29/03/2010

Le Conseil fédéral déshonore la Suisse

Jusqu’à quand la Suisse se laissera-t-elle humilier par le brigand de Tripoli? Lâchée, sans surprise, par l’UE, elle doit maintenant défendre son honneur, et arrêter se coucher. Elle le doit au peuple suisse.

Son honneur, oui, car les lâchages successifs du Conseil fédéral sont déshonorants. Renoncer à la liste de Libyens interdits de séjour dans l’espace Schengen était une faute politique majeure. C’était notre seul moyen de pression, et il était efficace. Hélas! Notre gouvernement, constitué non d’hommes et de femmes d’Etat, mais de fonctionnaires mous et sans colonne vertébrale, a cédé aux pressions de Tripoli et de ses complices de Bruxelles.

Ah! Elle est belle à voir, l’Union européenne! La voici qui laisse tomber un partenaire fidèle et loyal – bien trop loyal, on le voit – pour s’en aller, littéralement, lécher le cul de Kadhafi à Syrte, devant le monde arabe réuni! L’expression est forte, certes, mais comment qualifier autrement la honteuse prestation de Silvio Berlusconi, qui s’est abaissé à baiser les mains du Duce libyen? Et comment qualifier les excuses des dirigeants de l’UE pour les «désagréments» causés par la liste noire suisse – un pays extérieur à l’Union, a-t-il été précisé –, qui ont par ailleurs promis à Kadhafi que cela ne se reproduirait plus?

Le gouvernement suisse, naïf jusqu’à la caricature, a cru que l’abandon de la liste noire permettrait l’élargissement de Max Göldi. Il a cru aussi aux promesses de quelque ministre espagnol, pressé d’aller caresser le tyran. Quelle candeur! Chacun voit bien qu’à chaque lâchage, le clan Kadhafi s’enivre davantage de sa soif de vengeance, et qu’il en demandera toujours davantage. Alors, même si la Suisse se soumet à l’absurde «arbitrage international» exigé par Tripoli pour laver l’honneur d’une petite frappe, rien ne changera, au contraire. Il faut humilier la Suisse, fort et durablement. Et cela, malheureusement, aux dépens de Max Göldi, que les Libyens ne lâcheront pas de sitôt parce qu’il fait partie de leur plan de vengeance: il devra souffrir, peut-être mourir, pour expier les «crimes» de la Suisse.

Et à cet égard, il ne faut pas trop compter sur l’Union européenne, qui a choisi son camp. En somme, heureusement que nous n’en faisons pas partie! Seule et désormais libre de ses mouvements, la Suisse doit maintenant passer la vitesse supérieure, et cesser d’assumer le rôle de coupable que l’UE et la Libye lui ont assigné. Le Conseil fédéral doit relever la tête, s’il en a une, et ne pas hésiter à se faire menaçant, puisque c’est le seul langage qu’entendent nos ennemis. Il peut très bien réactiver sa liste noire, et s’en prendre aux intérêts libyens en Suisse. Par exemple, en fermant la raffinerie Tamoil, et en demandant aux Suisses du boycotter cette société, ­ s’ils ne le font déjà.

Philippe Barraud
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09:18 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer