03/12/2009

RTS: le soviet suprême est déjà en place

 

Surprise: le directeur de l’information de la RTS, la radio-télévision fusionnée, est déjà connu. On aurait pu imaginer que le poste serait mis au concours, mais les choses ne se passent pas ainsi dans la république autonome de la SSR.

A vrai dire, les postes étaient repourvus avant même que la décision de fusionner la RSR et la TSR ne fût formellement prise – sans considération aucune pour les réserves de la société civile, faut-il le dire. C’est ainsi que, tout naturellement, celui qui a voulu et mis en place cette fusion, Gilles Marchand, en devient le patron, sans même que la question d’une mise au concours ne se pose un seul instant: le poste est son bien personnel,  du sur mesure, pas touche. C’est ainsi aussi que Patrick Nussbaum, actuel rédacteur en chef de La Première, devient tout naturellement direction de l’information de la RTS.

On ne connaît pas encore officiellement le nom des deux futurs rédacteurs en chefs, mais toute surprise est exclue puisque tout est verrouillé d’avance. A vrai dire, tout indique que le nouvel organigramme comportait déjà les noms des titulaires, jusqu’au nettoyeur-remplaçant de la cafétéria, ce qui est assez spécial, quand on y pense. Cela signifie que cette institution de service public, financée par le contribuable, chapeautée par des instances politiques suffisamment bien payées pour être inopérantes,  ne rend de comptes à personne, mais s’organise selon son bon plaisir, ou plus exactement au gré des ambitions de ceux qui ont su écraser les autres.

On ne veut pas faire de procès d’intentions à M. Nussbaum, mais on se demande bien à quoi il va servir. Pourquoi, en effet, nommer un directeur de l’information qui coûte cher, alors qu’il y a déjà deux rédacteurs en chef ? De deux choses l’une: ou bien il s’agit d’un placard doré comme il y en a tant à la SSR (on a les moyens), et dans cette hypothèse M. Nussbaum se contente de faire des séances où on tient des paroles verbales – bref, son job ne sert à rien; ou bien  on place en dessous de lui des rédacteurs en chef-lavettes, qui ne prendront jamais de décisions sans l’autorisation du chef, et dans ce cas, M. Nussbaum sera le commissaire politique de la RTS. Ce qui n’est pas pour nous rassurer, car dans le genre politiquement correct, il risque bien d’imposer une uniformité d’alignement bien-pensant dans les deux médias.

En clair, la RTS a raté une belle occasion d’apporter de l’oxygène et du sang neuf parmi ses cadres et ses acteurs. C’est dommage, car ce sont eux qui définiront les nouvelles chaînes, pas les structures.

Philippe Barraud
www.commentaires.com

18:31 Publié dans Politique | Tags : rts, nussbaum | Lien permanent |  Imprimer