, et par conséquent l’ampleur de leur déshonneur. Les rançonneurs de Tripoli vont maintenant beaucoup s’amuser du spectacle des règlements de compte, indispensables hélas, entre autorités suisses.

La libération du dernier otage suisse en Libye est un soulagement, mais suscite dans le même temps une immense frustration. C’est la victoire de l’arrogance sur l’Etat de droit, le triomphe des méthodes de gangsters, face à des politiciens qui se cramponnent à des principes diplomatiques qu’ils sont les seuls à respecter.

Une fois de plus, la Suisse s’est couchée devant plus brutal qu’elle. Une fois de plus, la Libye arrive à ses fins crapuleuses, en prenant des otages (souvenons-nous du sort effroyables des infirmières bulgares), puis en les libérant contre des rançons colossales – soyez assurés que nous ne connaîtrons jamais les vrais chiffres. S’il se vérifie que l’Etat de Genève a bien versé une rançon de deux millions de francs à Hannibal Kadhafi, alors ce serait une faute politique majeure. D’abord, que l’on sache, aucun tribunal n’a attribué une quelconque indemnité au fils du tyran; ensuite, ce serait reconnaître de facto une culpabilité complète des autorités genevoises dans cette affaire !

Et comme si la couleuvre n’était pas assez grosse, il faut encore avaler cet absurde tribunal arbitral en Allemagne où, n’en doutons pas, on mettra en scène le procès de la Suisse, bien entendu condamnée d’avance. Il ne serait pas surprenant que les Libyens aient dicté, dans une clause secrète du document présenté par Micheline Calmy-Rey, le verdict du tribunal.

Mais le temps des couleuvres et terminé. Les otages sont de retour en Suisse, il est temps de reconquérir notre honneur perdu. Et cela passe par un inévitable règlement de comptes, en Suisse et entre autorités suisses. Il faudra en passer par une grande lessive, aussi bien pour savoir exactement pourquoi nos autorités ont systématiquement fait tout faux, que pour pouvoir un jour tirer un trait sur cette affaire, grotesque de bout en bout. Pour une fois, la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire serait totalement justifiée.

Sur le plan extérieur, le Conseil fédéral doit s’empresser d’enterrer l’accord signé à Tripoli, ou à tout le moins traîner les pieds, et empêcher la mise en place d’un tribunal d’opérette, inventé pour plaire à Kadhafi et humilier, une fois de plus, la Suisse. Bien sûr, on doit respecter ses engagements. Mais lorsque ceux-ci sont arrachés sous la contrainte, avec des otages à la clé, ils n’ont aucune valeur. La Suisse doit donc se sentir libre, et nullement engagée par ce traité.

On nous dira que les milieux d’affaires s’impatientent, que la Libye est un marché juteux. Nous répondons que les coûts politiques de l’accès à ce marché sont beaucoup trop élevés. Chaque entreprise qui investit dans ce pays et y envoie des délégués, fait courir à la Suisse le risque évident de nouvelles prises d’otages. Or, la Suisse à montré qu’elle était incapable de faire face à ce genre de banditisme d’Etat. Par conséquent, les exigences des milieux d’affaires sont excessives. Moins il y aura d’argent suisse en Libye, mieux la Suisse s’en portera.

Dans cette crise, on à souvent reproché aux acteurs suisses de n’avoir pas pris la mesure du sens de l’honneur des Libyens. Désormais, il est temps que les Libyens apprennent que les Suisses aussi, ont le sens de l’honneur, et qu’on ne peut pas impunément le fouler aux pieds. La Suisse, aujourd’hui, non seulement peut, mais doit, prendre des mesures de rétorsion face à la Libye et à ses intérêts en Suisse.

Philippe Barraud
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08:23 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

07/06/2010

Pétain sous la Coupole

Peut-on monnayer politiquement un acte déshonorant? C’est la pantalonnade à laquelle on a assisté sous la coupole fédérale: livrons des gens piégés par leur banque au fisc américain, mais en échange, donnez-nous une taxe sur les bonus. Quelle ignominie!

Le seul débat digne, dans cette affaire, eût été de s’interroger sur ses dimensions éthiques et morales: a-t-on le droit, en tant qu’Etat souverain, de livrer des personnes jouissant de la présomption d’innocence, à une administration quasi totalitaire telle que l’IRS, l’agence responsable du fisc aux Etats-Unis? Et cela, sachant que des citoyens suisses sont concernés?

Le côté abstrait de la question – ce ne sont pas des réfugiés à la frontière – masque malheureusement ces questions essentielles. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne règle pas une question morale en demandant une compensation pour son déshonneur, ni en brandissant des risques de représailles. Dans le premier cas, c’est de la prostitution (l’histoire du plat de lentilles), dans le second, c’est une capitulation devant les pressions.

Hélas la Suisse, ces derniers temps, est devenue experte en écrasement face aux menaces extérieures, qu’il s’agisse du psychopathe de Tripoli, des dirigeants aux abois de l’Union européenne, ou des Vopos de l’IRS. Il est à craindre que cette fois encore, elle pliera, se vautrera dans le déshonneur – qu’importe, pourvu qu’on sauve nos contrats! Et pas question que le peuple ait l’opportunité de sauver l’honneur: on fera tout pour empêcher un référendum.

En réalité, nous nageons en plein pétainisme, qu’on pare des oripeaux un peu moins dégueulasses du pragmatisme. Mais le fait est là: nous cédons, nous plions toujours sur les questions moralement essentielles, et livrerons ainsi à l’IRS, sans recours possible, 4′500 individus dont le seul tort est d’avoir fait confiance à nos institutions. Oui, nos institutions: il est trop facile de se défausser sur l’UBS, qui trahit ses clients pour sauver sa peau. Le secret bancaire est bel et bien une responsabilité politique, preuve en soit le fait que c’est le gouvernement et le parlement qui le torpillent  aujourd’hui en toute bonne conscience, de peur de se faire taper dessus. Quelle honte!

Philippe Barraud
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25/05/2010

Bons sentiments et gros sabots

Dans Le Matin, un célèbre hôtelier valaisan, Art Furrer, raconte comment il a été choqué de voir des enfants porter les bagages de son groupe d’alpinistes vers le Daulaghiri, au Népal. C’est juste pour gagner leur vie, Monsieur!

Les étonnements du Valaisan sont étonnants: toute personne ayant fait des randonnées au long cours en Asie a vu des porteurs mal équipés, parfois frêles, parfois très jeunes, parfois âgés: en Inde, en Malaisie, au Népal ou au Pakistan, le portage est un métier à part entière, un source de revenu indispensable pour une partie de la population, qui n’a pas d’autre activité économique à sa disposition. Dans certaines régions du Népal, c’est même le monopole d’une ethnie, les Tamang, qui se font une fierté de l’accomplir sans broncher, des charges énormes sur le front, de père en fils et en fille, de la même manière que l’ethnie Sherpa pratique le métier de guide – sans jamais faire de portage. Ce métier ne n’exerce pas que pour les touristes, puisque les humains et les yaks constituent le seul moyen de transport dans des vallées dépourvues d’infrastructures routières, et où l’hélicoptère coûte bien trop cher.

Il est incontestable que pour le visiteur occidental, la vision de porteurs à peine plus lourds que la charge qu’ils ont sur la tête ou les épaules est pénible. Enfants ou vieilles femmes, chaussés de tongs même dans la neige, vêtus de haillons, ils portent des paquets informes et passent la nuit entre deux cailloux dans un froid glacial, tandis que les touristes sont bien au chaud dans leurs tentes.

Au début on a honte, on s’insurge, on voudrait «faire quelque chose». Mais avec l’expérience, on se dit qu’il faut d’abord essayer de voir où on met les pieds, et se demander si notre intervention de nanti, ponctuelle et vite oubliée, fera autre chose que des dégâts. C’est une expérience personnelle qui m’a amené à cette prudence. Lors d’un trek dans la Vallée de Khumbu, nous avions parmi nos porteurs un jeune garçon qui effectuait sa première expédition – et il n’était pas peu fier de pouvoir enfin faire comme son père, ses frères et ses sœurs. L’ambiance parmi les porteurs était très enjouée malgré la dureté de la tâche, le froid mordant et l’altitude (plus de 5′000 mètres).

Ce garçon avait développé une sérieuse infection sur un pied, purulente et pestilentielle, qui le faisait beaucoup souffrir. Estimant qu’il était inhumain de le laisser continuer, nous avons demandé au sirdar, le chef local de l’expédition (un Sherpa), de renvoyer le jeune Tamang dans son village. La réaction fut unanime: tant le gosse, ulcéré par notre proposition, que le sirdar et notre guide français, répondirent catégoriquement non: s’il retourne au village, il ne portera plus jamais, plus personne ne voudra l’engager, il sera la honte de sa famille et subira l’opprobre général.

Au temps pour nous! Nous n’avons donc pas insisté, avons soigné avec succès son pied à coup de pommade antibiotique, et lui avons donné des souliers de montagne. Il ne les a jamais portés, soucieux de les garder en bon état pour les revendre à son retour au village: les cadeaux des touristes offrent un bon moyen de gagner un peu d’argent.

La leçon à tirer de ce genre d’épisode est une leçon d’humilité, une sorte de mode d’emploi élémentaire pour l’usage du monde. Nous débarquons, bardés de nos certitudes, de nos conventions onusiennes et du statut quasi divin de nos propres enfants, dans des sociétés dont nous ignorons tout, des sociétés pauvres mais très complexes et fortement hiérarchisées, où chacun doit jouer son rôle, où la survie économique de la communauté dépend du travail de tous les individus qui la forment, enfants, adultes et vieillards. Oui, dans de nombreux endroits du monde, les enfants doivent travailler – tout comme les enfants devaient travailler dans nos sociétés il n’y a même pas cent ans, dans les usines, dans les mines, dans l’agriculture.

En voulant imposer dans les pays pauvres de grands principes qui ne fonctionnent que dans des sociétés prospères, sans offrir les moyens d’en assurer l’application, nous nous comportons de manière littéralement coloniale: ignorance crasse des rouages et des complexités de l’organisation sociale (redoutable en Asie!), mépris des usages indigènes, mépris de la culture locale, ignorance de l’économie et des besoins des gens… Si nous voulons vraiment empêcher le travail des enfants, alors il faut construire et financer des écoles, mais surtout, à plus long terme, leur assurer un emploi, dans des vallées où il n’y jusqu’ici qu’une seule industrie qui marche: le portage à dos d’homme.

Au nom de nos bons sentiments, nous pensons avoir le droit d’écraser des sociétés en situation précaire avec nos gros sabots, ou plutôt nos gros souliers de montagne. Je me demande si, parfois, ce n’est pas nous qui devrions avoir honte, de si peu nous intéresser à la complexité des régions que nous visitons.

Philippe Barraud
www.commentaires.com

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10/05/2010

Quand les médias indisposent leur public

Rarement les médias auront été à ce point en porte-à-faux par rapport à l’opinion publique – leur principale cliente! Dans l’affaire du gendarme qui a tué un jeune voyou lyonnais, les médias s’avèrent complètement isolés dans leur lecture de l’événement. A tel point qu’ils font désormais de subtils virages à 180 degrés.

Dans la veine tout-émotionnelle qui est aujourd’hui l’alpha et l’oméga de la presse, nos journaux et notre télévision y sont allés de leurs reportages larmoyants dans la banlieue lyonnaise, pour se faire complaisamment mener en bateau par la famille et les potes de la victime (et crever les pneus de leur voiture, pour ce qui est des reporters de 24 Heures). En revanche, personne ne s’est préoccupé de l’état d’esprit du gendarme, de son vécu de l’événement, de ce qu’endurent sa propre famille et ses collègues. Non, on a préféré l’accabler, le traiter d’assassin, lui promettre déjà une accusation de meurtre par dol éventuel, soit quasiment d’assassinat délibéré! Est-il encore utile de confier une arme à un policier, s’il ne peut plus l’utiliser sans risque 25 ans de prison?

La réaction ne s’est pas faite attendre. Cette attitude inadmissible des médias, qui ont pris d’emblée fait et cause pour les délinquants et leurs avocats, en toute méconnaissance de cause (bonjour l’investigation), a été sanctionnée par une grêle de courrier unanime dans les journaux, déclenchée par des lecteurs très fâchés de ces dérapages, et de cette apologie des voyous représentés en innocentes victimes. Il reste que le premier réflexe des médias a été significatif: la police était forcément dans son tort, étant du côté de l’Etat et de la force publique, donc les voyous étaient des victimes. CQFD.

Cette approche était tellement grossière qu’elle a alarmé jusque dans les hautes sphères médiatiques. Ainsi, on a pu lire dans L’Hebdo, sous la plume de Jacques Pilet soi-même, qu’il ne fallait tout de même pas exagérer, et que le gendarme avait fait son boulot: «Le geste fatal a-t-il été «disproportionné» ? Le policier qui, dans le tunnel, vit arriver sur lui le bolide n’avait sûrement pas le recul et la sagesse du juriste qui examine les faits après coup. Aurait-il dû longuement peser le pour et le contre avant de sortir son arme, songer à toutes les circonstances atténuantes que pourrait invoquer le voyou ? On est là en plein délire humaniste.»

De son côté, 24 Heures a publié le 5 mai (trois semaines après les faits, tout de même) un article nettement moins complaisant à propos des voleurs de voitures en cause, qui étaient bel et bien des récidivistes, et depuis leur plus jeune âge.

On comprend bien la nécessité de ce début d’aggiornamento des médias: leurs clients supportent de plus en plus mal de ne pas se retrouver dans leurs journaux, leurs magazines et leur radio-télévision. Plus que jamais, l’omniprésence des idées de gauche dans ces médias, distillée sur un ton péremptoire par de jeunes journalistes sans expérience de la vie et du monde, insupporte le consommateur-payeur. Entre parenthèses, si les journalistes expérimentés ne devenaient pas tous chefs, on les entendrait et on les lirait plus souvent.

Le consommateur-payeur est devenu un acteur économique très important, à l’heure où les recettes publicitaires ont fondu, à l’heure où les gens vont s’informer sur le net, plutôt que de subir un catéchisme payant. A ce titre, la prétention de la SSR d’obtenir des recettes supplémentaires est totalement irrecevable, et le chantage misérable auquel s’est livré M. Walpen n’a fait que rendre impossible toute idée d’augmenter la redevance.

Il faut espérer que les consommateurs de médias continuent à se manifester, et que les éditeurs prennent rapidement la mesure du problème d’équilibre qui est le leur, sauf à perdre leurs dernières recettes.

Philippe Barraud
www.commentaires.com

09:16 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer