17/03/2009

L'Europe, nouveau Pacte de Varsovie

Prague, août 1968, vous vous souvenez? C’était l’histoire d’un petit pays qui croyait pouvoir vivre sa vie selon ses propres règles. Il fut proprement écrasé par la coalition connue sous le nom de Pacte de Varsovie.

Pourquoi ce rappel? Parce que les événements récents, en matière de secret bancaire, nous y invitent tout naturellement. Oh ! Certes, il n’y a pas de chars T-55 sur la Bahnhofstrasse, mais l’ambiance est assez proche, et les mauvaises habitudes des grandes puissances, toujours les mêmes: pressions, chantage, menaces, agents d’influence et idiots utiles… tout est bon pour casser la résistance de ceux qui ne veulent pas danser sur la musique de Bruxelles. C’est extraordinairement inquiétant, car cela montre que l’UE peut obtenir tout ce qu’elle veut en un temps record, sans aucune considération pour la souveraineté des Etats tiers. A qui le tour, et sur quel sujet cette fois?

La Suisse a donc plié, comme les autres, et on ne sait même pas s’il faut en critiquer le Conseil fédéral, tant la marge de manœuvre était étroite, tant l’esprit de résistance est annihilé dans ce pays. Alors on a fait ce qu’il fallait pour sauver les meubles (ce qui n’est pas sûr du tout), mais on aurait pu au moins manifester un minimum de fierté et de colère face aux exigences de l’oppresseur, et mettre en avant quelques moyens de pression que nous avons. Par exemple, les Etats qui nous entourent sont bien heureux que des centaines de milliers de frontaliers puissent venir chaque jour gagner des impôts chez nous, plutôt que de timbrer au chômage chez eux. En cette période de crise, nous pourrions décider de faire comme les Italiens et les Français, c’est-à-dire pratiquer la préférence nationale.

Les banquiers parviendront-ils à conserver les centaines de milliards qui leur ont été confiés par des étrangers, et donc les milliers d’emplois qui vont avec? Rien n’est moins sûr. Dans cette affaire à hauts risques, la Suisse joue rien de moins que sa prospérité.

Certains s’en réjouissent ouvertement, antipatriotes adeptes de la politique du pire, dans l’espoir qu’une Suisse éreintée et à genoux finira enfin par quémander son adhésion à l’Union européenne, honteuse, repentante, et disant merci pour la punition. Cette Suisse-là n’est pas la nôtre.

Philippe Barraud
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13:08 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer