24/04/2013

Entendre la révolte des quartiers

Au cours des dernières années, politiciens et technocrates ont assommé les habitants des villes et villages lémaniques de grands projets de densification – maître-mot de l’urbanisme contemporain, synonyme, hélas, de surpopulation et de qualité de vie en chute libre. Heureusement, la révolte gronde…

Selon une intéressante enquête du Temps, parue le 20 avril,  les comités et associations de défense se multiplient et s’organisent dans les quartiers, pour battre en brèche les conséquences de l’explosion démographique qui nous attend, paraît-il. La redoutable conjuration des politiciens, des démographes de gauche et des technocrates et des médias branchés a longtemps  fait  illusion, grâce à un vocabulaire soigneusement choisi pour son opacité et ses fausses promesses: densification, ça ne mange pas de pain, et ça possède un côté technique rassurant; et sur les meilleures terres agricoles, on ne va pas construire des tours et des villes nouvelles, bien sûr, mais des éco-quartiers. Ah! Le joli concept! Le préfixe passe-partout éco, que l’on peut appliquer à de multiples domaines (ne parle-t-on pas d’éco-béton?), est un excellent moyen de faire avaler au citoyen des projets médiocres ou sur-dimensionnés, dans lesquels il sera évidemment le premier perdant.
Notre confrère du Temps souligne à juste titre le déficit démocratique dont souffrent ces démarches urbanistiques imposée d’en-haut, puisque les principaux intéressés ne sont pas consultés – sauf éventuel référendum – sur des modifications importantes, et forcément définitives, de leur cadre de vie. Or, nous vivons dans une société passablement chahutée dans ses habitudes, notamment en matière de mobilité et de sécurité. Il n’y a pas besoin d’avoir unmaster en urbanisme ou en sociologie pour comprendre que l’arrivée massive de populations allogènes dans un quartier ou dans un village a forcément des conséquences importantes, et rarement positives.
Il faut espérer que la révolte qui monte doucement dans le Bassin lémanique prenne de l’ampleur, afin que les décideurs daignent enfin entendre la rumeur qui vient d’en-bas. Celle qui leur dit que les habitants n’ont pas l’intention de laisser se dégrader encore davantage leur qualité de vie – qui s’est déjà bien dégradée, voyez l’insécurité qui règne; et si vous n’y croyez pas, interrogez les commerçants !
Mais le vrai problème est en amont. Si nos édiles veulent absolument bétonner ce qui reste de verdure dans ce pays, c’est parce qu’il faudrait, à court terme, accueillir des centaines de milliers de résidents supplémentaires – à 99% des immigrés, qui viendront en particulier des futurs nouveaux membres de l’Union européenne, des pauvres d’entre les pauvres. La question est de savoir si les Suisses veulent de cette évolution, s’ils acceptent la surpopulation planifiée de leur pays, avec toutes les conséquences que cela comporte. Or là aussi, nous souffrons d’un déficit démocratique flagrant: là aussi, les décisions sont prises très loin au-dessus de nos têtes, si bien que nous n’avons pas un mot à dire sur des perspectives qui nous concernent directement, et que l’on fait tout pour soustraire au citoyen – on sait bien pourquoi. Restent, heureusement, des initiatives populaires, comme celle sur l’immigration, ou celle dite Ecopop. Il faut que les citoyens saisissent ces occasions de manifester leur volonté, malgré des campagnes politiques que l’on peut prévoir féroces de la part des immigrationnistes. Car après, il sera trop tard.
L’explosion démographique n’est pas une fatalité, pas davantage que l’immigration massive qui non seulement se poursuit, mais prend de l’ampleur. Et il clair qu’en construisant à tout va, on stimule nécessairement l’immigration, puisqu’on met des logements à disposition, avant même que les occupants soient là! C’est, encore et toujours, une question de volonté politique. Aux citoyens de faire savoir quelle est leur volonté politique, et de l’imposer à ceux qui nous gouvernent de si loin.

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