27/02/2013

Yvan Perrin, un nouveau trophée pour "Le Matin"?

Le canton de Neuchâtel n’a semble-t-il pas de problèmes politiques particuliers, puisque la campagne se limite aux éventuels problèmes de santé d’Yvan Perrin. Un beau gâchis.

Mais, dira-t-on, cette tempête de transparence n’est-elle pas bienvenue? N’est-ce pas ainsi qu’il faut faire de la politique, tout dire, ne rien cacher? En l’occurence, on est très vite passé de la transparence au voyeurisme, et la première victime en est Yvan Perrin lui-même, qui s’est laissé piéger par les médias avec une candeur confondante.
On commence par lui demander, avec de l’empathie dans la voix, de parler de ses “faiblesses psychiques”: le piège s’ouvre, le candidat s’y engoufre. Puis d’autres médias rebondissent sur ces premiers aveux de faiblesse, cette première brèche, et commencent à aguiser les couteaux. C’est ce qu’a fait Le Matin, qui profite de l’ouverture pour violer allègrement la sphère intime du candidat UDC, en racontant avec tous les détails une hospitalisation mouvementée (serait-on aussi transparent pour, par exemple, l’hospitalisation d’un rédacteur en chef du groupe?)
Sans doute le quotidien compte-t-il bien pouvoir accrocher au mur la tête d’Yvan Perrin en trophée, à côté de celle de Frédéric Hainard. Et il a de bonnes chances de réussir car désormais, même élu, Yvan Perrin sera sous pression, sous surveillance permanente. A chaque décision discutable, on lui demandera s’il se sent bien, s’il ne devrait pas prendre un peu de repos… Largement de quoi faire craquer un homme apparemment fragile.
Yvan Perrin aurait dû faire un sérieux brain storming avec Oskar Freysinger, qui lui, sait se servir des médias sans se laisser instrumentaliser par eux. Du grand art…

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07/02/2013

1942: les révélations-bidon de la RTS

Pure coïncidence sans doute: le jour même où Ueli Maurer faisait son discours à l’occasion de la Journée en souvenir des victimes de l’Holocauste, la Télévision alémanique lançait, photos à l’appui, de prétendues révélations selon lesquelles le Conseil fédéral «savait» dès 1942, mais n’avait pas réagi. Or, ces photos ne sont nullement inédites, mais connues depuis longtemps!

C’est notre confrère Luc Debraine, spécialiste de la photographie, qui le révèle dans L’Hebdo: «Berne savait, mais n’a rien fait: tel serait le message livré par ces lettres, télégrammes, rapports et photos présentés par des médias comme inédits, ou longtemps laissés dans l’ombre. Rien n’est moins vrai. Si l’on prend le seul cas de la demi-douzaine de photos, celles-ci sont connues depuis longtemps par les chercheurs.»
Et pas seulement par les chercheurs, affirme notre confrère, puisqu’elles ont été vues par les milliers de visiteurs des musées de l’Holocauste, notamment à Paris et à Bucarest, sans parler de leur publication dans le catalogue du Mémorial de la Shoah de Paris.
Dès lors, on comprend mal les explications du directeur des Documents diplomatiques suisses, Sacha Zala, selon lequel ces photos n’ont pas été publiées à ce jour, parce que les Documents diplomatiques suisses ne sont pas illustrés, et parce que c’est seulement en 2011 que son institution a pu les scanner et les mettre en ligne. M. Zala donnait ainsi à croire au citoyen médusé qu’elles étaient inédites avant cette date, et que par conséquent, elles étaient une nouvelle preuve de l’ignominie du Conseil fédéral de l’époque. Ignorance? Tentative de manipulation? Il serait intéressant d’avoir les explications de M. Zala sur ce point. Lequel, jusqu’ici, a cherché à calmer le jeu: le 2 février dans 24 Heures, il expliquait: “Je n’aurais jamais pensé que cette publication aurait un tel écho. A aucun moment, nous n’avons dit que ces photos étaient “la” preuve ultime que Berne connaissait les exactions nazies. Nous ne faisons pas de sensationnalisme.” (sic)
Une fois de plus, les médias se sont emballés sur une information fausse, trop heureux de remettre une briquette sur le feu de la critique systématique de la Suisse dans le passé. 24 Heures a fait particulièrement fort sur son site, en illustrant l’article avec une photo du… Général Guisan! Aucun rapport évidemment, mais une occasion de nuire n’est jamais perdue, n’est-ce pas?
Tout à la joie de mettre Ueli Maurer dans l’embarras, les médias ont, comme c’est de plus en plus souvent le cas, négligé de vérifier leurs sources avant de lancer leur pétard mouillé. Tout va si vite, n’est-ce pas ! Habile calcul sans doute: le mal sera fait, le consommateur de média n’en demandera pas plus, et ne lira pas les éventuelles mises au point… Aucun d’entre eux, à part L’Hebdo, ne s’est donné la peine de chercher un peu plus loin, de se demander si ces révélations tenaient la route. On s’est contenté, comme M. Rochebin dans son 19:30, de répéter sans réserve ce que les autres disaient: si tout le monde le dit, cela doit être vrai…
On ne tranchera jamais la question de savoir si le Conseil fédéral de la guerre eut une attitude indigne, ou s’il a sauvé la Suisse face à la machine de guerre allemande, ou tous les deux en même temps. Mais du moins devrait-on faire preuve d’une certaine prudence, et d’une grande conscience professionnelle, lorsqu’on brandit à grand tapage des révélations potentiellement dévastatrices. Surtout si ces révélations, en réalité, n’en sont pas.

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04/02/2013

Jusqu'où ira l'arrogance des chasseurs?

L’arrogance des chasseurs vaudois n’a d’égal que leur haine de la faune sauvage, lorsque celle-ci trouve ses propres équilibres. Aujourd’hui, ils exigent de la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro qu’elle ordonne des tirs d’élimination d’un certain nombre de lynx sur le territoire du canton. Ils exigent aussi l’élimination du ou des rares lynx vivant sur le Plateau, celui-ci étant déclaré «inadapté à la présence permanente du lynx». Autre argument des chasseurs: les lynx mettraient en péril la… biodiversité ! Contribuerait-on donc à la biodiversité en éliminant les lynx, et les prédateurs en général?
Le discours des chasseurs et leurs exigences, aussi arrogantes que démesurées, doivent être fermement combattus, car ils ne reposent que sur du vent. Quelle autorité, dans le domaine de la biologie, a dit que le Plateau était «inadapté à la présence permanente du lynx», alors que manifestement, il y trouve son compte? Aucune, bien entendu: c’est une de ces affirmations gratuites et à l’emporte-pièce dont les chasseurs se sont fait une spécialité. Quels «dégâts» les lynx occasionnent-ils parmi les ongulés, sinon celui d’assainir le cheptel? Les chiffres de la chasse, qui comptent les pièces abattues par milliers, vont eux-mêmes à l’encontre des affirmations des chasseurs.
Et quand bien même, si les chasseurs tiraient moins de gibier? De quel droit ces personnes peuvent-elles exiger d’avoir chaque année, quoi qu’il arrive, le même nombre d’animaux sauvages à abattre? Cela démontre bien que la «régulation» qu’ils brandissent comme un talisman n’a en réalité qu’un seul objectif: leur assurer un nombre constant d’animaux à tuer, comme la Migros peut l’exiger par contrat d’un éleveur. Sauf qu’on ne gère pas la nature comme un élevage de porcs ou de poulets.
Il faut toujours revenir aux chiffres. Il y a dans le canton de Vaud quelque 800 chasseurs. Il représentent donc 0,1% de la population. Ce n’est pas beaucoup. Il est intolérable que cette infime minorité impose ses vues au 99,9% restant de la population vaudoise en matière de gestion de la faune sauvage – si tant est que vouloir gérer la faune sauvage ait un sens. Intellectuellement, c’est un non-sens. Contrairement à ce que pensent les chasseurs, les «autres» Vaudois ne sont pas des ignorants en matière de faune, ou des écolos forcément débiles, ou des pantouflards indifférents qui ne sortent pas de leurs tours urbaines. La faune du Pays de Vaud est celle de tous les Vaudois, elle leur appartient, et c’est à eux, cas échéant, qu’il faut demander s’ils veulent des mesures d’élimination de certains animaux. Cela relativiserait de manière très opportune le pouvoir exorbitant dont les chasseurs se sont emparés, parfois avec la complicité du monde politique.
Depuis son arrivée au Conseil d’Etat, Mme Jacqueline de Quattro fait l’objet d’un harcèlement récurrent de la part des chasseurs, qui pensent sans doute qu’étant une femme, elle est plus facile à intimider et à manipuler. Heureusement, et elle l’a déjà montré par le passé, Mme de Quattro n’est pas femme à se laisser impressionner. Les Vaudois savent qu’ils peuvent compter sur elle pour défendre leurs intérêts à tous, plutôt que ceux d’une minorité vociférante.
Il est temps que les chasseurs en rabattent, et que parallèlement, les Vaudois s’expriment. Notre faune n’est pas en très bon état, la biodiversité s’effiloche à grande vitesse, notamment à cause du déséquilibre artificiellement maintenu par l’élimination des prédateurs. Ceux-ci sont, de plus, gravement menacés par la nouvelle ordonnance fédérale sur la chasse, introduite en catimini et sans le moindre débat public, l’an passé, à la demande des chasseurs. Il faut donc se battre pour protéger ce qui peut l’être encore, et opposer une ferme fin de non-recevoir aux lamentations de ceux qui veulent éliminer nos rares lynx. (1)

1. Rappelons à ce propos qu’on peut s’engager en signant l’initiative fédérale Pour la protection des grands prédateurs. Des listes sont disponibles auprès de Pro Fauna.

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02/02/2013

Ueli Maurer, un président de rupture

Ueli Maurer sait que les grands médias, notamment le service public, n’attendent que l’occasion de le fusiller, et de préférence dans le dos. Or pour l’heure, le Président de la Confédération semble bien parti pour être un président surprenant et populaire, loin de la déprimante grisaille de ses prédécesseurs, ce qui ne fait qu’attiser l’agressivité à son endroit.
À l’occasion de ses vœux de Nouvel An en français approximatif, on avait déjà tenté de monter un scandale, mais l’opération avait fait long feu: les gens ont trouvé cela plutôt touchant! Son discours au Forum de Davos, qui présentait une image positive de la Suisse, et mieux encore, une Suisse fière d’être ce qu’elle est, a agacé les gardiens de la pensée dominante: comme on était loin de cette Suisse qui, selon eux, devrait s’excuser d’exister, d’être prospère, d’être indépendante. Là aussi, Maurer a marqué des points de popularité.
Nouvelle tentative de déstabilisation dimanche soir: dans son 19:30, la RTS a profité de la Journée en souvenir des victimes de l’Holocauste pour parler, non pas de la journée en elle-même, mais des prétendues omissions du président dans son discours. Ueli Maurer a mis en avant l’engagement de la Suisse à l’époque, devenue “un refuge pour de nombreuses personnes menacées et traquées” – ce qui est parfaitement conforme à la vérité historique.
Il n’en fallait pas davantage pour que la RTS consacre l’essentiel de la séquence aux “oublis scandaleux” d’Ueli Maurer, comme si ladite séquence n’avait été programmée que pour pouvoir l’attaquer. En effet, les médias s’intéressent rarement aux manifestations commémoratives, mais en l’occurrence, c’était une belle occasion de descendre le président UDC. Les journalistes de la RTS sont donc, comme d’habitude, allés consulter leur mentor, l’historien d’extrême-gauche Hans-Ulrich Jost, qui a dénoncé “un scandale”, à l’unisson avec, paraît-il, “d’autres historiens”, dont on ne connaîtra pas le nom, hélas!
Jost a, comme de coutume, dit tout le mal qu’il fallait penser des autorités suisses de l’époque – on est tellement plus intelligent trois quarts de siècle après les événements. Ueli Maurer aurait-il donc dû refaire toute l’histoire de la Suisse pendant la Deuxième Guerre mondiale? Ce n’était évidemment pas le but d’un tel discours.
Mais qu’importe, tant cela est petit et mesquin. Malgré les pièges et les chausse-trappes, Ueli Maurer fera probablement un parcours sans faute, de manière très personnelle et inattendue. Mais surtout, et c’est là l’essentiel, il sera un président de rupture: celle qui rendra aux Suisses la fierté d’être ce qu’ils sont, celle qui les débarrassera du fardeau de culpabilité et de honte dont on les chargés pendant des années, celle enfin qui osera s’opposer de front à la tyrannie du politiquement correct auquel, jusqu’ici, nos présidents se sont hélas soumis.

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