10/06/2014

La Marina Militare, ou le piège des bons sentiments

Chaque jour, maintenant que l’été revient, des milliers de migrants débarquent sur les côtes du sud de l’Italie. La marine italienne et l’organisation européenne Frontex sont devenus les principaux passeurs de migrants en Méditerranée.

Des centaines de milliers de migrants sont prêts à embarquer, et embarqueront demain, sur une côte de Libye devenue zone de non-droit absolu, comme la Somalie et quelques autres régions maudites du monde. Finalement, c’était mieux du temps de Khadafi…
Le nombre de ces candidats à l’immigration en Europe explose de manière exponentielle, largement parce que la traversée, désormais, est beaucoup plus sûre qu’autrefois: la marine italienne veille, et se porte à l’aide des rafiots surchargés qui naviguent vers le Nord. Il s’est ainsi créé un formidable appel d’air, qui d’un côté incite les candidats à l’immigration en Europe à tenter leur chance et à gagner la Libye, et d’un autre côté pousse les passeurs libyens à vendre à prix fort le passage sur n’importe quelle embarcation susceptible de tenir la mer pendant quelques heures, le temps que la Marina Militare prenne le relais.
Certes le problème éthique est considérable: on ne peut pas laisser sombrer des navires chargés de femmes et d’enfants. Certes encore, on ne peut pas les reconduire là d’où ils viennent, même si ce serait de la part de l’Europe une mesure de protection comparable aux reconduites à la frontière – pratique quotidienne et admise.
Cela montre que les bons sentiments sont parfois de terribles pièges, dont il est impossible ensuite de se dégager. L’Union européenne, dans cette affaire, porte une lourde responsabilité, parce qu’elle a créé une situation impossible pour l’Italie, et surtout, parce qu’elle s’en lave les mains: pratiquement tous les jours, le gouvernement italien réclame de l’aide, mais personne n’écoute. À Bruxelles, la Commission européenne a pris des décisions d’apparence généreuse, mais elle a laissé l’Italie se dém… comme elle le peut, c’est-à-dire mal. Pour un pays qui entame avec peine un redressement difficile, le débarquement quotidien de centaines, voire de milliers de réfugiés n’est pas un cadeau. Et ni l’Union en tant que telle, ni les pays membres ne font mine de venir à l’aide de l’Italie, commode partenaire sur lequel on se décharge de l’accueil des migrants.
Pour un temps. Car les pays européens et la Suisse font preuve de naïveté s’ils croient pouvoir indéfiniment se défausser sur l’Italie. Ces centaines de milliers de migrants – quand passera-t-on le cap du million annuel ? – ne vont pas rester en Italie, où les perspectives sont inexistantes en-dehors de la prostitution et du trafic de drogue. Ils viendront donc s’ajouter aux groupes de migrants déjà présents ou qui affluent, et dont les gouvernements ne savent que faire: raser périodiquement leurs bidonvilles ne résout aucun problème !
Il y a des pays dans le monde où la main-d’oeuvre, voire la population, manquent. Mais allez savoir pourquoi, les migrants ne veulent pas aller en Russie, en Chine ou au Japon. De toute façon, ces pays sont barricadés. Seule l’Europe, engluée dans un chômage endémique – il ne se résorbera jamais, il faut se faire à cette idée – reste ouverte à tous les vents, comme si elle avait la capacité d’accueillir toute la misère du monde, alors qu’elle n’est même plus capable de donner un travail digne à sa jeunesse.
Ce faisant, elle construit la misère des générations futures. L’Europe croit bâtir une société multiculturelle, elle ne fait que construire un bricolage multi-ethnique. Un bricolage explosif, car les valeurs des groupes qui le constituent sont inconciliables. Voyez ce qui se passe dans les écoles britanniques: la mouvance islamique tente d’y imposer ses valeurs rétrogrades, notamment quant à l’éducation des filles. Et ça marche, parce que les responsables vivent dans la peur d’être accusés de discrimination ou d’intolérance. Classique: on s’impose à soi-même des discriminations, pour ne pas être soupçonné d’en imposer aux autres.
Notre responsabilité est grande. Certes nous devons aider ceux qui sont dans le besoin, mais nous devons aussi penser à l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Si nous ne faisons rien, ils vivront dans une société européenne placée sous l’influence prépondérante des valeurs islamiques, c’est-à-dire moins de libertés, surtout pour les femmes, et une régression culturelle massive. Ce n’est qu’une question de chiffres: l’immigration en Europe est largement musulmane (ces jours-ci, Syrie et Soudan) et, si ceux qui arrivent ne sont pas des extrémistes, ils n’ont néanmoins aucune raison d’échanger leurs valeurs contre les nôtres. D’autant que les valeurs chrétiennes, dans nos sociétés – si on excepte la charité envers les migrants… – sont en chute libre. La nouvelle religion, nommée laïcité, et ses intégristes, préparent la société de demain, qui quoi qu’ils en pensent ne sera pas laïque, parce que face à une religion forte, la laïcité est un vide spirituel qui ne fait pas le poids.
Pour nos jeunes, la solution résidera dans… l’émigration outre-mer, mouvement déjà amorcé en France et en Espagne chez les plus qualifiés. Nous avons rencontré de ces jeunes dans l’hémisphère sud. Ils rêvaient de bons jobs en raison de leur impressionnante pile de diplômes; les plus chanceux vendaient des cerises devant les supermarchés, en attendant le prochain petit boulot, et les allocs de Pôle-emploi…
Triste, non ?

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