04/03/2010

Lausanne: trop de violence, trop de boîtes de nuit

La violence à Lausanne explose et, malgré la censure maladroitement mise en place, personne n’est dupe du discours lénifiant de la gauche au pouvoir. Chaque week end apporte son lot de coups de couteau, de tabassages sauvages, de lésions corporelles infligées en groupe à des inconnus, juste pour le fun.

Le citoyen a le droit de savoir qu’en réalité, il y a bien davantage d’actes de violence que le reflet qu’en donne la presse le lundi matin. Un exemple parmi cent autres: un étudiant en médecine que nous connaissons a été récemment défiguré à coups de pieds et blessé à la colonne vertébrale dans une boîte de nuit, sans que la moindre ligne apparaisse dans les médias. Pourquoi ce silence? Pour une raison simple: l’information est «arrangée», et souvent censurée, comme l’a reconnu à demi-mots le Municipal de la police, Marc Vuilleumier, en rejetant la faute sur les juges. Le lecteur attentif aura remarqué, par exemple, que toute indication relative à l’origine des délinquants a disparu des rares communiqués de police qui paraissent encore, dûment expurgés de toute information utile au citoyen. Inutile de dire que la police ne s’est pas muselée toute seule: elle obéit aux ordres de M. Vuilleumier et de ses camarades. Il ne s’agit plus d’informer le citoyen, mais de le manipuler.

Evidemment, en ne communiquant plus rien, on s’évite l’effort de la réflexion. Et on s’évite surtout de devoir assumer ses responsabilités: plutôt que de prendre les mesures qui s’imposent, la Municipalité et son Conseil communal se noient dans des débats stériles sur les implications philosophiques des caméras de surveillance, alors même que chacun sait qu’elles contribuent très largement, et à moindre frais, à la sécurisation des lieux sensibles. Et comme à Lausanne, l’ensemble du centre ville est devenu un lieu dangereux la nuit venue, il serait souhaitable de ne pas trop perdre de temps: cela sauvera quelques vies, c’est toujours cela de pris. Et il faut non seulement installer des caméras, mais multiplier les patrouilles de police, officielle ou privée, peu importe.

Il existe une autre manière d’appréhender le problème. On sait qu’à Lausanne, il y a plus de… 50 boîtes de nuit ! C’est manifestement excessif, lorsqu’on sait que ces établissements sont très souvent au cœur de la violence nocturne. Il est donc souhaitable que, au niveau du canton, l’Etat mette en route l’introduction d’une clause du besoin en matière d’établissements publics.

Supprimée il y a quelques années, dans un grand courant favorable à la libre concurrence, cette clause manifeste aujourd’hui sa cruelle absence. Et pour deux raisons au moins, économique et sociétale. Sur le plan économique, il est patent que la multiplication des cafés-restaurants est un échec: si tant de tenanciers pleurent misère à longueur d’année, c’est bien qu’il y a une pléthore inutile. Dans ce secteur, on peut imaginer de laisser jouer la concurrence – que disparaissent ceux qui doivent mourir! Il en va autrement des établissements de nuit, qui posent un problème de société qui dépasse largement les considérations économiques. Si les boîtes de nuit ont proliféré de manière anarchique dès la disparition de la clause du besoin, c’est qu’elles constituent un moyen commode de gagner facilement de l’argent – ou de blanchir de l’argent, faut-il le dire. C’est pourquoi elles n’éprouvent en général pas les difficultés matérielles rencontrées par les cafés traditionnels.

Le moment est venu de mettre un peu d’ordre dans un monde nocturne qui a dégénéré, et qui se trouve, nolens volens, au cœur des problèmes de violence que nous connaissons aujourd’hui. Alors vite, une nouvelle clause du besoin!

Philippe Barraud
www.commentaires.com

10:03 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer