10/03/2014

Ecopop, la bonne réponse aux bonnes questions

Avec le passage du temps, l’initiative Ecopop devient de plus en plusSalonfähig, elle n’est plus rejetée comme une apparition du Diable, on ose même en parler publiquement. C’est heureux, car elle ouvre un débat fondamental, pour ne pas dire le plus fondamental, pour la Suisse et pour le monde.

Le bon sens et ses évidences ont mauvaise presse parmi les intellectuels et les décideurs. On l’a vu pas plus tard que le 9 février, où une majorité de citoyens ont signifié leur opposition à la poursuite d’une politique délibérée d’immigration de masse.
Ces citoyens ne sortent peut-être pas tous de nos facultés de sociologie, mais ils ont l’avantage de voir la réalité en face, chaque jour, plutôt qu’au travers de dogmes, d’idéologies et de tabous tels que les cultive la gauche. Et que voient-ils, ces citoyens ? Que la surpopulation est la menace numéro un pour l’avenir, sinon de la planète, qui en a vu d’autres, du moins pour celui de l’espèce humaine. Aujourd’hui déjà, la surpopulation provoque l’épuisement rapide des ressources, qu’elles soient énergétiques, minérales ou alimentaires. De quoi nourrira-t-on les milliards d’humains à venir ? Probablement qu’on ne les nourrira plus du tout – en tout cas pas les plus pauvres d’entre eux.
Mais il faut bien dire que si certains s’en inquiètent, la plupart s’en moque comme de l’An quarante. Nous avons été si bien drillés par les milieux économiques qu’il nous paraît normal, voire nécessaire, de gaspiller les ressources et de consommer tout ce qui est consommable, plutôt qu’en fonction de nos propres besoins. Et si vous faites mine de dire qu’ainsi, on risque bien d’aller dans le mur, on vous accusera de vouloir mettre les gens au chômage, et les plonger dans la misère. Vous serez un ennemi de la Sainte Croissance, une sorte d’anti-social, de mécréant, ce qui aujourd’hui pèse aussi lourd qu’une excommunication au Moyen Age.
Dimanche sur La Première, le professeur Dominique Bourg, de l’Université de Lausanne, qui n’est pas un extrémiste mais bien plutôt un sage, expliquait très simplement que la croissance telle qu’on nous l’impose n’est pas tenable, puisque les ressources ne permettront pas d’y répondre. Une évidence que chacun pourrait trouver tout seul, si on le laissait réfléchir en paix ! En effet, comment faire pour accroître chaque année de 5% à 10% la consommation de votre ménage, si vos revenus n’évoluent pas, voire diminuent ? Vous courez droit à la faillite, et vous le savez. Reste à savoir à quel moment vous basculerez, à quel moment vous commencerez à recevoir des sommations. Les choses ne sont pas différentes pour la société et les Etats, mais nul ne sait quand arrivera le break even. Tout ce qu’on sait, c’est que cela sera extrêmement brutal.
La propagande qui, n’en doutez pas, fondra bientôt sur l’initiative Ecopop jouera largement sur la culpabilisation: on vous rendra coupable de vouloir appauvrir le pays, d’être xénophobe, de parier sur le repli plutôt que surl’ouverture – Ah ! le prêt-à-porter de la pensée, avec ses mots-valises ! Mais on se fera rassurant aussi: des chercheurs, peut-être financés par Syngenta et Monsanto, vous expliqueront qu’avec une agriculture «moderne», on pourrait nourrir 20 milliards d’humains; qu’avec le gaz de schiste, on a gagné 40 ans de pétrole; qu’avec les nouvelles voitures, on dégage de moins en moins de CO2. La preuve ? Ce sont les constructeurs qui le disent ! On peut les croire, non ?
Ecopop est une chance pour la Suisse, pour sauver ce qui peut l’être encore non seulement d’un cadre de vie, mais d’un mode de vie, d’une culture, d’une civilisation politique. Et plus encore, pour témoigner d’une prise de conscience, dans un monde qui dans sa fuite en avant devient suicidaire.
Et comme nous avons déjà subi les insultes de ceux qui, dans les pays voisins, nous en veulent de voir bien plus loin qu’eux, nous sommes blindés, et n’aurons donc aucun scrupule à dire oui à cette initiative. La meilleure motivation en est que tout l’establishment est contre, ce qui devrait faire tomber les derniers scrupules…

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