21/03/2014

La haine de l’Occident a son champion: Poutine

Faut-il soutenir Poutine sous prétexte qu’il fait la nique à l’Occident ? C’est la conviction de nombreux Européens, prêts à tous les abandons pour satisfaire leurs fantasmes, leur haine de soi, voire un anti-sémitisme latent.

Notre article dénonçant le coup de force de Vladimir Poutine en Crimée, et par là même la renaissance d’un impérialisme russe dur et brutal, nous a valu des réactions inhabituellement violentes – même par téléphone ! Quel crime avions-nous donc commis? Dénoncer la violation des frontières d’un Etat souverain, puis l’occupation militaire d’une province, est semble-t-il inopportun, dès lors que c’est de la Russie qu’il s’agit. Il faut l’accepter et applaudir.
Elle n’a fait, nous assure-t-on, que «réparer une erreur historique». Très bien ! La Chine pourrait, elle aussi, être tentée de réparer quelques «erreurs historiques» – de son point de vue s’entend -, et envoyer ses chars à Taïwan et au Tibet; l’Inde pourrait réparer l’«erreur historique» de la Partition, et lancer son armée sur le Pakistan et le Bangla Desh. On n’en finirait pas d’énumérer des «erreurs historiques», même en Europe.
Or, ces arguties ne sont qu’une manière de détourner l’attention, et surtout, de saper le fragile consensus qui permet au monde de vivre en paix relative. Si chaque Etat s’estime légitimé à rectifier ses frontières au détriment de ses voisins, par la force, ce sera la Troisième Guerre mondiale, tout simplement.
Mais cette crise est utile car elle agit comme un révélateur. Elle nous montre au grand jour un courant d’opinion jusqu’ici assez discret, qui se nourrit d’un anti-occidentalisme virulent, et qui salue toute attaque contre l’Occident et ses valeurs comme un acte d’héroïsme et d’indépendance. Aux yeux de ces gens, Poutine est donc un héros, et chaque fois qu’un nouvel Etat de l’Est européen tombera sous les chenilles de ses chars, ce sera salué comme une grande victoire contre cet Occident honni et son bras armé, l’OTAN. D’ici à ce que ce courant approuve et soutienne Al Qaida, il n’y a qu’un pas, puisque la cible du fascisme islamiste, c’est précisément l’Occident et ses valeurs détestées, la démocratie, la liberté, les droits des femmes, la laïcité.
Encore faut-il s’entendre sur ce que ce courant d’opinion appelle l’Occident. En réalité, il s’agit d’une chimère typique de notre époque, aux multiples sources et relais sur internet, un parfait exemple de théorie du complot: le complexe judéo-américain. Parfois, certains préfèrent parler de complexe américano-israélien, pour éviter un mot trop connoté. Mais cette prudence sémantique ne fait pas illusion. On retrouve à la racine de cette chimère les mêmes éléments que dans les années 30: les responsables, encore et toujours, de tous les malheurs du monde, ce sont les Juifs, c’est Israël, à la fois au sens géographique (l’Etat d’Israël) et au sens ethno-culturel, les Etats-Unis n’étant finalement que les valets d’Israël.
Fort heureusement, l’Occident, ce n’est pas ce monstre froid que prétendent ces esprits échauffés, et Poutine n’est pas le champion d’une quelconque «libération»: c’est une culotte de peau frappée de folie des grandeurs – c’est extrêmement banal. L’Occident si décrié, encore une fois, c’est notre civilisation, nos traditions, nos cultures européennes, le Christianisme, et nos Lumières.
Voilà pourquoi nous défendons et défendrons cet Occident, puisqu’il est notre maison et notre Histoire, notre réalité – bien loin des fantasmes où se vautre la haine de Soi et de la liberté, bien loin aussi des délires du maître du Kremlin.

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