19/02/2014

La Suisse a allumé la mèche, l’UE a peur

Représailles, menaces, chantage, ultimatums comminatoires… La Commission européenne n’en finit pas d’agresser la Suisse. Pourquoi ? Parce qu’elle a peur. La Suisse a allumé une mèche qui va propager l’espoir dans plusieurs pays de l’Union. Le mouvement est peut-être irréversible.

La Commission européenne – qui se passe allègrement de l’avis du Parlement européen, parlement-croupion s’il en est – répète plusieurs fois par jour, par la voix du pathétique Barroso ou d’autres petits chefs cooptés, que la libre-circulation n’est pas négociable, qu’elle est un acquis fondamental, et donc qu’il est interdit de seulement en discuter. Autrement dit: un tabou.
Cette insistance doit nous faire dresser l’oreille: ce discours est-il destiné à la Suisse, ou aux citoyens des pays de l’Union tentés par la contestation du tabou ? Ils sont nombreux, ceux qui se demandent si la libre-circulation est bien le don du Ciel qu’on dit; s’ils ne vivraient pas mieux avec une libre-circulation régulée, plutôt qu’avec les portes ouvertes actuelles. M. Barroso a récemment pris exemple des cantons suisses pour dire que la libre-circulation dans l’UE ne pouvait pas s’arrêter aux frontières. Mais pardon: l’UE n’est pas une Confédération d’États, l’UE n’est pas la Suisse, et surtout, elle ne peut pas imposer ses règles à un pays extérieur. La Suisse n’applique pas ses lois à la Lombardie ou à la Savoie, que l’on sache (hélas ! disent les Lombards et les Savoyards…).
La contestation de la libre-circulation, initiée par la Suisse, va nécessairement se propager et, en raison de la position obtuse de la Commission, favoriser les partis d’extrême-droite dans les pays de l’Union, ce qui peut inquiéter. Les dirigeants européens le savent bien, et c’est pourquoi ils persécutent la Suisse, pour l’exemple. En tapant là où cela fait mal, à savoir la recherche et les étudiants – pénalisant au passage les chercheurs et les étudiants de l’Union !
M. Barroso a créé un abcès de fixation sur la Croatie, et posé un ultimatum à la Suisse – verra-t-on bientôt le Charles-de-Gaulle dans la rade de Genève ? En annonçant à la Croatie qu’une votation à son sujet en Suisse n’aurait pas de sens, Mme Sommaruga a fait preuve d’une honnête candeur, ce qui est fatal dans les relations internationales. Juridiquement, elle a évidemment raison: pourquoi accorder la libre-circulation à la Croatie, alors que celle-ci sera sévèrement limitée peu après ? Mais il eût été beaucoup plus habile de laisser aller, avec un minimum de cynisme, le calendrier électoral: en cas de non, le Conseil fédéral aurait pu plaider sa bonne foi, et l’obstination butée du peuple contre laquelle il ne peut rien; en cas de oui, elle aurait évité à notre pays cette grêle de sanctions un peu infantiles, qui paniquent l’establishment suisse et ravissent les commissaires européens par l’effet produit.
Il faut absolument que nos élus et les médias cessent de se vautrer dans laSchadenfreude, et d’attiser ainsi la soif de vengeance des dirigeants européens. Ils font ainsi le jeu de nos adversaires, médiocre cinquième colonne qui compromet les solutions à venir. Cette politique du pire vise à dégrader délibérément la situation politique et économique de la Suisse, afin de pouvoir en rendre l’UDC responsable et ainsi, réduire son influence.
Petits politiciens, petits médias, politique nulle…

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