11/07/2012

Ours, lynx et loups doivent être protégés: signez l’initiative

Les prédateurs que sont le loup, le lynx et l’ours ont leur place dans notre pays. Ils y étaient avant nous, et constituent un chaînon essentiel de la biodiversité. Il faut signer l’initiative visant à les protéger.
La population suisse est massivement favorable à la présence de ces animaux sur notre territoire. On le comprend: on ne peut pas parler de biodiversité si on en exclut des acteurs essentiels.
Comment se fait-il alors qu’ils soient de plus en plus menacés? C’est hélas bien simple: dans notre pays, la gestion de la faune n’appartient pas aux services publics concernés ni aux scientifiques, elle est entre les mains d’un lobby qui représente moins de 0,1% de la population: les chasseurs. Ce sont eux qui ont obtenu du Conseil fédéral que la Suisse engage une procédure pour se retirer de la Convention de… Berne, un traité international de protection du loup. Et ce sont eux qui ont obtenu une révision de l’ordonnance sur la chasse, favorable à leurs activités bien entendu.
Contrairement à une propagande soigneusement entretenue, les chasseurs ne contribuent pas à une saine gestion de la faune sauvage, au contraire: en éliminant les prédateurs ils créent de graves déséquilibres; puis, en chassant les plus beaux spécimens (pour les trophées…), ils contribuent à l’appauvrissement génétique des populations d’ongulés. Les prédateurs, au contraire, prélèvent les animaux malades et âgés, favorisant ainsi la reproduction des individus les plus sains et les plus forts.
Il faut dire que ces prédateurs, le loup particulièrement, occupent une niche très importante dans les écosystèmes. Dans certains grands parcs canadiens, des loups ont été réintroduits parce que les populations de cerfs devenaient incontrôlables.
Le loup, en effet, influence à la fois les autres prédateurs, leurs proies, les nécrophages (les animaux qui se nourrissent d’animaux morts), et même la végétation, en réduisant la pression des ongulés. «La compétition du loup avec d’autres prédateurs pour le territoire peut faire augmenter le niveau de la biodiversité: si par exemple les populations de prédateurs plus petits diminuent, leurs proies potentielles s’en trouvent favorisées, comme les oiseaux et les micro-mammifères. Les restes de prédation abandonnés par les loups peuvent être consommés par de nombreuses autres espèces, ce qui contribue à la biodiversité à différents niveaux», explique Ramona Viterbi, collaboratrice scientifique au Parc national du Grand-Paradis, au Val d’Aoste – où il y a des loups !
Bien sûr, la présence retrouvée de grands prédateurs dans nos forêts n’ira pas sans difficultés puisque, après les avoir exterminés, nous nous sommes habitués à occuper une nature déséquilibrée. Ce qui a permis, entre autres, l’invasion des Alpes par des quantités aberrantes de moutons, souvent abandonnés à leur sort dans la montagne puisqu’ils produisent surtout des subventions. Mais comme tout changement, celui-ci suscitera forcément aussi des solutions, qu’il faudra développer et financer – rien là d’extraordinaire.
La Suisse ne peut pas d’un côté tenir de fiers discours sur la biodiversité, et d’un autre empêcher le retour des prédateurs naturels, piliers de cette biodiversité. Il faut donc soutenir l’initiative de Pro Fauna, la signer et la faire signer. On peut télécharger des feuilles de signature ICI.
Habitées de leurs prédateurs naturels, nos forêts ne seront pas plus dangereuses, mais elles seront plus belles, car plus riches et plus vraies – de vraies forêts, génératrices d’émotions et de découverte.

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