17/02/2009

Quand une mère se fait tabasser devant l'école

24 Heures nous apprend qu’une mère de famille de Vouvry a été tabassée par un ado, apparemment coutumier du fait, qui l’insultait en serbo-croate, sous les yeux de son fils terrorisé. Les témoins n’ont évidemment pas bougé, et les copains de l’agresseur se sont bien marrés. Sachant que cette racaille n’encourt qu’une admonestation du juge, étant mineur, on salue le courage de la victime, qui a retiré son enfant de l’école et a porté plainte, alors que le risque de représailles est très grand. On espère vivement que la police locale la fait protéger.

Et on aimerait bien savoir comment les beaux esprits qui refusent tout durcissement du Code pénal pour les mineurs - comme encore Mme Anne Bisang ce 17 février sur La Première - s’y prendraient pour amener à leurs admirables sentiments un ado hyperviolent et caractériel, probablement largué par des parents dépassés. Car on veut bien admettre que la répression ne résout pas tous les problèmes, mais enfin la réalité quotidienne - lisez les journaux - nous démontre que la pratique actuelle, tout imprégnée de bons sentiments et de fantasmes édéniques, est un échec complet. En particulier parce que les structures éducatives manquent, et parce que les éducateurs affectés à cette tâche connaissent des taux de succès assez modestes - voyez le jeune assassin de Clarens, toujours très fier de ses exploits malgré trois ans de “soins”.

La jeunesse mérite assurément beaucoup d’égards, mais elle a besoin aussi de rencontrer des limites, de voir face à elle des adultes qui savent dire non et, au besoin, punir. La jeunesse n’a pas la science infuse ni la sagesse spontanée, et si elle ne rencontre jamais que des ventres mous dans ses tentatives de trouver les limites, elle devra pousser toujours plus loin la provocation pour pouvoir se situer. On a malheureusement tendance à faire croire à la jeunesse qu’elle a tous les droits en raison même de ce qu’elle est, et elle finit par le croire. Un petit zèbre déclarait benoîtement l’autre jour à la radio qu’il faudrait donner le droit de vote dès 12 ans, et le retirer aux retraités!

Les égards que l’on doit à la jeunesse ne doivent pas primer sur ceux auxquels les autres citoyens ont tout naturellement droit aussi. C’est bien pourquoi, face à la radicalisation de la violence des jeunes et à la disparition des parents, il est nécessaire d’adapter le Code pénal à la situation actuelle. Mais parce que ce discours n’est - croit-on - pas populaire ni flatteur, les politiciens et les juristes se liguent pour que rien ne bouge, et verrouillent le processus législatif. C’est un choix, un choix veule car l’immobilisme est la plus médiocre façon de faire de la politique. Prenons-en acte, et encourageons ceux qui se lanceront dans la récolte de signatures pour que les mineurs criminels ne soient plus traités comme des bébés innocents.

Philippe Barraud

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17:23 Publié dans Politique | Tags : code pénal | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

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