01/07/2011

Le conservatisme paresseux d'un ministre vert

Le conseiller d’Etat François Marthaler est le meilleur ennemi des Vaudois qui se préoccupent de protection de l’environnement. Il n’a pas son pareil pour décevoir les attentes les plus élémentaires. Il appartient au parti des Verts.
Le ministre responsable des infrastructures prépare pour cet automne une spectaculaire régression du canton de Vaud en matière d’énergie solaire. Jusqu’à maintenant, les projets d’équipement photovoltaïque ont été systématiquement entravés, retardés ou torpillés par les pléthoriques services de l’Etat, qui rivalisent de procrastination ou d’incompétence pour décourager toute initiative individuelle. Dernier épisode en date: l’église catholique de Cully, qui de guerre lasse s’équipera en chauffage au gaz, puisque le canton a balayé ses projets photovoltaïques.
On aurait pu espérer que, Fukushima aidant, les choses allaient s’améliorer. Hélas, ce sera pire… Aux dires de M. Marthaler en effet  (24 Heures du 30 juin), les projets photovoltaïques seront purement et simplement interdits dans les territoires inscrits à l’Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse. Facile: plutôt que de rechercher des solutions techniques et esthétiques innovantes, on interdit tout ! Voilà qui est particulièrement stimulant pour l’industrie et les architectes… Pour le conseiller d’Etat, «il est stupide d’aller mettre de tels panneaux sur les toits des maisons dans les villages. Je veux favoriser les grands projets de compagnies électriques», à ses yeux plus rentables et raisonnables.
Ce discours est particulièrement consternant. Il va à l’encontre de toute idée de décentralisation de la production d’électricité, alors même que c’est possible et souhaitable, pour conserver aux sociétés électriques (dont l’Etat et les communes sont actionnaires…) un juteux monopole en la matière. Il faut espérer qu’il se trouvera une majorité au Grand Conseil pour refuser cette politique rétrograde, et qu’au contraire la personne qui succédera à M. Marthaler au Conseil d’Etat saura ouvrir les portes, plutôt que de verrouiller toute innovation.
On dit cela car il est inconcevable que M. Marthaler continue à faire de l’anti-écologisme primaire au gouvernement. En la matière, sa plus grande réussite réside dans le fait qu’en huit ans, aucune piste cyclable digne de ce nom – c’est-à-dire séparée du trafic motorisé – n’a été créée dans le canton. Il fallait le faire!
L’énergie solaire photovoltaïque est la plus prometteuse des sources d’énergies renouvelables, son potentiel de production est énorme. Mais pour pouvoir en tirer les avantages avant la fin du nucléaire, il faut autre chose que le frein à main géant d’un ministre sans inspiration, autre chose que la tyrannie d’une administration en roue libre. Si une partie de la population vaudoise paraît faire une fixation sur les éoliennes, il n’en va pas de même pour les panneaux solaires, guère plus visibles que les velux qui percent les toitures. Les communes sont généralement aussi favorables à cette diversification bienvenue. Seul l’Etat freine, empêtré dans un conservatisme paresseux. Il faut que ça change.

Philippe Barraud
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