17/10/2011

Mais dans quel camp jouent le WWF et Pro Natura?

On s’attendait à ce que l’annonce du lancement d’une initiative pour la protection du loup, du lynx et de l’ours dans la Constitution fédérale suscite, chez les associations de défense de l’environnement, un grand enthousiame. Las! Pro Natura et le WWF n’ont réussi qu’à ratiociner et déconsidérer cet excellent projet.
La protection des rares prédateurs qui peuplent encore nos forêts et nos montagnes s’affaiblit. Avec obstination, le lobby des chasseurs, qui est grossièrement surreprésenté au Parlement, travaille à faire tomber la protection relative dont jouissent ces animaux indigènes. Une option, pour le moment refusée, mais ils reviendront à la charge, consistait à confier la gestion des prédateurs aux cantons.
Une idée absurde: comment gérer à ce niveau des animaux extrêmement mobiles, qui ne se soucient pas des frontières cantonales? C’est comme si l’on voulait confier la planification des autoroutes aux cantons! De plus, il n’est pas rare que les conseillers d’Etat responsables soient eux-mêmes chasseurs, tout comme les surveillants de la faune: autant dire qu’on ne peut leur accorder qu’une confiance limitée.
Ce n’est pas partout le cas, soyons justes: les Vaudois peuvent se réjouir d’avoir en Mme de Quattro une responsable de la faune aux idées modernes, et fondées sur des considérations scientifiques davantage que cynégétiques. Mais à quelle adversité n’est-elle pas confrontée, de la part de ceux qui rêvent d’éradiquer les prédateurs pour pouvoir justifier leurs cruels amusements!
On ne sait pas encore précisément qui lancera l’initiative pour la protection des grands prédateurs; on parle d’un mouvement genevois qui, par le passé, a remporté de remarquables succès auprès des électeurs. Quoi qu’il en soit, la réaction de Pro Natura et du WWF est consternante de pusillanimité et de molesse. Ils craignent, ont dit leurs porte-paroles à la radio, de “réveiller les passions”; ils affirment préférer agir “par la prévention”. On croirait entendre quelque concepteur de campagnes du Département fédéral de la santé publique, à l’appui de ces campagnes de prévention qui ne servent à rien, mais coûtent très cher.
Le rôle de telles associations n’est pas seulement d’éviter les débats et de  faire de la “prévention”, il est d’agir chaque fois que cela est possible. Il est aussi de soutenir les initiatives qui vont dans le bons sens, même si elles émanent d’autres cercles, plutôt que de les torpiller.
Au reste, on se demande comment les fonctionnaires de ces associations peuvent porter des jugements aussi péremptoires, sachant qu’une grande majorité de la population – et des membres de ces associations! – sont pour une protection efficace des prédateurs. La moindre des choses serait qu’ils fassent preuve d’une certaine humilité, avant de choquer ceux qui les paient.
Il est à souhaiter que l’initiative pour la protection des prédateurs aboutisse, et que le peuple puisse se prononcer. La présence de ces animaux dans nos forêts est essentielle au bon équilibre de la faune, et en assure une gestion autrement plus naturelle que celle de la grenaille et du plomb. Quant au WWF et à Pro Natura, on attend d’elles qu’elle adoptent une attitude un peu plus écologique et un peu moins politicarde, sans quoi beaucoup de leurs membres, à notre image, suspendront leur cotisation!

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