09/04/2014

Migrations: l’Europe, spectatrice impuissante d’un véritable tsunami

En deux jours, la marine italienne a recueilli 4’000 migrants en mer. Un autre chiffre circule, cité par France-Inter: 500’000 à 600’000 migrants seraient prêts à embarquer sur les côtes d’Afrique du Nord. Que faire ?

Avec le retour de conditions météorologiques favorables, l’armée italienne s’attend à voir exploser le flux de migrants en Méditerranée. Ceux-ci ne vont évidemment pas s’installer en Italie, qui fait beaucoup en leur faveur mais peine néanmoins à les accueillir. A ces chiffres effarants, il faut ajouter les intenses flux migratoires qui passent par l’Est et le Sud de l’Europe, et par l’Espagne.
C’est donc l’ensemble de l’Europe qui est concernée, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ni la Commission ni leur Parlement européen ne semble se soucier beaucoup de la situation des pays exposés au Sud, l’Italie, la Grèce et l’Espagne: c’est un problème considéré comme national, et donc des subventions devraient suffire à le gérer. On comprend certes la gêne des dirigeants européens, car les politiciens ne détestent rien tant que les problèmes sans solution. Surtout lorsque les problèmes, comme celui-ci, sont politiquement sensibles, et mal perçus par la population.
Il reste que si cette noria migratoire se poursuit dans une Europe en crise, les tensions vont devenir plus vives. Les grandes villes d’Europe, déjà, connaissent un véritable changement de civilisation, à commencer par… Bruxelles! On ne le voit pas encore très clairement, parce que la politique de ces pays est le fait des anciennes élites, des familles installées depuis longtemps, des pouvoirs économiques en place, qui ne sortent guère des beaux quartiers; entassés dans des cités misérables et surpeuplées, les migrants ne votent pas, ne se font pas élire, ils vivent en marge de la nation. Mais pour combien de temps ? Un jour, les pouvoirs en place réaliseront qu’ils ne s’appuient plus que sur une frange vieillissante de la population, toujours plus mince, il qu’il leur faudra bien faire un peu de place, ou carrément céder la place.
Il circule sur la Toile un documentaire réalisé en France par la Télévision russe, reportage à charge d’une grossièreté crasse, mais qui met quand même le doigt sur certaines réalités: dans les images tournées à Barbès, à Paris, vous pouvez toujours chercher le visage d’un Blanc !
Tout indique que cette vague migratoire ne fait que commencer, tant les conditions de vie sont devenue insupportables dans une partie de l’Afrique, à la fois en raison de guerres innombrables et barbares, et de l’incompétence des dirigeants – bien qu’on nous ressasse que ce continent connaît un boom économique ! Quant aux réfugiés syriens, ils ne sont pas près de rentrer chez eux, dans un pays en ruines où la haine entre communautés fleurira encore pendant des décennies. Après les pays voisins, ces réfugiés tenteront forcément leur chance ailleurs.
Alors que faire ? Il serait inhumain de demander à la Marine italienne de ne plus récupérer les migrants en mer; il est impossible de les renvoyer de l’autre côté de la mer; il est vain de vouloir exiger des pays d’Afrique du Nord qu’ils empêchent la mise à l’eau des bateaux: en Libye, il n’y a plus d’Etat, les seuls à faire marcher l’économie locale sont les passeurs !
Il semble bien que l’Europe n’ait d’autre choix éthiquement acceptable que de se laisser envahir. Nous laisserons donc à nos descendants un continent explosif, ce qui est un bien triste héritage. Les plus optimistes, ou les plus naïfs, diront qu’au moins, ce sera un continent multiculturel… Multiculturel, ou a-culturel, ou livré au choc des civilisations ?

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