04/02/2010

Micheline Calmy-Rey et l’esprit de trahison

 

«Il n’y a aucune stratégie visible. Nous devons nous montrer plus décidés». Qui parle ainsi, à propos de l’absence du Conseil fédéral dans le débat fiscal avec l’Allemagne? Non pas un chef de parti, non pas un journaliste conseilleur comme il y en a tant, mais la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey ! Qui en remet un couche, en déclarant tout de go: «Comme ministre des Finances, j’aurais moi aussi acheté les données des clients des banques». Cela, quelques heures après que Hans-Rudolf Merz ait condamné ces pratiques !

Dans quelle république bananière sommes-nous donc? En pleine crise, est-il tolérable qu’une ministre tire dans le dos d’un collègue en grandes difficultés, dénonce avec mépris une situation dont elle est coresponsable, et enfin prenne le parti de l’Etat qui nous attaque?

Les Suisses peuvent à bon droit se sentir trahis, du haut en bas de l’échelle. En bas, c’est une véritable campagne médiatique anti-suisse qui fait rage: radio et télévision n’invitent, délibérément, que des contempteurs de la Suisse, des journalistes plus allemands que suisses, les Roger de Weck, les Frank A. Meyer, danseur mondain de la jet set berlinoise. A ce «parti allemand» s’ajoutent les politiciens de gauche, les Nordmann, les Levrat, prêts à ruiner leur pays pour complaire au grand voisin du Nord. Et maintenant, c’est à la tête de l’Etat que la trahison s’installe. En Suisse aussi, le poisson pourrit par la tête.

Et comme toujours, personne, jamais, ne demande à l’Allemagne pourquoi tant de ses citoyens essaient d’échapper à son fisc confiscatoire, pourquoi tant d’Allemands veulent fuir leur pays pour venir travailler en Suisse. Oui, pourquoi? Mme Merkel a sans doute une réponse toute faite, mais personne ne la lui posera.

Est-il encore possible au Conseil fédéral de tenir la barre dans ces conditions, lorsque les ministres se tirent dans les jambes, tandis que la Présidente inaugure les chrysanthèmes au lieu de faire son boulot, c’est-à-dire ramener l’ordre au gouvernement, et se dresser avec force contre les attaques qui se multiplient?  La réponse est clairement non. Notre gouvernement est littéralement échoué dans le fossé. Il doit donc, logiquement, reconnaître son impuissance, et démissionner en bloc.

Philippe Barraud
www.commentaires.com

16:49 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer