27/01/2014

Quand l’ambassadrice de Chine en Suisse menace le Japon…

Obnubilé par la puissance économique chinoise, le monde ne voit pas que la Chine a aussi des ambitions militaires et territoriales inquiétantes. Les menaces contre le Japon et ses «provocations» sont à peine voilées.

Il y a d’abord cette nouvelle, qui n’a pas eu l’écho qu’elle méritait, parue sur des sites internet américains versés dans les questions militaires et stratégiques, et dans Le Temps du 20 janvier: la Chine a testé avec succès un missile de croisière hyper-véloce, capable de voler à Mach 10 – dix fois la vitesse du son – et donc susceptible de rendre inopérants la plupart des systèmes anti-missiles existants. C’est le Pentagone qui a révélé cette percée technologique chinoise; seuls, les Etats-Unis disposent actuellement de missiles comparables, encore expérimentaux.
Pour les dirigeants chinois, ce succès s’inscrit dans un cadre précis: faire de la Chine une superpuissance militaire. Le budget de la défense augmente de 10% par an depuis 20 ans. De 91 milliards en 2010, il passera à 183 milliards en 2015, soit quatre fois celui du Japon, selon le centre de recherche indépendant IHS Jane’s, cité par Le Temps. Les efforts de production, largement fondés sur des équipements occidentaux, portent aussi bien sur des porte-avions que sur des sous-marins ultra-silencieux, des drones et des avions furtifs.
Les dirigeants chinois ne font pas mystère de leurs grandes ambitions militaires. Xi Jinping, président, chef du PC et commandant de l’armée, affirmait en décembre 2012 que «notre rêve est celui d’une nation puissante, ce qui signifie que notre armée doit être puissante. (…) L’armée doit se préparer à combattre et à gagner des guerres.»
Lui fait écho un livre écrit par un théoricien militaire, le colonel Liu Mingfu. Selon Le Temps, celui-ci explique dans «Le rêve chinois» que ce rêve «est de bâtir un pays qui soit le plus puissant au monde, et la première puissance militaire de la planète.»
De quoi faire dresser l’oreille à quelques membres du Congrès américain, dont une commission s’inquiète de voir la Chine dépasser les Etats-Unis dans le domaine des missiles de croisière, et menacer l’équilibre des forces dans le secteur Asie-Pacifique. Il faut dire que ce secteur devient le nouveau centre névralgique de la planète, après le long règne de l’Europe et de l’Atlantique.
Le Japon, en différend territorial avec la Chine depuis des décennies, peut légitimement s’inquiéter de la montée en puissance de l’armée chinoise, même s’il se trouve sous le parapluie américain. En effet, le gouvernement chinois ne fait rien pour apaiser les tensions – mais le gouvernement japonais non plus! En allant au sanctuaire Yasukuni pour rendre hommage aux combattant japonais, le Premier ministre Shinzo Abe a ulcéré les Chinois, puisqu’à leurs yeux, Yasukuni est le lieu où sont honorés «les criminels japonais de guerre de classe A», autrement dit les pires.
Cette visite a suscité une opération de communication en règle du gouvernement chinois, dont on trouve la traduction dans un article de l’ambassadrice de Chine en Suisse, Xu Jinghu, paru le 24 janvier 2014 dans Le Temps, sous le titre: «Nous, Chinois, sommes choqués par les provocations de Shinzo Abe». Dans une impeccable langue de bois, Mme Xu – et donc le gouvernement chinois – écrit que «cette visite, qui constitue un défi flagrant aux acquis de la Seconde Guerre mondiale et à l’ordre international établi après la guerre sur la base de la Charte des Nations unies, a profondément blessé les sentiments des peuples victimes des invasions des militaristes japonais et de leur colonisation dans l’histoire, et fait l’objet bien sûr de la condamnation unanime de la Chine, des pays asiatiques et de toute la communauté internationale.»
On comprend certes la rancune tenace des Chinois: la guerre menée par le Japon en Chine fut un sommet d’atrocités (35 millions de tués et de blessés, selon les sources chinoises), atrocités qui ont culminé lors des massacres de Nanjing (Nankin), où 300’000 personnes ont été froidement abattues.
La diatribe de Mme Xu se concentre largement sur Shinzo Abe, coupable de vouloir remilitariser le Japon, et surtout, coupable de refuser de reconnaître la responsabilité du Japon dans les atrocités commises en Asie pendant la Deuxième Guerre mondiale.  À la fin de son article, Mme Xu se fait clairement menaçante – on sera attentif au choix des mots: «Shinzo Abe refuse de reconnaître la responsabilité du Japon dans l’histoire et persiste à vénérer les criminels de guerre. Cela ébranlera et même renversera la base politique des relations sino-japonaises. Les acquis de la Seconde Guerre mondiale et l’ordre international d’après-guerre ont été obtenus au prix des vies et du sang du peuple chinois et des peuples du monde entier. Les agissements de Shinzo Abe sont en train de conduire le Japon dans une direction dangereuse.»
Enfonçant le clou, Mme Xu ajoute:  «Nous ne pouvons pas le laisser engager le Japon dans cette mauvaise voie, ni le laisser faire monter la tension en Asie-Pacifique et contester, voire renverser l’ordre international d’après-guerre. Nous entendons travailler ensemble avec les autres pays du monde pour défendre la justice historique. Dans le même temps, nous recommandons à Shinzo Abe d’arrêter de se bercer d’illusions et de changer de conduite, sinon, il ferait les frais de ses propres erreurs.»
Sachant qu’un ambassadeur de Chine ne s’exprime pas en son propre nom, on peut légitimement s’inquiéter des menaces à peine voilées proférées contre le Japon. Et comme ces menaces proviennent d’une puissance militaire considérable et non démocratique, d’une puissance qui tient déjà de nombreux pays occidentaux et africains à sa botte grâce à son implantation économique, elles doivent être prises très au sérieux.
Et accessoirement, conduire les pays occidentaux à reconsidérer le démantèlement progressif de leurs forces armées…

