08/10/2014

LAT: le Conseil d’Etat déraille

L’Etat de Vaud s’obstine à exiger de la Confédération un régime de faveur en matière d’aménagement du territoire, pour pouvoir bétonner à sa guise et accroître l’immigration, contre l’avis du peuple. C’est inadmissible.

Ces jours-ci, la Conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro mène une campagne de communication en règle pour convaincre les Vaudois du bien-fondé des sollicitations du canton de Vaud à Berne. Il est des jours où nos gouvernants manifestent des tendances valaisannes… «Accordez-nous des exceptions, parce que nous sommes différents des autres cantons, notre modèle de développement est incompatible avec votre loi.» En substance, le gouvernement vaudois refuse d’appliquer la règle qui est la pierre angulaire – bien que trop faible – de la LAT: la compensation systématique et immédiate de toute nouvelle zone à bâtir par le déclassement d’une zone de surface équivalente.
Toute nouvelle loi, en particulier en matière d’aménagement du territoire, a certes des effets concrets sur le terrain, c’est même fait pour ça ! Dès lors, ou bien on remet sa politique à plat en fonction des nouvelles exigences, validées sans ambiguité par le peuple en l’occurrence, ou bien on décide qu’on est plus intelligent que les autres, que notre politique ne saurait se soumettre à la loi commune, et donc, que l’on mérite un régime de faveur.
Dans un article de 24 Heures, Mme de Quattro écrit: «Avec 10’000 nouveaux habitants par année, le canton de Vaud est en pleine expansion. Ce qui signifie davantage de logements et d’infrastructures. Un exemple: 4 000 places seront nécessaires pour scolariser les enfants.»
Pas un instant, ni Mme de Quattro, ni ses collègues ne se posent la seule question qui vaille: est-ce raisonnable, est-ce souhaitable ? Nous y répondons à leur place: non, ce n’est pas raisonnable du tout ! 10’000 habitants de plus par an (sans compter les clandestins), c’est une nouvelle ville de Renens tous les quatre ans. Où la met-on ?
C’est là qu’est le scandale, et c’est bien plutôt sur ce scandale que le Château devrait interpeller Berne. Avant le vote sur la libre-circulation, on a «vendu» au peuple l’hypothèse de 8’000 habitants de plus par année pour l’ensemble de la Confédération; aujourd’hui, on tourne à 100’000 par année, en ne comptant que les immigrants ayant des papiers en règle. En d’autres mots, c’était une escroquerie en bonne et due forme, dont nous payons le prix aujourd’hui.
Mais le scandale est autant à Lausanne qu’à Berne ! Comment en effet un gouvernement, supposé prévoir, peut-il entériner sans réflexion, sans sa poser de questions, le chiffre de 10’000 nouveaux résidents par année ? La réponse est hélas simple: à Lausanne comme à Berne, le monde politique a donné les clés de la politique migratoire aux milieux économiques: ceux-ci posent leurs exigences, l’Etat en prend bonne note et construit les infrastructures nécessaires. Aucune réflexion politique à long terme, aucune réflexion sur les conséquences de cette explosion démographique sur la qualité de vie des Vaudois. Personne ne se demande si on peut et si on doit infléchir la courbe: la politique est aux abonnés absents, soumise aux milieux économiques dont elle anticipe même les besoins: des logements, des logements! Et on crée ainsi un appel d’air.
Or, il n’est pas certain que les exigences du Centre patronal, et de l’économie en général en matière d’immigration, soient en harmonie avec les besoins à long terme des Vaudois. C’est même évidemment le contraire. Regardez autour de vous: toutes les infrastructures atteignent leurs limites: nos routes sont saturées en permanence; les classes d’école manquent; le système de santé est au bord de la rupture (allez jeter un coup d’œil aux urgences du CHUV ou de La Source…); les dépenses sociales deviennent insupportables pour les communes; le bétonnage de la nature se poursuit à un rythme effréné – même en Lavaux, tiens donc ! Tout cela, sans parler de l’irritation croissante des Vaudois face à une immigration qui petit à petit les marginalise, tant elle est nombreuse et allogène.
Et ce que vous voyez aujourd’hui n’est rien ! Dans un an, ce sera pire, puisqu’il y aura 10’000 habitants de plus, donc 5’000 voitures de plus aussi. Et dans dix ans, c’est une Lausanne de plus qu’il faudra bien caser quelque part.
En clair, nous allons droit dans le mur, et il est impardonnable que nos élus ne cherchent même pas à appuyer sur le frein. Ils mènent aujourd’hui une politique de beau temps, mais le beau temps n’est pas inscrit dans la Constitution. Qu’en sera-t-il, pour ne prendre que cet exemple, lorsque les entreprises commenceront à dégraisser sérieusement, comme l’horlogerie et la finance ont commencé à le faire ? Qui assumera la facture sociale, et le bouillon des promoteurs ?
Sans réagir, Mme de Quattro et ses collègues regardent brûler la mèche de la bombe qui va nous sauter à la figure, en la parant du nom magique decroissance. Mais une bombe est une bombe et, même si cela fait momentanément les petites affaires de nombreux secteurs économiques, cette politique dégrade objectivement la qualité de vie des Vaudois, qui ne se mesure pas qu’à l’aune du PIB, et leur environnement, dont les atteintes qu’il subit sont irréversibles.
Aujourd’hui déjà, on vit moins bien dans le Canton de Vaud – trop de monde, trop de stress, trop d’insécurité. Espérons que le peuple saura saisir la perche qui lui est tendue fin novembre, pour rappeler à leurs élus que l’obsession du court terme conduit à la ruine.

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