29/01/2009

Guantanamo, ce n'est pas notre problème

C’est la proposition la plus abracadabrante de l’année: au nom de quoi la Suisse devrait-elle accueillir des prisonniers de Guantanamo? Juste pour se plonger dans un imbroglio inextricable ?

On se demande parfois si nos dirigeants n’abusent pas de l’apéro ou du pétard, à entendre certaines propositions. Celle d’aller chercher de présumés terroristes à Guantanamo pour leur offrir l’asile en Suisse (automatique, hors procédure ?) est proprement aberrante. N’avons-nous pas de problèmes plus urgents et plus importants à résoudre? Mme Calmy-Rey prétend agir au nom des droits de l’homme. Vaste programme. Pourquoi ne pas vider le quartier des condamnés à mort chinois ou iranien ? Pourquoi ne pas accueillir les prisonniers qui croupissent dans les prisons africaines ?
La Suisse n’a pas pour mission de régler définitivement le problème des droits de l’homme dans le monde. Surtout pas pour accueillir – on ne sait pas dans quelles conditions – des individus potentiellement dangereux, membres de réseaux en principe peu portés sur la paix et la coopération entre les peuples. Une brève réflexion sur le problème amène à prendre la mesure de l’imbroglio juridique et politique dans lequel nous jetterait cette initiative. Nous n’en avons certes pas besoin.
Guantanamo est un problème spécifiquement américain, qui sera réglé de manière convenable par les Etats-Unis. Eux et eux seuls sont en mesure de savoir quoi faire avec qui. Mais ce n’est certainement pas à la Suisse, armée de sa seule bonne volonté naïve, d’aller faire le tri parmi les détenus, un peu comme les stars font leur marché de l’adoption dans les pays pauvres.
En clair: Guantanamo, ce n’est pas notre problème.

 

Philippe Barraud

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