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25/01/2014

Dieudonné, symptôme d’une France malade

Le polémiste Dieudonné est le symptôme d’une France malade sur le plan moral et spirituel. Sans surprise, il tape sur le bouc émissaire historique: le Juif. Et ça marche.
L’émission de France-Inter Là-bas si j’y suis a consacré deux reportages (20 et 21 janvier 2014) non pas à Dieudonné, mais à son public d’inconditionnels. C’était une excellente idée, très éclairante sur l’influence que peut développer, au fil des ans, un maître à penser, dût-il se faire passer pour un humoriste. Et ce qu’on a pu entendre est inquiétant.

En mettant les rieurs de son côté, Dieudonné tient un discours antisémite des plus classique: nous sommes soumis à un complot sioniste mondial, Israël martyrise les Palestiniens, la Shoah est un événement contestable («Je n’y étais pas pour m’en assurer… »), les chambres à gaz étaient trop petites, etc… On connait cette triste chanson et ses grotesques refrains, ressassés depuis des décennies par les Faurisson et autres faussaires de l’Histoire.
Mais comme toujours, ce discours trouve des oreilles complaisantes, particulièrement à la faveur de la crise morale et spirituelle que traverse la France: à quoi croit ce pays aujourd’hui? Quelles perspectives offre-t-il à ses jeunes, en dehors du chômage et de la violence des banlieues? A-t-il même encore une identité, un projet, auxquels on puisse adhérer? La France n’est plus conduite ni dirigée, elle est livrée à un simple mouvement brownien, comme un bouchon flottant sur l’eau.
C’est bien pourquoi le discours de Dieudonné fait l’objet d’une telle ferveur, et c’est pourquoi tant d’intellectuels de tout bord crient au scandale lorsque son spectacle est interdit, notamment sous prétexte que Dieudonné serait «un artiste», et donc au-dessus de toute censure.
Cette ferveur tient à un tour de force accompli par le polémiste. Il a réussi progressivement à faire passer son discours antisémite pour une résistance ausystème, ce qui est toujours bienvenu chez ceux qui, en France ou ailleurs, éprouvent de l’amertume, de l’impuissance, d’immenses frustrations devant l’absence totale de perspectives. Car faute d’un responsable identifiable à leurs malheurs, les hommes sont prompts à accuser le système, forcément malfaisant, agissant dans l’ombre, mu par une minorité cynique et sans scrupules. Pour Dieudonné, le système devient le bouc émissaire idéal, mais en tant que tel il est trop peu identifiable. Si dès lors on donne à penser que ce fameux système, c’est un complot sioniste mondial, du coup l’adversaire devient visible, on peut le cibler, et surtout, remettre en marche le vieil arsenal anti-juif développé depuis la fin du XIXe siècle, puis mis en œuvre avec une intensité extrême dès les années 1930 – avec les conséquences que l’on sait. Déjà, des essayistes et des écrivains antisémites sortent du bois, ils seront les Rebatet, les Brasillach, les Doriot, les Luchaire de demain, pour la plus grande honte de la culture française.
Les fans de Dieudonné interrogés par France Inter – dont les prénoms étaient rarement judéo-chrétiens mais plus souvent arabes, certes – faisaient complètement leur ce discours, de manière quasi hystérique parfois, clamant que la France était livrée au lobby juif, les médias bien entendu, mais aussi le gouvernement et l’économie. On se croirait revenu aux moments les plus déshonorants du gouvernement de Vichy, qui envoyait les écoliers à l’exposition «Le Juif et la France».
On voit donc que Dieudonné a réussi à capter les frustrations et la haine anti-française de nombreux jeunes issus de l’immigration, et même de jeunes Français de souche, qui vous balancent: «On veut le faire taire parce qu’il a raison, parce qu’il dit la vérité !» Car bien sûr, le fait que la loi réprime le racisme et l’antisémitisme rend celui qui la brave courageux et admirable !
C’est le propre des pires manipulateurs de se faire transformer en martyrs et, face à des esprits échauffés et ignorants de l’Histoire, de faire valider ainsi un discours insupportable. Le plus pénible, en somme, c’est cet inexorable recommencement.

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21/01/2014

La prospérité sans immigration de masse, c’est possible!

