22/03/2010

Une catastrophe écologique qui ravit les politiciens

 

L’explosion démographique de la région lémanique est une authentique catastrophe écologique, et pourtant les politiciens continuent à se féliciter de ce «développement», qui s’accompagne d’un bétonnage frénétique de ce qui reste des campagnes, notamment autour de Lausanne – le Chalet-à-Gobet se transforme en banlieue dortoir, avec des immeubles parmi les sapins – et près de la frontière genevoise. Sur la Riviera vaudoise, les dernières vignes sont envahies de gabarits et de grues, les rares parcelles libres de constructions disparaissent d’une semaine à l’autre.

Les statisticiens nous annoncent 200′000 habitants de plus à Genève en 2025, 130′000 de plus dans le canton de Vaud en 2020. Plus raisonnable, le Valais aura 17′000 habitants de plus, mais cette augmentation sera due uniquement à l’immigration, puisque le «solde naturel», autrement dit les naissances indigènes, va diminuer depuis 2018. En d’autres termes, il y aura de plus en plus d’habitants dans le Vieux-Pays, mais de moins en moins de Valaisans !

Les communes peinent à réaliser le coût réel à long terme de cette démographie incontrôlée, non seulement en termes d’équipement et d’infrastructures, mais aussi en termes de sécurité et de tranquillité publique. Lorsqu’un village paisible et cossu se transforme en ville-dortoir, les premiers habitants réalisent sans plaisir qu’ils ont changé de biotope contre leur gré – bonjour les tags, les incivilités, les vols et les courses nocturnes en vélomoteur !

Le plus surprenant, c’est que cette explosion démographique se produit en dehors de tout contrôle politique. Or, on pourrait imaginer que l’une des tâches de l’Etat, c’est précisément de planifier l’évolution de la population, et non de la subir. On ne peut certes pas fermer les frontières, mais on peut au minimum ne pas encourager l’augmentation de la population. En réalité, on a l’impression que la gestion de la démographie a été abandonnée aux promoteurs, entrepreneurs et grands groupes commerciaux, qui invoquent l’arrivée prévue de nouveaux habitants pour construire à tout va. Ce faisant, ils créent un appel d’air, et la machine s’emballe.

On nous dira qu’il faut bien importer de la main d’œuvre pour faire le travail qu’il y a à faire. C’est un cercle vicieux parfait: plus l’immigration augmente, plus elle génère de travail et de tâches à accomplir, et plus il faut importer de travailleurs! CQFD. Jusqu’ici, seuls les Verts, libéraux et roses, ont osé considérer le problème dans son ensemble, et évoqué – Oh ! timidement – l’idée que le monde politique pourrait prendre ses responsabilités dans ce domaine.

C’est qu’il y a urgence: imaginez Genève avec 200′000 habitants de plus, autrement dit, 200′000 voitures de plus. Amusant, non?

Philippe Barraud
www.commentaires.com

08:18 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer