15/04/2009

Passeport biométrique: où est le problème ?

S’il faut faire une crise de paranoïa aujourd’hui, ce n’est pas contre notre banal passeport biométrique, mais contre notre fichage constant tel qu’il a lieu sur internet, un fichage dont les données sont à la fois invérifiables et ineffaçables. Et ça, c’est vraiment grave.

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04/04/2009

G 20: soyons malhonnêtes, comme les grands!

La Suisse et d’autres «petits» sur une liste grise de l’OCDE, des grands qui obtiennent le droit de ne pas se soumettre aux règles: l’hypocrisie du G 20 a été à la hauteur des attentes.

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30/03/2009

Bergauf, Bergab

Ce beau documentaire est non seulement le film suisse le plus populaire de 2008, c’est surtout ce qu’on peut voir de plus roboratif sur nos écrans – un hymne tout simple mais convaincant à des valeurs pérennes.

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25/03/2009

Et si la Suisse osait le repli ?

… et c’est reparti: les attaques que subit notre pays ont redonné de l’énergie aux europhiles, qui remettent la question de l’adhésion à l’UE sur la table. Disons-le tout net, c’est bien le pire moment pour entrer en négociations. Si on examinait plutôt l’opportunité d’un repli stratégique intelligent?

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15:21 Publié dans Politique | Tags : repli, ue | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

23/03/2009

Une nouvelle roquette contre les médecins

Comme par hasard, à la veille de la grève des médecins, M. Couchepin laisse entendre qu’il pourrait diminuer la rétribution des spécialistes pour améliorer le revenu des généralistes. Diviser pour régner est une vieille tactique éprouvée, mais la ficelle est un peu grosse.

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17/03/2009

L'Europe, nouveau Pacte de Varsovie

Prague, août 1968, vous vous souvenez? C’était l’histoire d’un petit pays qui croyait pouvoir vivre sa vie selon ses propres règles. Il fut proprement écrasé par la coalition connue sous le nom de Pacte de Varsovie.

Pourquoi ce rappel? Parce que les événements récents, en matière de secret bancaire, nous y invitent tout naturellement. Oh ! Certes, il n’y a pas de chars T-55 sur la Bahnhofstrasse, mais l’ambiance est assez proche, et les mauvaises habitudes des grandes puissances, toujours les mêmes: pressions, chantage, menaces, agents d’influence et idiots utiles… tout est bon pour casser la résistance de ceux qui ne veulent pas danser sur la musique de Bruxelles. C’est extraordinairement inquiétant, car cela montre que l’UE peut obtenir tout ce qu’elle veut en un temps record, sans aucune considération pour la souveraineté des Etats tiers. A qui le tour, et sur quel sujet cette fois?

La Suisse a donc plié, comme les autres, et on ne sait même pas s’il faut en critiquer le Conseil fédéral, tant la marge de manœuvre était étroite, tant l’esprit de résistance est annihilé dans ce pays. Alors on a fait ce qu’il fallait pour sauver les meubles (ce qui n’est pas sûr du tout), mais on aurait pu au moins manifester un minimum de fierté et de colère face aux exigences de l’oppresseur, et mettre en avant quelques moyens de pression que nous avons. Par exemple, les Etats qui nous entourent sont bien heureux que des centaines de milliers de frontaliers puissent venir chaque jour gagner des impôts chez nous, plutôt que de timbrer au chômage chez eux. En cette période de crise, nous pourrions décider de faire comme les Italiens et les Français, c’est-à-dire pratiquer la préférence nationale.

Les banquiers parviendront-ils à conserver les centaines de milliards qui leur ont été confiés par des étrangers, et donc les milliers d’emplois qui vont avec? Rien n’est moins sûr. Dans cette affaire à hauts risques, la Suisse joue rien de moins que sa prospérité.

Certains s’en réjouissent ouvertement, antipatriotes adeptes de la politique du pire, dans l’espoir qu’une Suisse éreintée et à genoux finira enfin par quémander son adhésion à l’Union européenne, honteuse, repentante, et disant merci pour la punition. Cette Suisse-là n’est pas la nôtre.

Philippe Barraud
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09/03/2009

Un “Pétain de plâtre” pour Christian Levrat

Commentaires.com propose la création d’un prix annuel de la faiblesse et de la collaboration, qu’on pourrait appeler le «Pétain de plâtre». Le premier lauréat devrait être Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, qui le premier a demandé que la Suisse se couche devant les exigences hostiles des Etats-Unis, de la France et de l’Angleterre. Une remise du prix sur l’air de «Maréchal, nous voilà !», cela aurait de l’allure…

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11:54 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer

19/02/2009

Couchepin sacrifie les patients

 

A entendre les commentaires de la radio de service public, Pascal Couchepin est un chevalier blanc qui va enfin punir ces salauds de médecins qui s’en mettent plein les poches. En réalité, ce sont les patients – vous et moi – qui payeront cher sa dramatique absence de vision.

La baisse des tarifs des analyses de laboratoire va entraîner la disparition d’un grand nombre de ceux-ci chez les généralistes, ce qui va profondément modifier et la profession, et le vécu des patients. Le nez dans le guidon, notre ministre de la santé ne voit que les chiffres à court terme, incapable d’élever son regard sur une vision plus large de la politique de santé. En cela, il apparaît comme un super-fonctionnaire, sûrement pas comme un homme d’Etat.

Pourquoi? Parce qu’en se moquant des conséquences de sa décision au-delà d’une hypothétique économie, il se moque ouvertement du patient que nous sommes tous un jour ou l’autre. La relation entre un individu et son médecin de famille est complexe et se développe sur une longue durée. Sa richesse et son efficacité repose à la fois sur le long terme, et sur la confiance réciproque. On fait confiance à son généraliste parce qu’il nous connaît bien, et qu’il peut souvent poser, dans l’instant, un diagnostic étayé par des analyses. Ce n’est pas rien: l’angoisse du malade potentiel est bien réelle, et elle est très mal vécue lorsque l’incertitude se prolonge, dans l’attente des résultats des examens. C’est le premier pilier du bien-vivre du patient.

Le deuxième, c’est de pouvoir être examiné et soigné sans devoir se déplacer et perdre son temps. Or il faut bien se rendre à l’évidence: si le généraliste ne fait plus les analyses, le patient devra se déplacer à l’hôpital et poireauter une bonne partie de la journée, où il sera traité comme un «cas» anonyme par du personnel débordé. Enfin, il devra prendre rendez-vous avec son médecin pour connaître les résultats. Comment les hôpitaux vont-ils gérer des centaines de visites supplémentaires chaque jour, et à quel coût? A cette question, M. Couchepin ne répond pas.

Certes, le généraliste pourra aussi envoyer ses échantillons à un laboratoire industriel. Mais s’il se trouve, par exemple, à Zinal et que la laboratoire est à Sion, cela va représenter 86 kilomètres de voiture pour quelques millilitres de sang ou d’urine. Multipliez cela par plusieurs dizaines de milliers d’échantillons par jour, et vous aurez une belle augmentation des émissions de CO2, et un gaspillage énergétique insensé. Mais certes, le département de M. Couchepin ne s’occupe par d’environnement, il ne saurait donc inclure cet aspect du problème dans sa réflexion…

N’en déplaise à l’encombrant lobby de Santésuisse, qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays, l’argent n’est pas tout dans une politique de santé. Ce n’est même pas l’essentiel. L’essentiel, c’est la qualité des prestations, et le confort du patient. Et cela, seuls des généralistes bien formés et en nombre suffisant peuvent l’assurer à long terme. Ce n’est certainement pas dans un hôpital bondé que le patient trouvera l’empathie et le climat de confiance dont il a besoin.

Un ministre de la santé soucieux du bien-être des patients, plutôt que de celui des assureurs, mettrait le paquet pour encourager les jeunes médecins à choisir cette voie qui reste magnifique mais qui, à force d’être sabordée par l’Etat, va périr faute de vocations.

Philippe Barraud

www.commentaires.com

17/02/2009

Quand une mère se fait tabasser devant l'école

24 Heures nous apprend qu’une mère de famille de Vouvry a été tabassée par un ado, apparemment coutumier du fait, qui l’insultait en serbo-croate, sous les yeux de son fils terrorisé. Les témoins n’ont évidemment pas bougé, et les copains de l’agresseur se sont bien marrés. Sachant que cette racaille n’encourt qu’une admonestation du juge, étant mineur, on salue le courage de la victime, qui a retiré son enfant de l’école et a porté plainte, alors que le risque de représailles est très grand. On espère vivement que la police locale la fait protéger.

Et on aimerait bien savoir comment les beaux esprits qui refusent tout durcissement du Code pénal pour les mineurs - comme encore Mme Anne Bisang ce 17 février sur La Première - s’y prendraient pour amener à leurs admirables sentiments un ado hyperviolent et caractériel, probablement largué par des parents dépassés. Car on veut bien admettre que la répression ne résout pas tous les problèmes, mais enfin la réalité quotidienne - lisez les journaux - nous démontre que la pratique actuelle, tout imprégnée de bons sentiments et de fantasmes édéniques, est un échec complet. En particulier parce que les structures éducatives manquent, et parce que les éducateurs affectés à cette tâche connaissent des taux de succès assez modestes - voyez le jeune assassin de Clarens, toujours très fier de ses exploits malgré trois ans de “soins”.

La jeunesse mérite assurément beaucoup d’égards, mais elle a besoin aussi de rencontrer des limites, de voir face à elle des adultes qui savent dire non et, au besoin, punir. La jeunesse n’a pas la science infuse ni la sagesse spontanée, et si elle ne rencontre jamais que des ventres mous dans ses tentatives de trouver les limites, elle devra pousser toujours plus loin la provocation pour pouvoir se situer. On a malheureusement tendance à faire croire à la jeunesse qu’elle a tous les droits en raison même de ce qu’elle est, et elle finit par le croire. Un petit zèbre déclarait benoîtement l’autre jour à la radio qu’il faudrait donner le droit de vote dès 12 ans, et le retirer aux retraités!

Les égards que l’on doit à la jeunesse ne doivent pas primer sur ceux auxquels les autres citoyens ont tout naturellement droit aussi. C’est bien pourquoi, face à la radicalisation de la violence des jeunes et à la disparition des parents, il est nécessaire d’adapter le Code pénal à la situation actuelle. Mais parce que ce discours n’est - croit-on - pas populaire ni flatteur, les politiciens et les juristes se liguent pour que rien ne bouge, et verrouillent le processus législatif. C’est un choix, un choix veule car l’immobilisme est la plus médiocre façon de faire de la politique. Prenons-en acte, et encourageons ceux qui se lanceront dans la récolte de signatures pour que les mineurs criminels ne soient plus traités comme des bébés innocents.

Philippe Barraud

www.commentaires.com

17:23 Publié dans Politique | Tags : code pénal | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

12/02/2009

La chasse aux riches est ouverte

La surprenante votation zurichoise du 8 février contre les forfaits fiscaux a suscité des velléités identiques chez l’extrême-gauche rose et verte, et chez les socialistes. Qui ont tenté de porter le combat contre les riches étrangers à la fois au niveau fédéral, et dans certains cantons.

Si ce n’est pas du populisme épais, cela y ressemble beaucoup. Mais il semble que lorsqu’il émane de la gauche, le populisme soit tout à fait acceptable. Il n’empêche: on s’étonne d’une telle démagogie, et on s’étonne de voir la gauche exiger une diminution des recettes fiscales, elle qui en général est la championne des hausses d’impôts.

Car il faut être clair: si les riches étrangers vont prendre domicile en Grande-Bretagne, en Belgique ou au Luxembourg (comme l’Union européenne est compréhensive parfois!) tout en continuant à séjourner en Suisse, ce sont bien les classes moyennes chères à la gauche qui devront compenser le manque à gagner, et donc payer davantage d’impôts. Quelle réussite!

Mais le plus désolant dans ces initiatives, c’est ce côté chasse aux riches, aux riches étrangers plus précisément, qui transpire la frustration et l’envie, la haine de classe, la xénophobie sélective. Cette campagne est tout simplement médiocre et honteuse, et montre bien à quelles errances peut conduire l’aveuglement idéologique.

 

Philippe Barraud