Nos autorités politiques ont mis en œuvre une politique de surpeuplement délibérée, qui à terme saccagera la qualité de vie des Suisses, et les valeurs auxquelles ils sont attachés. Voulons-nous que cela continue ?

Un pays surpeuplé comme la Suisse peut-il être un pays d’immigration, comme si elle était un pays vide et sauvage qui manque d’habitants? Le simple bon sens crie que non. Mais le bon sens a disparu depuis longtemps de notre horizon politique, et voilà pourquoi la vérité officielle veut que la Suisse soit un pays d’immigration.
Et de fait, notre gouvernement et notre parlement ont mis activement en œuvre cette politique de surpeuplement, à laquelle on notera que le peuple n’a jamais donné son aval formel. C’est ainsi que, selon les chiffres officiels, quelque 80’000 immigrants supplémentaires s’installent chaque année dans notre pays. Compte tenu de l’immigration clandestine, on doit être plus proche de 100’000 ou de 120’000. En s’en tenant aux chiffres officiels, on ajoute donc un million de personnes allogènes de plus dans nos villes tous les douze ans.
Est-ce bien raisonnable? Est-ce souhaitable? En réalité, la question ne se pose pas en ces termes, elle ne se pose même pas du tout: l’économie, qui défend exclusivement ses propres intérêts, sans considération pour les autres intérêts en jeu, exige du gouvernement de pouvoir engager tous les travailleurs qu’elle veut, quand elle le veut. À l’État de faire en sorte que l’intendance suive, que des logements et des routes sortent de terre. Et l’État s’exécute sans discuter, puisque pour une bonne part, les décideurs politiques sont aussi les décideurs économiques. Et bien entendu, lorsque la récession s’installera, les employeurs demanderont à l’État de gérer les chômeurs et de les aider à survivre.
Et les Suisses dans tout ça? Si on prend la peine de les écouter, on entend bien qu’ils râlent. Parce que leur pays devient méconnaissable et moche; parce que les logements deviennent inabordables; parce que l’insécurité augmente en flèche; parce que les emplois sont trustés par les immigrés, parfois avec la complicité de RH étrangers qui pratiquent sans scrupules la préférence nationale (voir l’enquête édifiante du Temps du 20 janvier 2014); parce qu’à n’entendre que des langues étrangères dans les rues et dans les commerces, on ne se sent plus chez soi.
Alors vite, avant qu’ils ne se révoltent, on accable ces dindons de la farce d’une propagande lourde et menaçante: si on limite l’immigration, il s’ensuivra un marasme économique épouvantable. Cela, en fonction d’un dogme mensonger mais repris par tous: l’immigration est la condition absolue de la prospérité. Sans immigration, pas de prospérité !
Il n’est pas inutile, dans le cadre d’un débat politique, d’aller voir ailleurs ce qui se fait. Prenez l’exemple de la Nouvelle-Zélande: voici un pays six fois plus grand que la Suisse, mais dont la population n’est que de 4 millions d’habitants. L’immigration y est modérée, et surtout choisie: ce pays ne s’est pas lié pieds et poings à une puissance étrangère, comme la Suisse l’a fait avec la libre-circulation, elle reste maîtresse de sa politique migratoire. Et on vous le donne en mille: la Nouvelle-Zélande connaît une prospérité remarquable depuis plusieurs années; ses exportations, agricoles notamment, se portent bien, ses excellents produits laitiers et carnés inondent une partie de la planète, et l’accord de libre-échange qu’elle a signé avec la Chine, en 2008 déjà, porte ses fruits.
En d’autres termes, la Nouvelle-Zélande montre de manière convaincante que la prospérité ne dépend pas d’une immigration massive, mais d’une quantité de facteurs et de variables, dont l’immigration – qui en l’occurrence vient essentiellement du Royaume Uni et d’Asie – n’est pas le plus important, loin s’en faut.
Voilà en tout cas un pays où la prospérité rime avec une qualité de vie exceptionnelle, nettement plus détendue qu’en Europe, et dans un cadre naturel jalousement préservé par le gouvernement – qui sait bien pourquoi: le tourisme est une manne très importante, tout comme l’industrie cinématographique, qui met à profit les paysages exceptionnels des deux îles, tout en bénéficiant de subventions colossales de la part de l’État.
La frénésie immigrationniste que nous subissons en Suisse est une grave menace pour notre identité et nos valeurs, et bien évidemment pour le milieu naturel. Elle se double d’une vassalisation effarante de nos autorités face à une bureaucratie européenne de plus en plus arrogante, incarnée jusqu’à la caricature par la commissaire européenne Viviane Reding, qui se voit volontiers en Gauleiter de la Suisse.
Face au désastre annoncé, le peuple a dans ses mains le moyen de sortir ses dirigeants de leur état hypnotique, et de les ramener à l’essentiel, à savoir les intérêts de la population suisse, qu’ils ont le devoir de servir en priorité. C’est pourquoi il faut voter oui à l’initiative contre l’immigration de masse le 9 février, sans se laisser impressionner par la propagande grossière de la classe politique: quoi qu’il arrive, nous subsisterons !

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