09/03/2009

Un “Pétain de plâtre” pour Christian Levrat

Commentaires.com propose la création d’un prix annuel de la faiblesse et de la collaboration, qu’on pourrait appeler le «Pétain de plâtre». Le premier lauréat devrait être Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, qui le premier a demandé que la Suisse se couche devant les exigences hostiles des Etats-Unis, de la France et de l’Angleterre. Une remise du prix sur l’air de «Maréchal, nous voilà !», cela aurait de l’allure…


 

Hans-Rudolf Merz a expliqué en une phrase ce que tout politicien et tout journaliste devrait savoir: «On n’aborde pas des négociations en posant des concessions sur la table».

 

Il est regrettable que notre ministre des finances doive perdre son temps à faire de la pédagogie élémentaire, pour des gens qu’on suppose – à tort manifestement – informés des arcanes de la diplomatie. Et par moments, Hans-Rudlof Merz doit se sentir bien seul, surtout s’il a le malheur de lire la presse. Il faut bien reconnaître qu’il y a un abîme entre l’agitation et la démagogie poisseuse des médias et des politiciens dont ces derniers se servent, et le travail de fond mené dans une discrétion vitale par le Conseil fédéral.

 

Dans son article remarqué «Secret bancaire : la cinquième colonne prépare la capitulation», M. Pierre Weiss a dénoncé sans fioritures les «collabos» qui incitent nos autorités à tout lâcher avant qu’on le leur demande, et à sacrifier un des piliers de notre place financière, et donc de notre prospérité. Sous prétexte de défendre la morale, ils sont prêts à vendre les intérêts du pays et à susciter de ce fait une vague de chômage sans précédent. Car il ne faut pas se leurrer: jusqu’ici, les entreprises ont tenu le coup et vécu sur leurs réserves; ce n’est qu’à partir de maintenant que le régime va baisser, et que les lettres de licenciement vont pleuvoir.

 

Comme l’explique clairement Le Temps du 9 mars, l’enjeu des pressions mises sur la Suisse n’est pas la morale fiscale, mais bien la concurrence: il s’agit de rafler à la Suisse les dépôts non déclarés déposés dans ses banques, pour les faire migrer vers les trusts anglais et américains, des instruments coûteux, mais d’une opacité parfaite et qui rendent totalement impossible l’identification du détenteur réel des fonds. Le trust est sans aucun doute l’avenir de l’évasion fiscale, pour le plus grand profit des places financières concurrentes de la Suisse.

 

Mais allez convaincre des gens qui, aveuglés par leur idéologie et leur ignorance, ne veulent rien savoir, et s’activent à casser ce pays et son économie, pour le livrer exsangue à l’Union européenne. En ce sens, M. Weiss n’a pas tort d’utiliser le concept, grave, de cinquième colonne, et de parler de collabos. D’ailleurs, il est un autre domaine où ces forces sont à l’œuvre: c’est la défense nationale, qu’il s’agit aussi de saper sous prétexte de pacifisme et de «modernité». Car la défense du territoire, ce n’est pas «moderne». Il se trouve même un certain nombre de politiciens, en tête desquels le socialiste valaisan Stéphane Rossini, pour proposer que la Suisse «collabore» activement avec ses voisins, voire leur confie sa défense, autrement dit, qu’elle en devienne un protectorat! Un peu comme le Liban est «protégé» par la Syrie. Peut-on entendre cela sans bondir? Est-ce de la naïveté, de l’ignorance de l’Histoire, ou un véritable sabotage? Quelle position ces gens auraient-ils adoptée en 1936 ou en 1940?

 

Car prétendre que la seule existence de l’Union européenne nous garantit la paix pour mille est une de ces tragiques illusions dont l’Histoire abonde. Demain, un pays européen (l’Europe va jusqu’à l’Oural) peut s’abandonner à un dictateur fou. C’est déjà arrivé, cela arrivera encore. En ces matières, le pessimisme historique est une question de survie. Par conséquent, l’élémentaire sagesse consiste à prévoir le pire, plutôt que le meilleur et la paix définitive.

Philippe Barraud
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11:54 Publié dans Politique | Lien permanent |  Imprimer