23/08/2010

Affaire Hainard: l’échec d’un homme lâché de tous

Donc, Frédéric Hainard est tombé. Triste épilogue d’une triste affaire, dont personne ne sort grandi, mais où beaucoup de questions restent ouvertes.

Cette démission n’est pas une victoire du système démocratique. Au contraire. Elle montre que face à l’acharnement systématique de ses adversaires et des médias, un homme politique est désarmé et, à terme, condamné. Cela, ce n’est pas très démocratique.

Frédéric Hainard a été la victime tout à la fois de la curée médiatique orchestrée par Le Matin; de complots ourdis par des fonctionnaires soucieux de préserver leurs baronnies abusives; de l’instrumentalisation de ses maladresses par des avocats intéressés à défendre leurs clients; enfin, cerise sur ce gâteau au beurre rance, de l’absence crasse de solidarité de la part de ses collègues du Conseil d’Etat, et de l’absence crasse de soutien de la part de son parti.

Ah! Ce festival de défaussements, de lâchetés suaves, de prudences jésuitiques! Alors qu’on nous rebat les oreilles des vertus de la collégialité, le collège gouvernemental neuchâtelois s’est signalé par sa veulerie, sa petitesse, voire son plaisir de voir un collègue remuant s’enfoncer. Quant à son parti – dont on se demande s’il existe encore – il s’est lui aussi copieusement lavé les mains de ses responsabilités, et a promptement laissé tomber celui qu’il a pourtant voulu porter au gouvernement. Qu’il perde son siège au Conseil d’Etat serait une sanction largement méritée.

Cette affaire et son épilogue provisoire – reste à connaître rapport de la commission d’enquête parlementaire – laisse un goût amer. Elle laisse aussi ouverte une question qui, apparemment, n’intéresse personne, même pas Le Matin: comment se fait-il que, alors même que des événements comparables se passent au gouvernement vaudois, personne n’y retrouve à redire? On l’a dit: cela n’intéresse personne…

Philippe Barraud
www.commentaires.com

07:47 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer