19/04/2009

Un antisémite notoire à la table de la Confédération

En tant que citoyen suisse, j'ai honte de voir le président de mon pays dîner avec Mahmoud Ahmadinejad, président iranien et vedette de la conférence de l'ONU sur le racisme, à Genève.


Honte, car tout sonne faux dans cette affaire, c'est littéralement le monde à l'envers. Voici donc qu'une conférence supposée dénoncer le racisme déroule le tapis rouge à un homme qui a institué un véritable racisme d'Etat dans son pays; un homme qui non seulement réclame l'anihilation d'Israël et des Juifs, mais met tout en oeuvre pour que son pays soit celui qui, grâce à l'arme atomique, parachèvera l'oeuvre du régime hitlérien. Dans ses rêves les plus fous de tyran antisémite, Ahmadinejad se voit comme celui qui réalisera la Shoah du XXIe siècle.

Et c'est avec cet homme que le Président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, dîne tranquillement un dimanche d'avril, sous les lambris dorés d'un palace genevois; c'est avec cet homme que quelques mois plus tôt, Mme Calmy-Rey grimaçait des sourires sous un voile ridicule. Et c'est cet homme que la conférence de l'ONU va célébrer - logique en somme, puisque la Commission de droits de l'homme de l'ONU, cette caricature honteuse, est au service des pires dictateurs, des adversaires les plus résolus des droits de l'homme, de ceux qui rejettent le monde occidental et ses valeurs.

M. Merz n'avait aucune obligation de recevoir le tyran de Téhéran. Cet honneur qui lui est fait est une faute. Et l'homme ne manquera pas de s'en prévaloir lorsqu'il pourra lancer, de la tribune onusienne, ses diatribes à la face du monde entier. Nous aurons l'air malin, alors, Monsieur le Président de la Confédération! Comme d'habitude, on nous ressort le couplet du dialogue nécessaire, et le plaidoyer en faveur des droits de l'homme que nos ministres ne manquent jamais de rappeler à ceux qui se moquent des droits de l'homme.

Mais qui en est dupe? Les destinataires de ces messages les écoutent poliment et s'en moquent profondément, tandis nos candides ministres pensent avoir fait leur devoir, voire progresser la cause des droits de l'homme. Quelle naïveté! A chaque fois, ils ne font que donner un vernis de respectabilité - puisqu'on "dialogue" avec eux - à des personnages qui ne songent qu'à se servir de leur candeur. Ce n'est rien d'autre qu'une veule complicité.

On se demande comment réagiront nos autorités si M. Ahmadinejad tient à nouveau les propos antisémites que l'on redoute. Sera-t-il dénoncé pour violation de la norme antiraciste? Devra-t-il purger une peine de prison? Verra-t-on des militants des droits de l'homme défiler dans Genève en dénonçant non seulement l'UDC, mais le président iranien?

Rigolez pas, les gars, car il n'y a pas de quoi rire.

Philippe Barraud
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21:28 Publié dans Politique | Tags : durban ii | Lien permanent |  Imprimer