21/05/2014

Dura LAT, sed LAT !

Le peuple suisse a plébiscité la Loi sur l’aménagement du territoire. Le Conseil d’Etat vaudois s’en moque, et veut l’appliquer selon sa propre fantaisie. Le peuple a dit non à l’immigration de masse; qu’importe ! Le Conseil d’Etat vaudois encourage à fond l’immigration, en construisant des logements pour des habitants qui ne sont pas encore là… A qui cela profite-t-il ?

S’asseoir sur des dispositions votées par le peuple suisse devient une pratique courante dans des cantons qui estiment être plus égaux que les autres: les Romands sont très forts dans ce domaine, que l’on pense aux résidences secondaires, ou au quota d’étrangers.
Le Conseil d’Etat vaudois vient de dire tout le mal qu’il pense de l’ordonnance délivrée par la Confédération en matière d’aménagement du territoire, et exige d’ores et déjà un régime d’exception – ce qu’il demande aussi pour les quota de travailleurs étrangers, d’ailleurs. C’est que le gouvernement, malgré le vote populaire, n’a pas rabattu d’une millimètre sa frénésie de bétonner le canton et de miter ce qui reste de territoire. Nos ministres croient-ils vraiment que c’est en dévastant le paysage et la nature que l’on entre dans l’Histoire ?
L’argument du gouvernement se veut imparable: “Nous attendons 8’000 nouveaux habitants par année dans la décennie qui vient”, proclame-il, il faut donc anticiper et créer des milliers de logements. On comprend certes que, pour le parti libéral-radical, quand le bâtiment va, tout va, et que donc plus on bétonne, plus les entrepreneurs – quel parti financent-ils, croyez-vous ? – sont contents.
Mais l’intérêt de l’industrie de la construction est-il celui à long terme de la population vaudoise ? Bien sûr que non. La qualité de vie des Vaudois diminue inexorablement, en particulier à cause de l’explosion démographique, la biodiversité est en chute libre faut d’habitat adéquat, et notre environnement devient par endroits prodigieusement moche – des zones commerciales et industrielles qui prolifèrent comme un cancer et dévorent, sans espoir de retour, les meilleures terres agricoles et les surfaces encore libres de bâtiments. Allez vous promener du côté de Villeneuve-Rennaz, ou d’Etoy-Aubonne, vous serez édifié. Autour de nos villages poussent, quasi du jour au lendemain, des alignements d’immeubles, les transformant en cités-dortoirs qui éprouveront, demain, les problèmes sociaux des cités-dortoirs.
Un des principaux effets de la Loi sur l’aménagement du territoire doit être, précisément, de ramener un peu de calme sur le terrain, de freiner tant soit peu la croissance obsédante des gabarits, des grues et des bâtiments. C’est pourquoi, puisqu’il faut qu’au moins une voix s’engage résolument contre l’union sacrée de la droite et de la gauche vaudoise, nous encourageons Mme Leuthard et ses services à se montrer fermes, non pas pour embêter qui que ce soit, mais pour faire respecter la volonté populaire, la démocratie et l’égalité entre les cantons, ce qui est tout de même la moindre des choses !
Il est probable que la classe politique vaudoise n’ait pas pris la peine d’évaluer l’impact de la loi avant la votation – ce qui d’ailleurs n’aurait rien changé – et qu’elle s’estime aujourd’hui coincée. Mais pour autant, venir en refuser l’application, sous prétexte que l’on a des projets vitaux à concrétiser, est inadmissible. Et la mobilisation générale de la classe politique dans la presse, ce 21 mai, de Jacqueline de Quattro au Président de la Chambre vaudoise immobilière (ben tiens !), n’y change rien. Au passage, on relève ave délice cette profession de foi d’Olivier Feller, sur son site personnel:  «Je me bats pour que la Suisse reste ce pays démocratique, compétitif, innovant et respectueux de l’environnement qui permet à ses habitantes et habitants de connaître moins de chômage qu’ailleurs, un bien-être matériel et une qualité de vie rarement égalés à travers le monde.»
C’est désespérant, mais c’est comme ça: les politiciens, dans leur tour d’ivoire, ne veulent pas entendre le peuple, dès lors qu’il contrarie leurs intérêts. Mais le peuple est têtu, et ne manquera pas de leur rappeler qu’il refuse de laisser transformer la région lémanique en une vaste conurbation façon Osaka; et de la même manière, qu’il refuse de plier sous l’immigration de masse que persiste à organiser le gouvernement vaudois – sur la base de chiffres a prioricontestables: combien d’implantations de grandes entreprises dans le canton, cette année, au juste? Aucune ? Too bad…

www.commentaires.com